‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 480 sur 625 · GUIGNER · texte numérisé non relu

GUIGNER

A quelle heure vous lcvei-vous? — Presque quand le Soleil qui est la guide des Muses. - Dial. de Vivèê, trad. par de la Motte, m-3a, 1609, p. a3\

Ce grand Dieu, ne voulant point laisser. . . l'homme sans une bonne guide, luy a donné des Juges et des Rois. - D'Uaré, L'Aetrée, 161 4; H, p. 910.

La philosophie doit être \a guide de l'homme. - Malh., Il, p. 3a 1.

* Ce mot se trouve ici dans un sommaire qui peut n'être pas de Malherbe ; ce qui permet le doute , c'est que Malherbe a blâmé Desportes d'avoir fait guide féminin dans ce vers :

Avoir pour toute guide un désir téméraire. - Id., IV, p. 3 13.

trMaupas dit, sans s'expliquer (P A9 r°), que le mot a deux genres comme deux sens. Et, en effet, on le trouve au xvi* et au xvn* siècle dans cette acception (du vers de Desportes, cité ci-dessus). Littré en fait l'objet d'une remarque. Richelet considère que le mot est masculin quand il désigne un homme qui conduit , féminin quand il désigne une femme ou une chose qui guide. Furetière fait une remarque analogue. *

Bbdnot, Doclr. de Malherbe, in-8°, p. 358.

Elle lit saint Bernard, la Guide des pécheurs. - Régnier, Soi. XIII.

Il asseuroit aussi qu'il vouloit dresser l'itinéraire de Paris , c'est-à-dire la guide des chemins de cette grande ville. - Sobel, Polyandre, 1, p. 3&S-353.

Toujours le médecin s'attache au battement (du pouls), C'est sa guide. - La Fort., VI, p. 33o : Le Quinquina,

Jusqu'à sa 6* édition (1 835), l'Académie admet ou constate l'emploi du féminin dans les titres d'ouvrages; mais, en 1 835, elle n'admet plus que le masculin dans cet emploi du mot guide, tout en rappelant l'usage ancien, qui voulait le féminin.

Guigner.

J'ai guigné ceci tout le jour. - UAv., IV, 6.

Je guignay et reguignay de tous costez, passay deçà, passay delà, fis du bruit, toussay, crachay, grattay, mais autant que si je n'eusse rien fait.

Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., i63o; III, p. 309.

L'oiseau qui fixement regarde

Le soleil , quelques rais qu'il darde ,

S'il jotoit les regards sur vous ,

Guigner oit et feroit l'œil doux.

11 faut qu'on guigne, quoi qu'on fasse,

Quand on regarde vostre face.

Scarror, Œuvr., Paris, David, 1700; I, p. 388; - Cf. Id., ihid., I, p. 110.

Mais pour celui-ci qui vous touche,. . . Que vous ne faites que guigner, Prenez-le-moy sans barguigner.

Id., Virg. trav., Paris, David, 1705; I, p. 377.

Sous ombre que par un seul trou Vous guignez ce Dieu du Pérou , . . .

Faut-il tant faire l'entendu?

Saint-Amant, Œuvr., bihl. elzév., II, p. 397.

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