‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 569 sur 625 · JOIE — JOINDRE QUELQU'UN · texte numérisé non relu

JOIE — JOINDRE QUELQU'UN

Dès les premières barricades , . . .

11 falloit bien prendre son temps , Et non pas comme des jocrisses , En soudrilles et capitans Dépenser toutes vos épices.

Scarror, ÛBtirr., Paris, M. David, 1700; I, p. 173.

359 Mais par la paresse ou malice

D'un certain malheureux jocrice. - Loret, Muze histor., a 3 février 1 666.

11 voulut éprouver sa femme. — Le benêt ! — Il lui écrivit sous un nom supposé. — Le jocrisse! - La Font., VIII , p. 369 : La Coupe enchantée, se. 6.

* Jocrisse est devenu chez nous un nom de comédie , le nom d'un pitre ; Brunet est le plus connu des jocrisses. Mais avant d'être un nom de théâtre, jocrisse était un nom commun.

Jocrisse ne se trouve ni dans Monet, ni dans Cotgrave, ni dans Oudin, Duez, Pomey, Gaudin, etc.; mais il paraît dans Richelet en 1680 et dans Furetière en 1690.

Richelet : « Jocrisse, pauvre espèce d'homme. Manière de petit vilain et d'avare sordide. Manière d'homme complaisant à sa femme.»

Furetière : «Jocrisse, terme injurieux et populaire, qui se dit en cette phrase proverbiale : «C'est un jocrisse qui mène les poules pisser», en se moquant d'un homme qui s'amuse aux menus soins de ménage, qui est foible et avare.» — L'Académie donne à peu près la même définition.

Si l'on veut bien remarquer que le jocrisse est d'ordinaire présenté comme un conducteur de poules, peut-être rattachera-l-on son nom à celui déjà, jau oxijoc, qui, en Anjou et en Berry, désigne le coq.

Cette opinion est confirmée par ces deux vers de Richer :

Nombre de valets, de porchers,

Bergers, jocrisses et vachers. - Richer, Ovide bouffon, i656, liv. IV.

M. Jal a consacré deux colonnes de son Dictionnaire à des recherches sur ce nom, mais sans offrir un document intéressant.

Joie : avoir joie à . . .

880 y aurai joie à courir lui dire celte affaire. - £c. des Mar., III, 2. 12 12 4 Je sortois, et j'ai joie à vous voir de retour. - Tart.9 I, h.

* Corneille a dit prendre joie à. . .

toh Prendront-ils même joie à m'obéir qu'à lui? - Corn., Sertor., I, 1.

JOINDRE QUELQU'UN, l'atteindre, le rejoindre.

Allons vile joindre notre provincial. - Pourc., I, 2.

1133 II trouve, en les joignant, que son frère n'est plus. - Corn., Hor., IV, a.

Joins Oronte et l'arrête en ce lieu de ma part.

Th. Corn., Amour à la mode, 11, 3.

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