GLACE — GLOIRE
GLACE : ÂGE DE GLACE, vieillesse.
La beauté passe.
Le temps s'efface,
Vâge de glace
Vient à sa place. - Mal. imag., 3e interm.
309 Quand Y âge dans mes nerfs a fait couler sa glace,
Votre rare valeur a bien rempli ma place. - Coin., Le Gd, 1, 3.
63 C'est tout ce que des ans me peut souffrir la glace.
Id., X, p. 188 : Au Roi, sur ton retour de Flandre.
Gloire.
* Ce mol, dont le sens aujourd'hui est bien défini, était d'un] emploi très vague au xvu* siècle. «Tout le monde, dit M11* de Scudéry, parle de la gloire et cherche la gloire, et presque personne ne sçait ou peut dire ce que c'est. n - Discourt tur la gloire, couronné par 1 Académie française en 1671 (le plus ancien des prix d'éloquence).
Parmi les sens multiples du mot gloire , nous notons les suivants :
i° Gloire, sentiment de son mérite, orgueil, vanité.
&37 C'est où je mets aussi ma gloire la plus haute. - Tart., II, 1.
i5'j5 De tous nos entretiens il est pour faire gloire. - Ibid., IV, 5.
1017 Ne vous enflez donc point d'une si grande gloire.
Misanth., III, 6.
i5i8 C'est à ces actions que la gloire les porte. - Ibid. ,rV, 1.
La gloire de notre siècle n'est pas la même que celle de nos ancestres ; celle-là estoit grossière ; la nostre est jolie et raffinée ... ; la gloire de nos ancestres estoit de bureau ; la nostre est de velours.
Le P. Garasse, Rech. det Rech. de ht Ett. Patquier, 16a a, p. 854.
Il s'obstine d'abord à faire ses louanges ;
Cette gloire m'étonne et me rend interdit - Chevreau, Avocat dupé, II, 1.
Cet homme estoit de la Bourgogne ; mais il avoit tout le procédé d'un homme d'une autre nation : en un mot, cette gloire dont on accuse les Gascons, paraissant dans toutes ses actions, faisoit croire qu'il estoit de leur pays. La vanité qui estoit on Honorine n'estoit pas moindre en luy.
Sborais, Nouv. franc., i656; 3* Nouv., p. 11.
Quoy qu'elle . . . eût résolu de ne rien aimer, parmy son dépit et parmy sa colère , un petit mouvement de gloire fit passer dans son cœur pour un instant un léger sentiment de vengeance qui luy fut assez doux.
M11' de Scudéry, MaihUde, 1667, p. 186.
Athènes vouloit aussi dominer. . . L'interest se mesloit à la gloire.
Bossoet, Hit t. univ., in-A°, 1681, p. h 90.
Deux choses les perdirent (les Athéniens), la gloire de leurs belles actions, et la seûreté où ils croyoient estre. - Id., ibid», p. Agi.
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2° Honneur.
io5q II vous est doux de voir un aveu plein de gloire Sur les feux d'un rival marquer votre victoire.
D. Gare, III, 4.
13^7 Je vois, dis-je, mon sort malheureux à ce point
Qu'un cœur qui dit qu'il m'aime, et qui doit faire croire
Que, quand tout l'univers douteroit de ma gloire ,
Il voudrait contre tous en être le garant,
Est celui qui s'en fait l'ennemi le plus grand. - Ibid., IV, 8.
i464 Mais sachez que j'aurai sans cesse la mémoire
De l'outrage sanglant qu'on a fait à ma gloire. - Ibid, IV, <j.
i644 Mais ce n'est pas à moi, dont on hait la mémoire,
A pouvoir espérer cet aveu plein de gloire. - Ibid. , V, 3.
Il me devoit aimer comme les autres, et me laisser au moins la gloire de le refuser. - Princ. (TEL , V, 2.
1 186 L'éclat que fait ce bruit n'est point à votre gloire. - Tort., IV, t.
1225 Quoi? le foible intérêt de ce qu'on pourra croire
D'une bonne action empêchera la gloire? - Ibid. , ibid.
217 Je suis un pauvre pâtre, et ce m'est trop de gloire Que deux Nymphes d'un rang le plus haut du pays Disputent à se faire un époux de mon fils. - Mélic, 1,6.
1766 Ta gloire est dégagée et ton devoir est quitte. - Coin., Le Cid, V, 6.
Il vous voit , il vous aime , et je ne saurais croire Qu'il vous cache un amour qui ne va qu'à sa gloire.
Th. Corn., Âmo:;r à la mode, 11, 9.
Et je prendrais plaisir à vous laisser tout croire ,
Si ce bonteux soupçon n'offensoit pas ma gloire. - Id. , ibid. , 111 , 6.
Et ne devois-tu pas, avec un îèle extrême. Prendre soin de ma gloire, en dépit de moi-même?
Quixault, Mère coquette, 111, 4.
Qu'avci-vous vu , Monsieur ? — J'ai trop vu pour sa gloire.
J'ai vu le digne objet dont son cœur est épris
Se couler doucement chez elle en manteau gris. - Id., ibid., IV, 5.
11 y a de la gloire à oublier des rigueurs.
Segrais, Nouv. franc., i656; a" Noue, p. à 73.
Je ne luy ay donné nulle marque d'affection, et je luy ay défendu de me parler de son amour, mais c'a esté par un sentiment de gloire.
M11* de Scldért, Mathilde , 1667, p. aaG-a:^.