‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 613 sur 625 · LICENCIER — LICENCIER (SE · texte numérisé non relu

LICENCIER — LICENCIER (SE

Enfin , à force de battre le fer, il en est venu glorieusement à avoir ses licences. - Mal. imag.y II, 5.

Venant dans Orléans de prendre $e$ licence»,

Maître Martin Braillard prit chez nous tant d'amour,

Qu'il promit d'épouser ma sœur à son retour. - Moiitflbuiy, Trigaudtn, Y, 7.

Élohibb. ... En quarante, ou quelque peu devant, Je sortis du collège et j'en sortis sçavant ; Puis, venu d'Orléans, où je pris mes licence*, Je me fis advocat au retour des vacances.

Le BouLAUGEn db Chalussay, Élonûre (Molière) hypocondre, 1670; au A* acte, Divorce corn., se a.

Tous ses confrères les médecins (car il avoît pris ses licences dans les écoles) disoient qu'il n'y avoit jamais en un homme aussi adroit

Rbghaid, Descente d'Arlequin, se. 3.

* Montfleury t'a employé dans un sens équivoque :

Les soins d'un avocat, ses fréquentes absences,

Font qu'une femme prend quelquefois se» licence». - Trigaudin, V, 7.

LICENCIER, congédier, rejeter.

1860 Mais en vain son dépit pour ses fautes commises Lui fait licencier mes soins et mon appui : Je veux, quoi quil en soit, le sauver malgré lui. — L'Eu, V, 6.

La Nymphe et Paris licentièrent aussi Silvandre.

D'Urfb, L'Astrée, 161/1; 11, p. 11a;- Ct Io.f ûnd.; II, p. à 16 et 809.

Licencier (Se), se donner la licence, la permission; prendre des libertés.

1784 Quoi? ta bouche se licencie

A le donner encore un nom que je de'fends ! -Amph., III, 6.

.72 A quitter mon parti tout s'est licencié. — Psyché, Prol.

Cest depuis quelque temps la retraite des vices; et comme si le lieu avoît quelque privilège, la débauche s'y licencie et s'y relâche eitraordinairement.

Malh., Il, p. AÂ7.

Il n'y a point de genre d'écrire où il faille être plus exact (que dans la satire), ny où Ton doive moins se licencier.

Cotis, Crit. désinter., 1666; Nouy. Coll. moliér., p. 64.

368 Ce vermillon nouveau qui colore ta joue

M'invite expressément à tne licencier. - Cor*., QU. (Var.).

S'il se licentie quelquefois (dans ses lettres), c'est dans des termes si difficiles à entendre pour tout autre, que le plus fascheux mary ne sçauroit s'en offenser.

Segrais, Nouv. franc, i656; 1" Nouv., p. 19 a.

Oui, je me suis ({'aimer parfois licenciée;

J'ai fait pis : je me suis dans Argos mariée. - Righard, Démocrite, II, 1.

LIENTÉR1E — LOI 655

LlENTÉRIE.

* Voir 1. 1, p. 98a, Bradyptpne.

Lièvre : où gît le lièvre , locution.

1 185 Je sais ou gît le lièvre. - UEu, III, 5.

Ce n'est pas là oà gist le lièvre, mon Maistre.

Tabahir, Œuvr., bibl. elzév., II, p. 89.

LIVRER, présenter, donner.

Pour l'esprit, il n'en a pas, grâces à Dieu! grande provision, et je le livre pour une espèce d'homme à qui Ton fera toujours croire tout ce que Ton voudra. - Fourb. de Scap., II, 6.

Livres : brûler ses livres, locution.

* Voir 1. 1, p. 3o3, Brûler ses livret.

LlMOSIN, Limousin.

Personne de condition? — Oui, gentilhomme Limosin.

Pourc, I, 3.

* Vo se prononçait, au xvu* siècle, comme l'a italien ou espagnol, ou : on disait houmme, choute , poumme , arrouser, fouyer, poultron, Limousin, Roume, Bourdeaux, Coulogne, Toulouse, etc., bien qu'on écrivit ordinairement homme, chose, pomme, arroser, foyer, poltron, Limosin, Rome, Bordeaux, Cologne, Tolose, etc.; nous disons : ordinairement, parce qu'on trouve fréquemment/oui/er, arrouser, poultron, etc. On donnait à Vo le son clair en le faisant suivre d'un trait simple t, que Ton redoublait parfois tt; ce trait, qui n'avait d'abord que la valeur d'un accent, est devenu un t, ou, redoublé, un n; aussi trouve-t-on fréquemment besoigne ou besongne, Pologne ou Pouloigne, Poulongne, etc., où l'emploi de t et de n, si différents, seraient inexplicables si l'on ne s'en rappelait l'origine. On trouve un semblable emploi de t après e dans des mots comme t7 meine, une feuille seiche, d'où Vi a disparu et a fait place à un accent. — En allemand, un cas analogue se présente : le double trait placé sur u pour l'adoucir est devenu un e : fifeer, uber, ueoer.

Logis du Roi, prison.

1 139 J'ai peur, si le logis du Roi fait ma demeure. . . - L'Et., III, h.

* Ce nom s'est conservé à Amiens et désigne un bâtiment qui servait autrefois de prison.

Loi, ordre.

1 ia3 Son cœur, pour se livrer, à peine devant moi

S'est-il donné le temps d'en recevoir la loi? - Fem. sav., IV, 1.

Page 1