‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 455 sur 625 · GOURMANDER — GOURMER · texte numérisé non relu

GOURMANDER — GOURMER

Nous n'avons trouvé cette expression dans aucun ouvrage technique, ni dans le Gutstnierfrançois de La Varenne (i65a), ni dans le Jardinier Jrançois (i655) qui donne beaucoup de recettes de cuisine, ni dans Y Et colle des ragousts (1680).

Peut-être est-ce dans le même sens que Quinault a employé le mot couronné :

Gardes, marrons, pignons et fins palais de bœuf, Couronné* de citron , grenade et jaune d'oeuf.

Quinault Amant indiscret, I, 3.

Gourmander, dominer, maîtriser.

679 Je prétends gourmander mes propres sentiments, Et me soumettre en tout à vos commandements.

Sgan.y se. 18.

Âpres que la mer se sera laissé gourmander à votre arrogance , une petite seul* se moquera de vous. - Malh., II, p. 200.

Vous qui gourmandiez l'univers,

Césars aujourd'huy dans la bière ,

La flamme vous dispute aux vers. - Airr. Cor*. , Ode.

Gourmandez si bien vostre chair Que vous fassiez mourir le vice.

Saint- A haut, Œuvr., bibl. elzév., 1, p. 180

55 Une fièvre ardente et félonne Âtaqua sa noble personne; Il dexira, sans marchander, Passer outre et la gourmander. - Lorbt, Muze histor., 3 juillet 1 655.

Prétendre, la plume k la main, gourmander les vices et décrier la raison qui en fait voir la turpitude , n'est pas autrement de bon sens.

Cotir, Crû. désintér., 1666; Nouv. Coll. moliér., p. 18.

Monsieur, puisque l'appétit de la noce vous gourmande si fort , allez voir le sérail de l'Empereur du Gap- Vert. - Regnard et DuraénT, Foire Saint-Germain, III, 8.

Tu ne peux gourmander un penchant trop fatal. - Reorard , Démocr. , IV, 4.

GOURMER : SE GOURMER, et bouchonner à coups de poinsi). - Monet, 1 636.

5o3 Qu'ils s'accordent entreux, ou se gourment, qu'importe?

Fem. sav., II, 6.

* Gourmer se trouve dans presque tous les dictionnaires anciens avec le sens de «mettre une gourmette à un cheval »; Cotgrave, dès 161 1, Monet, mais seulement en i636 et pas encore en 16:10, lui donnent le sens de «se quereller, se battre».

Il parle des Religieux comme de quelques gueux de l'osliere ou de quelques frippons qui se gourment dans les ruelles à Vesrart et sans tesmoins.

Le P. G a basse, Rech. des Rech. de M* Est. Pasquier, 16a s, p. 85o-85i.

Après l'avoir bien gourmé et égratigné au visage , il se mit à courir tout au long du dortoir. - D'Ouville, Contes, i644; édit. Jouaust, II, p. 9A6.

Page 1