FORGÉ — FORCER
* Ménage a relevé ce mot dans Malherbe :
11 faut mesler, pour un guerrier,
A peu de myrthe et peu de roses,
Force palme et force laurier. - Ode à M?r de Bellegarde.
<rCe «force palme n et ce «force laurier » n'est pas dit noblement. Ronsard, dans l'Epitaphe de M11" Lesrat, Angevine, s'est servi néanmoins de cette façon de parler :
En versant force roses, Et force fleurs écloses, Et force myrte épais.
«Et Marol, dans l'Eglogue pour Louise de Savoie, mère de François 1" :
Et n'oubliez force branches d'olive, Car elle estoit la Bergère de paix.
tt Malherbe avoit mis au commencement:
Et la bienséance des choses M'avertit quil faut qu'un guerrier En sa couronne ait peu de roses Avecque beaucoup de laurier.
«Ce qui éloit encore plus mal.» - Méiuos, Obeerv. sur Malherbe, 1689, p. 6aa-/ia3.
Forcé.
Arnolphe ril d'un ris forcé. - Ec. des Fem., III, 4 (au vers 926).
Quand vous aurez vaincu les Maures, reprit Mathilde avec un souris forcé, vous ne songerez plus à d'autres victoires. - Mu# db Scgdkrt, Mathilde, 1667, p. 128.
Le poète lui donne dos paroles forcées. - Rac, VI, p. a 60 : Livr. annoté».
Toute la Religion se tournoit en allégories : c'estoit le Monde ou le Soleil qui se trou voient estre ce Dieu unique . . . Foible et misérable refuge ! . . . Les fables cstoienl scandaleuses, et toutes les allégories froides et forcéet.
Bossubt, Hist. univ., in-&°, 1681, p. 385.
On sera fatigué sans doute en voyant ces variations, et tant de fausses subtilitez de la nouvelle Réforme; tant de chicanes sur les mots; tant de divers accommodemens; tant d'équivoques et d'explications forcées.
Id., Hist. des Var., a in-&°, 1688; I, Préf., S 18.
FORCER, vaincre, surmonter.
898 11 m'échappe ! Oh ! malheur qui ne se peut forcer ! - UEt. , II , 1 1 .
Je regarde l'hyménée ainsi que le trépas, et il m'est impossible de forcer cette aversion naturelle. - Princ. d'EL> II, 4.
Mais enfin il force toute contrainte, et le transport de son amour l'oblige à lui parler ainsi. - Mal imag., II, 5.