‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 130 sur 625 · DRÔLERIE · texte numérisé non relu

DRÔLERIE

H s'agit d'un acteur.

Et d'un acteur encor tel que Test Elomire (Molière). — C'est-à-dire fort grand dans les pièces pour rire , Moyennant que le drolle en soit pourtant 1 auteur; Car aux pièces d'autruy, je suis son serviteur. De sa vie il n'entra dans le sens d'aucun autre.

Le Boulanger de Chalussay, Elomire (Molière) hypocondre, 1670; au A* acte, Divorce corn., se. h.

Elomire (Molière) à ces mots luy met en main sa bourse ;

Le Balafré la prend, disant : «Je 6uis votre ourse;

Suivez-moy I» Gela dit, le droite fait le saut

De la fenestre en bas. L'étage est assez baut,

Quoyqu'il soit le premier : toutefois Elomire,

Et c'est cecy, ma foy, qui m'a le plus fait rire,

Autant pressé de suivre un si grand conducteur

Qu'aveuglé de l'excès de sa mortelle peur,

Le suit si prestement , et par la mesme route ,

Qu'il tombe sur son guide ; il l'eust crevé sans doute,

Si nostre Balafré, plus dur que n'est le fer,

Ne l'eust d'un coup de reins fait retourner en l'air.

Elomire retombe , et soudain se redresse ,

Et gagne le taillis d'une belle vistesse. - Id. , ibid. , V, 3.

Mais vous vous êtes bien ennuyé. — Point du tout; Le moyen quand on voit des intrigues si drôle» !

Moiitfleurt, FUle capitaine, II, 4; - Cf. Iv^ibid., II, i4; IV, a; V, 6; - Critp. gentilh., II, 5; - Amb. comique, 3* interm., se. 6.

* Voir Drôlerie.

Drôlerie.

Je voudrions, Monsicu, que vous nous faillissiez quelque petite drôlerie pour la garir. - Mid. malgré hi, III, 2.

Me ferez vous voir votre petite drôlerie? — Comment? quelle petite drôlerie? — Bourg, gent., 1,2.

En Homère, les plus grands seigneurs estrivenl (disputent) ensemble, se tansans l'un l'autre : tellement trempez de vin qu'ils jetterent quelquefois à la teste d'Ulysse un pied de bœuf. Quelle plus grande drollerie voudriez- vous?

Guill. Bodchet, Serée» , édit. Roybet, chez Lemerre; I, p. 16.

Vous voulez remplir ce feuillet de drôlerie», et redites ce mot par trois diverses fois , qui est un mot emprunté du cabaret. Vos drôlerie» sont de rechercher d'où viennent les mots de tintin, dindan , fricaeter, et autres semblables.

Le P. Garasse, Rech. de» Rech. de M* E»t. Pasquier, 16a 9, p. Aoo-âoi.

Le secrétaire et quelques-uns qui le sçavoient se mirent à rire , en quoy Monseigneur s'apperceut que ç'avoit esté une drôlerie.

Chapelain, Trad. de Guzm. d^Alfar., i63o; H, p. 7/1.

* Le sens du mot drôle donnera le sens de drôlerie.

Le mot drolle parait dans les Serée» de Guill. Bouchet en 1 554 : «Une fesse tondue, un droite, un franc-à-trippe veulent rire.» — En i5g6, le Diction, de» Rime» explique le mot draule, sans doute alors peu connu : «draule; quelque niais qui tomberait entre les

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