‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 500 sur 625 · HÈRE · texte numérisé non relu

HÈRE

1 77 Cette paix n'est encor qu en herbe ; Mais si nous la voyons en gerbe,, . .

J'en avertiray mes lecteurs. - Loket, Muze hiêtor., 19 juin 1660.

* En herbe, c'est-à-dire : avant la fleur et le fruit, avant maturité. On dit aussi ; en herbe et en gerbe, c'est-à-dire : après maturité.

La Fontaine a dit, au propre :

4 Les alouettes font leur nid

Dans les blés quand ils sont en herbe.

La Font., I, p. 355 : FabL, IV, an.

HÈRE, et parfois HAIRE.

193 Valère vient à nous. — Je plains le pauvre hère.

Dép. am., I, 9.

J'ay dessein aussi d'aller au cours, non point en carrosse, comme le* mondains, mais à pied, comme un pauvre hère que je suis.

Sokbl, Polyandre, 16/18; II , p, 36a.

Grand Apollon, Dieu débonnaire, Prens pitié de moy, pauvre haire, Et de ceux que tu vois icy, Qui sont pauvres haires aussi

Scabron, Virg. trav., 1705*, I, p. 901-909.

Vieux simulacres effacez, Pauvres haire» rapetacez, Oh l que votre morgue est flétrie !

Sawt-Amaht, Œuvr., bibl. elzév., II, p. ho : Rome ridic.

Chétifs croquans et pauvres hère», Dont les chemises sont des haires, Dont les souliers sont dessolez. . •

La P. Cauieau, La Stimmimachie , i656, p. 16.

9o3 Mais si ce mizerable hère En son vol encor persévère, Soit qu'il soit gueux ou bien bupé, Il sera sans doute atrapé. - Lokit, Muze histor., 19 octobre i65a.

9&& Les uns rouez, d'autres bannis, Et pluzieurs de ces lâches hère»

Condamnez d'aller aux galères. - Io. , ibid. , 1 3 mars 1 660.

166 Quoi ! venir voir le plus humble de ceux Que vos beautés ont rendus amoureux, Un villageois, un hère, un misérable I

La Fo.tt., V, p. 169 : Conte», III, 5.

i5a Scrupule, toi qui n'es qu'un pauvre hère. C'est bien à nous qu'il appartient d'en faire ?

Io., V, p. 535 : Conte», IV, sa.

Quand je vis qu'ils fuyoient, je suis un pauvre hère,

Mais je ne pus, ma foil retenir ma colère. - Poisson, Fou de quai, se. 1.

* Hère, dans un sens méprisant, vient de l'allemand $err (herr), monsieur, seigneur, comme ro»»e vient de Stof (rou), coursier.

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