‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 284 sur 625 · EXÉCUTER · texte numérisé non relu

EXÉCUTER

ne fust employée ; c'est dans les accommodemens, où Ton cherche des termes (bibles pour sauver un peu l'honneur de celuy qui fait satisfaction ; et ce qui rend ma crainte juste , c'est que la chose est déjà arrivée dans un sujet remarquable.

«Il y a trois ou quatre ans que le Prince Lokowis eut à Vienne, avec le chevalier de Gremonville, un démesté qui éclata fort ; on travailla à leur accommodement, et, comme le Prince avoit tort, il fut condamné à faire satisfaction au Chevalier. Il y consentit, mais il ne put se résoudre à luy demander pardon. Le tempéramment que Ton trouva fut qu'il luy demanderoit excuse ; et, en effet, il luy demanda excuse. Je pardonne à un Alleman demander excuse, et je le pardonnerais de bon cœur à tous les estrangers ; mais je ne puis le pardonner aux François, et sur tout aux Parisiens, qui devraient mieux parler que les autres.» - Rem, nouv., 3* édit., i68a, p. 66-67.

Le P. Bouhours se moque ensuite de Courtin qui, dans son Traité de la civilité qui se pratiqué en France parmi les honnestes gène, «ne sçait pas trop ce qu'il dit dans le chapitre de l'Audience d'un grand, en disant que <rsi la nécessité nous obligeoit de le contredire, il ne le faut faire <r qu'après avoir demandé excuse h C'est parmy les honnestes gens de la rue Saint-Denys que cette civilité se pratique.» - Id., ibid,, p. 67-68.

Ménage, qui n'est jamais plus heureux que quand il trouve une raison ou un prétexte pour reprendre le P. Bouhours, ne manque pas de lui reprocher durement sa sortie contre M. Courtin; mais la règle reste la même. (Observ,, 9* part, 1676, p. 3go-3g3.)

En 169a, A. D. B. (Andry de Boisregard) discute très longuement cette question, et condamne demander excuse, non pas au nom de la raison, comme le P. Bouhours, mais au nom de l'usage. (Réfl, et Rem. crit. sur V usage présent de la langue franc, , 1699, p. i59-i63.)

Enfin, en 1693, de Callières met je vous demande excuse dans la bouche d'un bourgeois, et l'écrit en italiques, comme étant du mauvais usage. - Du bon et du mauvais usage dans les manières de s'exprimer, 1693, p. 96; - Cf. Id., ibid., p. 99-30, 109-110.

Excuser à . . . , excuser auprès de ... , aux yeux de . . .

fai cherché des raisons pour excuser à ma tendresse le relâchement d'amitié quelle voyoit en vous. - D, Juan, 1,3.

Vous m'excuserez à lui si je ne lui écris, car le messager part.

Malh. , LeUr, à Peiretc, i3 février 161 1.

563 Non; je te connois mieux, tu veux que je te prie

Et qu'ainsi mon pouvoir t'excuse à ta patrie. - Corn. , Hor. , Il , 5.

96 La dame de ces biens, quittant d'un œil marri Sa fortune ainsi répandue, Va s'excuser à son mari. - La Font., U, p. i5a : FabL, VU, 10.

Mais my excuser à toi qui te veux abuser, Cest une lâcheté. - Th. Corn. , Dar. , IV, 5.

Elle cherche de mauvaises raisons pour s'excuser à elle-même.

Rac, VI, 917 : Livret annotes.

Il envoie ff excuser à ses amis qu'il a invités à dîner. - La Brut., I, 370.

Exécuter : exécuter une parole.

Je vous dis que je veux qu'elle exécute la parole que j'ai donnée.

Mal imag.y I, 5.

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