FIER
Le propre d'un amant, ou bien il n'aime guère,
Est d'être un fou fieffé; voilà son caractère. - Baron, Jaloux, III, 5.
Voilà d'un fou fieffé \e modèle parfait. - Id., ibid., III, 1 1.
Peut-être , en vous voyant , Madame Victorine
Prendra quelque dégoût pour ces gens de doctrine ,
Pour ces pédants fieffés. - La Thuillehie, Crispin Bel-Esprit, se. 7.
Avant la fin du jour, je vous déferay de ce maraut fieffé.
Cbampheslé, Frag. de Molière, II, 3.
Je veux dire que tu es un coquin fieffé. - Hauteboche, Cocher, se. 18.
Quand un coquet fieffé
D'amour, de bonne sorte, une fois s'est coiffé, Gela tient comme glu. — Id., Crispin méd., V, h.
Un petit libertin qui doit de tous côtés, Un étourdi fieffé. - Reonabd, Distrait, V, 9.
C'est un fieffé brutal, un homme des plus foux. - Id. , Légat, «me, LU, 3.
* On trouve déjà dans Cotgrave (i63a), fx goutteux fieffé, a fit epithite; for the gowt, most commonly, descends, which way so ever the land goes». — En 1671, Sorel, Connoiss. des livr., p. 4 26, classe galant fieffé parmi les mots à la mode. En 1676, le P. Pomey, Diction, roy., donne «fieffé, parfait, achevé, vray; un sot fieffé». En 1677, dans son Trésor des deux langwsfranc. et lat. , le P. Gaudin , un frère ennemi du P. Pomey, et qui, comme tous les Jésuites, fait grand cas de Molière, dit : « Fieffé. Ge mot se dit dans un sens métaphorique , dans certaines façons de parler, comme quand Molière dit : un fou fieffé, pour un grand fou, un fou achevé.» En 1679, Guy Miège donne : «un sot fieffé*. — En 1680, Richelet le fait précéder du double signe *+ qui indique les mots nouveaux et du langage comique et familier. L'abbé Danet le donne en 1 683 et Furetière en 1690; il est donc alors entré définitivement dans la langue:
trUn officier, un sergent fieffé sont ceux qui dépendent d'un fief; il y a quantité d'offices fieffez et héréditaires.. . On eut aussi par injure et exagération: un coquin fieffé, de ceux qui font la profession d'estre malhonnestes gens.» - Fubetiebe, Diction.
FlER, adj., farouche, dur; lat. férus.
54 1 Ah! — Ce fier animal, pour toutes les prières, Ne perdroit pas un coup de ses dents meurtrières.