‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 502 sur 625 · HEURE · texte numérisé non relu

HEURE

1 h Par an heur éloigné de tout pouvoir humain.

Milh. , Ode au Roi sur la priée de Mantille.

99 L'astre qui luit aux grands en vain à ma naissance

Espandit dessus moy tant d'heur et de puissance. - Id. , Pour M. de Montpensier.

Que nos courages affermis Sentent Y heur de vostre assistance.

Aht. Coin., Hymne : Mémento, talutis aucior. . .

Je me meurs, Amidor, du désir de la voir :

Quand auray-je cet heur? - Dbsmaikts, Lee Visionnaires, I, à.

Cet heur inespéré surpassoit nostre attente.

D'Outillé, Coiffeuse à la mode, V, 8.

99 Et Y heur de vous revoir luy semblera plus doux. - Coin., PoL, I, 1.

Pour témoin de nostre heur ne prenons que l'amour.

Th. Cobn., Comt. d'Orge IV, 6.

Et j'ai Y heur qu'à Madrid n'étant jamais venu, Il est le seul encor de qui j'y sois connu.

Id., Galant doublé, I, 1 ; - Cf. Id., Engagem. du hasard, III, 3;

- Berg. extrav., III, 4; - Geôlier de soi-même, II, 5 ; - Amour

à la mode, V, 7.

Je crois que , sur ce pied , j'aurai l'Amer de vous plaire.

Mohtflbuby, GentUh. de Beauté, III, 8.

Mais puisque de tant d'heur le Gel me favorise, Touchez-là. - Id. , Dupe de soi-même, V, 1 0.

Je suis ravi, Monsieur, qu'il ait Y heur de vous plaire.

Poisson, Coméd. sans titre, I, 9.

Je sais que Léonore aime un certain Valère, Un fat, un freluquet, qui n'a Y heur de lui plaire Que par son air pincé. - Reghabd, Le Bal, se. îs.

* Ménage, dans ses Observations sur les poésies de Malherbe (1689), p. 3it, dit, à

Kropos du premier vers cité : «Ce mot n'est plus guère en usage, ni en prose ni en vers, fous disons un bonheur. Cependant il y a tel endroit où il peut trouver sa place, comme en ces façons de parler : il n'y a qu'heur et malheur dans le monde; il joue d'un grand heur.D

Richelet (1680) dit : «Ce mot signifie bonheur, mais il est bas et peu usité.» Furetière le donne sans commentaire; l'Académie (169 b) dit : «Il est vieux et n'a plus guère d'usage que dans les proverbes. . . » — «Heur, dit La Bruyère, se plaçoit où bonheur ne saurait entrer; il a fait heureux, qui est si françois, et il a cessé de l'être. » - Caractères : chap. De quelques ueages.

M. Marty-La veaux, dans son Lexique de la langue de Corneille, fait justement remarquer que Corneille n'a point contribué à l'abandon de ce mot, et qu'il l'a conservé encore en 160a.

HEURE : À CETTE HEURE, maintenant.

Je comprends cela à cette heure. - Bourg, gent., I, 2.

Ce que je vous dis à cette heure, qu'est-ce que c'est? - Ibid., III, 3.

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