‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 124 sur 395 · BAIE · texte numérisé non relu

BAIE

Et qu^estrce, je vous prie, que cette Critique dont vous nous menacez? — Je vous (lirai, Monsieur, par avance, que c'est une bagatelle, deux ou trois scènes qu'on a ajoutées, pour donner à la Comédie une juste longueur.

RiGiiÀRD., Crit, du Légat, univ., se. 9. - Cf. Distrait, V^ 3.

# Le mot bagatelle parait pour la première fois dans le Dict. de Cot(p*ave en 1611. On ne le retrouve plus que dans le Monet de i636; mais il ne Ggure pas même dans le Dict, franc Atal. de i63A , bien que le Dict, itaL-franç, de la même date semble l'appeler pour traduire les mots bagatelle, — bagatelliere , — maestro di bagatelle, qu'il admet, en les rendant par tromperies, tours de passe-passe, — bateleur, — joueur de passe-passe. Le mot français, tiré de l'italien, ne vient donc pas de bague, conune on l'a dit.

I^pe de Yeça constate cette origine italienne dans les vers suivants :

^ Pero donde me llcvan mineras

Que en Italia se llaman bagatelas,

Ingiriendo novelas

En tan funcstos casos,

Mas dignos de Marinos y de Tasos

Que de Helicona son solos y soles.

Que de mis versos rudos espanoles?

Im Gatomachia, poema burlesco, silva VL - Tesoro de Pamaso Espanol, III, p. i/i5.

Dans les Lettres choisies de MM, de l'Acad, franc., publiées par Perrault, on trouve (3* édit., 1795, p. 3i/ï-3i8) une lettre anonyme trsur la bagatellen :

«Voyons, exammons un peu ce que c'est : la 6aga<e//e^diraquelqu'un, c'est le contraire du sérieux.»

Baye ou Baie, tromperie.

330 Et ce qu'a fait Valère, en voyant cet écrit,

Marque bien leur concert, et que c'est une baye. — Dép, am, , I, &•

Quant au reste, ce ne sont que bayes, - Labivbt, Les Esprits, IV, 6.

Non, ce n'est pas à moy qu'on fait croire des bayes; Pour telles fictions, mes aouleurs sont trop vrayes.

J. DE ScBBLiNDBB, TtT et 5lion, V, 5.

Je vous prie, au lieu de toutes ces bayes, dites-nous quelque chose qui nous rende capables de donner et de prendre. - Malb., t. II, p. lo.

De l'appaiser de quelque baye Son cœur n'y sçauroit consentir.

ScABBON, Virg, trav,, Paris, David, 1706, I, p. 3o8.

Et le drôle auroit eu la baye Sans une dangereuse playe Qui, le faisant tourneboulcr, Luy mit les quatre fers en l'air.

RicuBB, Ovide bouffon, 1669 , p. 53. - Cf. p. 636-/i37.

s 5 Li, je ne sçay pas si c'est baye

Ou si c'est une chose vraye. - Lorbt, Muze histor,, 99 juillet 166a.

Dites-moi, pensez-vous qu'une send>lable baie se digère aisément?

MoBTFLBOBT, Dame médecin, V, 8.

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