‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 67 sur 625 · DEVOIR · texte numérisé non relu

DEVOIR

î&oo La jeune Agnès émue

Avec empressement est devers moi venue. - Ec. des Fem., V, 9.

101 3 Je sens bien que déjà devers lui tu t'envoles. - Corn., Galer. du Pal., III, 10. 1 5t 9 Tout un grand peuple armé fuyoit devers le port. - Id., Pompée, V, 1.

* Dans P édition de 1660, Corneille a modiBé ce vers :

J'ai vu fuir tout un peuple en foule vers le port.

Il s'est tourné devers moy.

Cléobuline, roman, par Mm* de M. (de Muice), i658, p. 18&.

176 Le compagnon sans faute se va rendre Deveri l'endroit qu'A min te a voit marqué.

La Fost., VI, p. 36 : Contes, V, 3.

Il envoya devers lui un grand cerf. - Rac, VI, i56 : Rem. sur l'Odyssée.

Une partie de l'armée est devers Gonesse. - La Hocbrp., III, 64.

« Celle préposition a tousjours esté en usage dans les bons autheuis, par ex. : II se tourna devers luy. . . Mais depuis quelque temps, ce mot a vieilli, et nos modernes escrivains ne s'en servent plus dans le beau langage. Ils disent tousjours vers, comme te tournant vers luy.n

Th. Corneille et I'Acadkmie, dans leurs Observ. sur Vaugelas, proscrivent également devers; toutefois l'Académie fait deux réserves : l'on peut dire, vaguement, aller quelque part devers bison; et a° on peut employer devers précédé de par : jtar devers. - Vaugelas, édit. Chassang, I, 985.

Cependant Voltaire a encore dit :

On l'enverrait devers Madame Ou drille. - Volt. , Guerre civ. de Genève.

DEVOIR : DEVOIRS, hommages; en langage amoureux, plaintes, soupirs, larmes.

1 1 90 Et cent devoirs font moins que ces ajustements

Qui font croire en deux cœurs les mêmes sentiments.

D. Gare., IV, 6.

Connoissant son indifférence et le peu de cas qu'elle fait des devoirs qu'on lui rend, je n'ai pas voulu perdre auprès d'elle ni plaintes, ni soupirs, ni larmes. - Atn. magnif., I, 2.

67 Mille petits devoirs ont tant parlé pour moi,

Qu'il ne m'est plus permis de douter de sa foi. - Corn., /y? Veuve, I, 1.

J'aime, et le digne objet qui règne sur mon cœur Par cent et cent devoirs s'en est rendu vainqueur.

Th. Cors., Feint, Astrol., 111 v s.

Souvenez-vous du moins que vous m'avez aimée. . .

— L'amour dans mes devoirs n'eut jamais grande part. - Id., ibid., V, 3.

Après deux ans perdus en devoirs, en services. . .

— Ces devoirs quelquefois tiennent lieu de supplices. - Id., Âm. à la mode, V, h.

196 Rendons-lui dos devoirs qui ne nous coûtent rien. - Rac, Alex., I, 9.

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