‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 104 sur 395 · AVANCER SA PAROLE — AVANT · texte numérisé non relu

AVANCER SA PAROLE — AVANT

Avancer sa parole.

547 Me tiendrez-vous au moins \r parole avancée? - Méltc, II, 5.

i35i 11 vous craiut; ai ] avance encor cette parole, - Con?(. , A>/., IV, 5.

Avancer , précipiter, accélérer.

1970 Votre femme, je crois, conçut Uint de douleur

Que cela servit fort pour avancer sa vie. - LEt., V, 9.

607 Par cette cxtréinito, vous avancez ma mort. - Cobh. , GaL du Pal., H, 8.

5/1 Le pauvre Eschyle ainsi sut ses jours avancer,

La Fokt., II, 393. - Fables, VIII, 16.

1096 Je veux môme avancer TLcure déterminée. - Rac, Ath,, lll, 6.

Avanie.

Scapin, il faut faire quelque chose pour lui. — Le moyeu, après une avanie de la sorte! - Fourb. de Scap., II, 4.

Cependant j'ay receu , par votre peu de soin ,

Dans le milieu du Cours, la plus (grande avanie, - Poisson, Fem, coq., II, h.

Mes quatre cents écus , prêtés depuis six ans ?

— Pour me les demander vous prenez bien le temps.

— Je veux, aux yeux de tous, vous en faire avanie,

A toute heure, en tous lieux. — Hé I vous rêvez, ma mie.

Rkonaud, Joueur, V, 6.

4c Le mot avanie ne se trouve dans aucun dictionnaire avant les Origines, de Ména(][e, i65o : «C'est, dit-il, im mot originaire turc, et qui signifie proprement un affront avec supercherie, uàe querelle d'Allemand. Les Turcs prononcent avan, qui vient, probablement, de riiébreu hava, iniqtiè agere, marcher de travers en quelque chose, n

On ne retrouve plus avanie qu'eu 1677, daiisPomey et dans le uict.fr, -it. imprimé en Suisse au château de Duillier. Il reparait, en 1680, dans Richelet, qui ne dte qu'un exemple, la phrase de Molière; en i683, dans Danet; en 1690, dans Furetièrc; en 169^, l'Académie donne la définition suivante, conforme, au fond, à ceUe des lexiques antérieurs :

9 Avanie, vexation, insulte que les Turcs font aux voyageurs en Levant pour tirer de l'argent d'eux. — Il se dit figurément des affronts, des insultes qu'on fait de gayelé de cœur à quelqu'un : cet homme lui fait mille avanies.n

Probablement c'est ce mot avanies qu'il faut voir dans le vanies du passage suivant :

«Après plusieurs sollicitations que fit T Ambassadeur François pour la délivrance des Pères Jésuites , il apprit qu'ils estoient accusez d'estre espions d'Espagne . . . Telles vamet des Turcs ne s'appaisans que pour de l'argent, l'Ambassadeur de France fit une despense de quatre mille escus pour retirer les six Percs Jésuites des bassc»-fosses où ils estoient.» - û* tome du Mercure de France, février-may 1617. - Paris, Est. Richer, 1617, P* ^***"' âo3.

Avant, auparavant.

A 7 5 Mais avant, pour pouvoir mieux feindre ce trépas,

J'ai fait que vers sa grange il a porte ses pas. — VEt.y II, i.

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