GÉOMANCIE — GIBIER
Je fus hier une bonne heure avec le petit Fillon ; vous ne sçauriez croire toutes les petites raisons, toutes les gentillesses dont il nous entretint.
Du Verdi ee, Flatteur, 1696, 1, 6.
* «Philausose. A ce que je voy, nos dames en beaucoup de gentilesses suivent l'exemple de quelques autres pays. — Celtophile. Et principalement l'exemple des dames du pays dont vous avez emprunté ce mot de gentilesses. Car autrement gentilezza est bien loing de la signification du mot gentilesse : quand on dict, comme l'ancien François, extraie! de gentUesse, au lieu de dire noblesae : ainsi qu'on appelle gentilhomme celuy qui est de noble race. — Philausone. Vous estes trop rigoureux : eussiez-vous mieux aimé que j'eusse dîct beaucoup de galanteries que beaucoup de gentilesses ? — Celtophile. Vous sçavez bien que tous ces deux mots sont ilalianizez, extraicts de gentilezze et galanterie : toutefois , afin que vous ne m'accusiez de rigueur, je vous permets l'usage d'iceux : et principalement quand vous les voudrez appliquer à telles choses qui ont leur origine du mesme pays dont eux ont esté pris. Mais quant à ceste gentilesse ou galanterie dont les dames italiennes usent fort, de mettre à leur visage dei rosso et del btanco, la voulez-meltre au comte de nos dames françaises ? — Philadsone. 11 le faut bien : et principalement sur le comte des gentilesses de nos dames de la Cour (peu s'en est fallu que je n'aye dict de nos courtisanes).» - H. Estiehne, Lang. franç.-italianisé , édit. Liseux; I, p. 196-197.
«Le P. Bouhours dit, à la page 16 de ses Remarque» : trOn dit gentillesses, dans le ff propre, pour de petites choses jolies : il a acheté mille gentillesses à la foire.» Est-il possible qu'un homme qui se pique de savoir noslre langue, et qui eu écrit des livres, puisse dire ces choses-là ? Car qui ne sait que gentillesse , dans le propre , se dit de la personne, et que ce mot, dans sa première signification, signifie noblesse? En vérité, Cléante (Barbier d Aucour) a raison de dire que le P. Bouhours décide avec un esprit d'écolier et un ton de maître.» - Ménage, Observ., II, 1676, p. 58.