‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 454 sur 596 · GRISETTE · texte numérisé non relu

GRISETTE

et de personnes constituées en dignité. Et ces vers n'ont pas dû être écrits par M. Despréaux; et ils pourroient n*étre pas allégués par M. Richelet.)» - MiRAos, Diction, étt/fnoL, édit. 1760; v" Grimaud.

Le mot grimaud avait deux sens; d'une part, il se rattachait à grime (comique grime), grimace, grimoire; du haut allem. grim, farouche, furieux, hideux, qui se retrouve en hoiland. et en an^. grimme; dans ce sens, Grimaud, c^est le diahle, père de diables:

Là dessus, il m'a appdé Grimant, le père au Diable. - Corn, de$ Prov,, U , 3.

D'autre part, il se rattachait i grammaire, par l'intermédiaire de grimoire, deux mots qui se prenaient souvent l'un pour l'autre, ainsi que le démontre M. Fr. Michel, dans son Diction, d'argot. C'est par suite de cette confusion que grimaud a pris place dans la langue des collèges : on appelait martin^ les plus jeunes élèves externes, galochee les plus âgés (voir Pasqdiu, Rech,, i6ai, p. 8do, B.), et grimaudê les élèves, internes ou externes, des classes inférieures, puis, par extension, les maîtres de ces élèves, les pédants, etc. — On appelait aussi, d'après Richelet, ces écoliers des basses classes, grime$, et, d'après Gotgrave, grimouchee,

GWSETTE.

Il n'ont des livres et des bancs Que pour Mesdames les grisettes.

Bourg. gent.y Bail., i*^ entrée.

4( Le mot était alors, bien qu'il se trouve dans Scarron dès i65i, d'un usage asseï peu répandu, car ii n'a droit de cité dans les dictionnaires qu'à partir de 1680 (Richelet) :

ixGriiette, jeune fille qui ne porte point de jupe ni oe corps de taffetas, et qui, par conséquent, u'a nulle qualité.» - Richblbt, 1680.

<r Femme ou jeune nlle vêtue de gris. On le dit par mépris de toutes celles qui sont de basse condition , de quelque estoffe qu'elles soient vestues . . . Les Dames ont mis à la mode des habits de petite estoffe grise, qu'elles appellent des griieUe$,n - FuBiriàRS,

D semblerait que l'étoffe ait tiré son nom des jeunes filles appelés grieettee, parce qu'elles étaient vêtues de gris ; le contraire est vrai.

Son pourpoint étoit une casaque de grieette, ceinte avec une courroie.

ScARRoii, Rom, com,, I, 1 (i65i).

C'est plus tard que grieette se dit des personnes , et que Ghampmeslé écrivit sa comédie Lee Griâêtte» , où il met en scène deux filles de procureur :

3i8 Sous les cotillons des grieetteê, Peut loger autant de beauté Que sous les jupes des coquettes. . .

Une grieette est un trésor.

Car, sans se donner de la peine , Et sans qu'aux bals on la promène.

On en vient aisément à bout.

Li Fort., IV, p. 46-67 : Contée, 1666, 1, 1.

1 h 9, Par où le drôle en put croquer, Il en croqua : femmes et filles , Nymphes, grisettee, ce qu'il put. - Id., V, p. 5i6 : Contée, lY, 11.

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