INTELLIGENCE
a 35 Evrard seul, en un coin prudemment relire,
Se croyoit à couvert de V insulte iacré. - Despr., Lutrin, chant V, 167/1.
137 À mes sacrez autels font un profane insulte. - Id., ibid., chant VI.
* Ni Palsgrave (t53o), ni Rob. Estienne, dans son Thésaurus linguœ latines (i53i) ou dans son Diction, franc Aat. (i53o), ni le Nicot (1573), ni Monet (1690, i636), ni le Diction. franç.-ital. de 1 63 4, ne donnent les mots insuit t insulte, insulter. Le plus ancien dictionnaire où nous trouvions insuit est le Trésor des trois langues, de Hier. Victor (1606, 161 û, 1637). En 161 1, Cotgrave donne insuit et insulter, qui reparaissent en i63a et i65o; le Diction, franc. -flarn., de 1618 et i643, insulte.
En i5g6 et en 1 69/1, le Diction, des Rimes donne insulte et il insulte; le Diction. franc.-' ital. de Duez donne insuit, vieux, et insulter.
En 1667, Vaugelas écrit : «Insulter. Ce mot est fort nouveau, mais excellent pour exprimer ce qu'il signifie. M. Goeffeteau Ta vu naistre un peu avant sa mort (91 avril i6a3), et il me souvient qu'il le trouvoit si fort à son gré, qu'il estoit tenté de s'en servir, mais il ne l'osa jamais faire a cause de sa trop grande nouveauté , tant il estoit religieux à ne point user d'aucun terme qui ne fust en usage. Il augura bien néanmoins de celuy-cy, et prédit ce qui est arrivé, qu'il seroit receu dans quelque temps aussi bien qu insulte, comme en effet on ne fait plus aujourd'huy de difficulté d'user de l'un et de l'autre , en parlant et en escrivant.»
Dans ses Remarques sur Vaugelas, Th. Corneille (1687) dit : «Insulter est un mot généralement receu.. . Quant au substantif insulte, que quelques-uns font masculin, je suis du sentiment de M. Ménage, qui dit qu'il est constamment féminin : une grande insulte et non pas tin grand insulte. Il avoue que nos anciens disoient un insuit ; il estoit alors masculin et ne se lerminoit point ene.n — En 170a , l'Académie française reprend : «Insulter est un mot entièrement establi dans la langue. »
Ménage, Observ. I (1679) : «Insulte, féminin, incontestablement.»
«Je vous demande d'abord si insulte est masculin ou féminin. — L'auteur des Entretiens d'Ariste et d'Eugène (c'est-à-dire le P. Bouhours lui-même, en 1671) le fait masculin. . . Cependant M. Ménage a décidé le contraire.» *
Bouhours, Doutes sur la lang. franc., 167&, p. 11 5.
René Bary, Rhétor. (1676) : «L'on se sert, depuis quelques années, du mot d'insulter ; tout le monde l'approuve.»
Richelet (1680) : «Insulte. Quelques-uns font ce mot masculin, mais la plupart le font féminin, et c'est le plus scur.» — Furetièrc (1690) dit nettement : «Insulte, substantif féminin.» — Au contraire, l'Académie française (1696), dans la première édition de son Dictionnaire, dit : «Insulte, substantif masculin; plusieurs le font féminin.» Dès sa deuxième édition (1718), elle fait le mot féminin.
Dans ses Observ. sur l'orthographe, commencées le 19 octobre 1673, et dont le manuscrit a été publié en i863 par M. Mart y-La veaux, l'Académie dit : «r On met un e final à ces mots : insulte, faste (orgueil), régale, mais on n'en met pas à induit.»
Voir ci-dessus, p. 3Ao, au mot Faste.
INTELLIGENCE, intelligences, entente, accord; GARDER INTEL- LIGENCE AVEC . . . , avoir des intelligences avec . . .
391 Mais cependant je vois qu'il garde intelligence
Avec celle de qui vous tenez la naissance. - Dép. am., II, 1.
lataiMBaia aATi»>4im.
594 INTEMPERIE
455 H me vcrroit alors la même indifférence
Qu'avant que nous eussions aucune intelligence.
Dép. am., II, 1.
Il a dû connoistre par là qu'il n'y avoit point d'intelligence entre nous.
D'Urf*, L'Attrée, 161 a ; II, p. 762; - Cf. Id., ibid.; II, p. 271, 761, 76a, 773.
1101 Destins, soyez enfin de mon intelligence! - Corn., Clit., IV, a.
Malgré tout le secret de notre intelligence, Don Félix, cette nuit, m'a contraint d'éclater.
Th. Corn., Engagement du hazard, I, 6.
Mais d'où vient que Glimante est de V intelligence ?
Gilet de la Tbssoitnbr», Le Detniaiêé, I, s.
96 On dit que Monsieur de saint Luc. . . Est en mauvaise intelligence Avec le sieur comte d'Harcourt. - Loret, Muze histor., a5 août i65s.
Montalban . . . estoit en intelligence avec Honorine . . . Il commençait à contrefaire le fâché quand on luy parloit de V intelligence qu'il avoit avec elle.
Sbgrais, Nouv. franc., i656; 3* Nouv , p. 38 et 3 8-39.
Par les intelligencee qu'il avoit avec la Cour, il eut commission d'aller dans la mesme province où estoit Honorine.
Id., ibid.; 3* Nouv., p. 176; - Cf. Id., ibid.; 3* Nouv., p. 193 et 19Û; k* Nouv. y p. S h.
916 Notre salut dépend de notre intelligence. - Rac, Brit., III, 5.
On accu soit la Reine d'avoir une intelligence avec le marquis de Mirabel.
La Rochbf., 11, p. 97.
Je voyois ces Messieurs se pousser d'intelligence, et se faire signe des yeux.
Araspe et Simandre, 1679; I, p. 5o.
Je lournay les yeux avec un souris du costé de Daphné qui , me regardant d'ûttelligence, me laissa juger qu'elle comprenoit bien ma pensée. - Ibid.; I, p. 76-77.
Mes ruses ont entre eux rompu Y intelligence. - Quikault, Mère coquette, II , 9.
Eulre eux, depuis longtemps, Y intelligence est forte.
Mostfleurt, Coméd. poète, II, 9 ; - Cf. Id., Trigaudin, V, 1 ; - Ec. det Fille* , 1, 9, et 111, 11.
Mcndoce vint un soir où tout, en apparence,
Scinbloit contribuer à notre intelligence. - Id., Femme juge et partie, I, 1.
Cette intelligence ne peut provenir que d'un grand fonds d'amitié.
Du Verdibr, Flatteur, 1696; 11, 9.
Allons, faisons la paix, vivons d'intelligence. - Regnard, Fol. am., I, 3.
En confidence,
Avez-vous avec elle eu quelque intelligence f
Id., Ménechmee, V, 3; - Cf. Id., ibid., IV, G.
Intempérie.
Ce qui marque une intempérie dans le parenchyme splénique, c'està-dire la rate. - Mal. imag., II, 6.