HÂVE
16/17 • • • Accompagné d'une vieille fort h4ve. - UÉt., IV, 7.
69 Environ trente et quatre esclaves, Maigres, secs, décharnés et hâve».
Loiit, Muxe hittor., i5 janvier i656.
Ce vieux barbon sur-armé,
Tout hâve et tout refroigné , . . .
Abbatit d'un coup de hache
Le fils aine d'une vache. - Brbrbuf, Lucain trav., i65G, p. 169.
* Nicot (1573) est le plus ancien dictionnaire qui admette le mot hâve; pour le traduire en latin, dit-il, «usez des formules de ajreuxr»; cependant il traduit l'adverbe havement par avide. — Le mot est de toute antiquité dans la langue; M. Godefroy en cite des exemples tirés de Jean de Meung, de la Fontaine perilleute , etc.
HÉLAS ! interjection employée comme substantif.
2 3 Hélas! — Eh bien, hélas! Que veut dire ceci?
Voyez le bel hélas qu'elle nous donne ici. - Sgan. , se. 1 .
HÉMÉTIQUE — HÉMISPHÈRE 535
1*07 Traîtres, ces feints hélas ne sauraient m'abuser. - Coin., La Veuve, IV, 9.
1 953 Héla*! — Que cet hélas a de peine à sortir I - Id., PoL, IV, h.
465 Et je n'en arrachois que de profonds hélas. - Id., Sophon., II, 1.
Un sot , en ce rencontre , eût poussé force hélas.
Th. Corn., Amour à la mode, I, 3.
Hélas ! — Ah ! remettez vos hélas à demain. - Id. , ibid. , III , 5.
Cependant le pauvre Gassandre Empliseoit l'air de ses hélas.
Scairon, Virg. trav.y Paris, 1705; II, p. 1&9.
Priam et son monde reclus
Fait de pitoyables hélas. - Id., ibid., p. i5a-i53.
Croit-il réjouir beaucoup les gens par ces hélas de poche , ces Mesdemoiselles mes règles? - Rac. , Préf. de Béren.
Hélas! — Par cet hélas que me voulez-vous dire?
Qoihault, Les Rivales, IV, 7.
Je n'ay qu'à consentir que tout chacun m'adore,. . . Qu'à souffrir des hélas ! qu'à souffrir des je meurs!
Deîisk, Cocue imag., se 16 ; - Cf. Id., Veujve à la mode, i658, se. dern.
Il impute mon silence à faiblesse, et il me reproche qu'au lieu de répondre à ses passages,. . . je n'en sors que par un hélas. . . Mais si Y hélas luy déplaist, voyons comme il répondra au raisonnement.
Bossuet, Avert. aux Protest., in-û°, 1689-1691 ; VI, S 65, p. 554-555.
* Du temps de M11* de Gournay, certaines interjections, entre autres hélas, étaient condamnées par une nouvelle école de poésie, par ceux qu'elle appelle «les Docteurs nouveaux venus» qui vouloient tr parler en poésie à la mode qu'une fillette parle en prose». Et cependant «il n'y a mignarde aflettée à Paris ny à la Cour qui rejettast comme eux en ses entretiens ou en ses écrits. . . un ah ! un las ! un hélas /*
L'Ombre, 1697, p. 617-618.
«Les interjections ou exclamations y tiennent rang au besoin (dans les écrits des deux prélats, Bertaut et du Perron), employans fort volontiers hélas! ah! â! au lieu que ceste nouvelle secte, d'une inégalité plaisante, n'advoue ordinairement que la dernière de ces trois voix, et l'advoue peu, objectant que la première (hélas!) et la seconde ne signifient rien : comme si la tierce signifioit davantage. Et comme si, de plus, les exclamations en toutes langues estoient tenues de signifier autre chose qu'un simple cry : voir comme si toutes voix et dictions en une langue avoient à vous dire autre signification que celle qu'il plaist à l'usage de leur essargir.» - Ibid., p. 960-961.
Parmi les nouveaux docteurs dont se moque M11* de Gournay était Malherbe. Le Lexique de ses œuvres, si consciencieusement fait, ne donne ni ah! ni hélas \ mais il cite un exemple de las pour hélas, et plusieurs exemples de 6.
HÉMÉTIQUE.
* Voir ci-dessus, p. 181, Emétique.