‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 378 sur 625 · FORGÉ — FORCER · texte numérisé non relu

FORGÉ — FORCER

* Ménage a relevé ce mot dans Malherbe :

11 faut mesler, pour un guerrier,

A peu de myrthe et peu de roses,

Force palme et force laurier. - Ode à M?r de Bellegarde.

<rCe «force palme n et ce «force laurier » n'est pas dit noblement. Ronsard, dans l'Epitaphe de M11" Lesrat, Angevine, s'est servi néanmoins de cette façon de parler :

En versant force roses, Et force fleurs écloses, Et force myrte épais.

«Et Marol, dans l'Eglogue pour Louise de Savoie, mère de François 1" :

Et n'oubliez force branches d'olive, Car elle estoit la Bergère de paix.

tt Malherbe avoit mis au commencement:

Et la bienséance des choses M'avertit quil faut qu'un guerrier En sa couronne ait peu de roses Avecque beaucoup de laurier.

«Ce qui éloit encore plus mal.» - Méiuos, Obeerv. sur Malherbe, 1689, p. 6aa-/ia3.

Forcé.

Arnolphe ril d'un ris forcé. - Ec. des Fem., III, 4 (au vers 926).

Quand vous aurez vaincu les Maures, reprit Mathilde avec un souris forcé, vous ne songerez plus à d'autres victoires. - Mu# db Scgdkrt, Mathilde, 1667, p. 128.

Le poète lui donne dos paroles forcées. - Rac, VI, p. a 60 : Livr. annoté».

Toute la Religion se tournoit en allégories : c'estoit le Monde ou le Soleil qui se trou voient estre ce Dieu unique . . . Foible et misérable refuge ! . . . Les fables cstoienl scandaleuses, et toutes les allégories froides et forcéet.

Bossubt, Hist. univ., in-&°, 1681, p. 385.

On sera fatigué sans doute en voyant ces variations, et tant de fausses subtilitez de la nouvelle Réforme; tant de chicanes sur les mots; tant de divers accommodemens; tant d'équivoques et d'explications forcées.

Id., Hist. des Var., a in-&°, 1688; I, Préf., S 18.

FORCER, vaincre, surmonter.

898 11 m'échappe ! Oh ! malheur qui ne se peut forcer ! - UEt. , II , 1 1 .

Je regarde l'hyménée ainsi que le trépas, et il m'est impossible de forcer cette aversion naturelle. - Princ. d'EL> II, 4.

Mais enfin il force toute contrainte, et le transport de son amour l'oblige à lui parler ainsi. - Mal imag., II, 5.

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