ACHEVÉ
559 Et la faveur da Ciel vous a bien conservée
Si ces derniers discours ne vous ont a^ieoéê, - Cour., SmU du MmU., II, 3.
1976 . . . Jamais on n'a vu tyran plus aehtni, - Id., Perth,, Y, 9.
S ne vous manquoit plus que vous faire hypocrite.
Vous êtes de tout point achevé, je le voi. - Th. Gobn., D. JuLan, Y, 9.
J'amène pour ma sceur un mari d'importance ; C'est un honmie achevé^ cadet, mais de naissance.
MONTFLKUBT, CovM, poèU, II, 5.
C'est un âne achevé, blesse par le cerveau. - Id., Dame médecin, II, 6. Ce n'étoit qu'un coquin, un firipon achevé, - Poisson, Faux Moicov,, se. h, La description des cérémonies est une pièce achevée. - Siv., II, iû8.
41 L'emploi du mot achevé, dans ce sens, parait remonter au xvi* siècle; cependant on ne le trouve noté dans aucun dictionnaire avant celui de Richelet (1680); l'Académie ne le donne pas dans sa i'* édition (169/i), mais le donne dans la seconde (1718).
D'après le P. Bouhours, Rem, nouv., 3* édit. 1689 : «Quand ce mot se dit oes choses, il se prend toujours en bonne part. . . Mais quand achevé se dit des personnes, il se prend en bonne ou en mauvaise part.»
Pour achever, dans un sens défavorable , on employait aussi la locution achever de peindre.
Pour Vachever de peindre, se trouvèrent en ses chausses. . . un jeu de cartes, une baie de dex , le petit flageolet pour faire ripaille au soir, comme ils parlent en Anjou. - N. DU FiiL, Contei et Disc, d'Eutrapef, édit. Jouaust, II, p. 98.
Les roquets se jettent à mes jambes. . . Je me fusse bien voulu retourner pour leur faire peur; mais je n'osois l'entreprendre, craignant d'en attirer encore plus sur moy, et de wî'achever de peindre,
GBAPBLiiH, Trad, de Guzm. d^Alfar,, i63o, III, p. 68. - Cf. Id., ibid,, I, p. 1/19.
J'ay veu aussi des livres en prose où l'on trouvoit de telles façons de parler que celles-cy : «Cela arriva pour Vachever de peindre, . . » Tout cela est dedans des autheurs que les ignorans trouvent très bons.
SoBSL, Berg, extrav,, édit 1639, III, p. 553.
Tout cç qu'ils purent faire, ce fut de payer leur déjûné. . . Mais pour les achever dépeindre, ib trouvèrent le garçon apoticaire qui s'informoit partout si personne n'avoit vu amasser un pain de sucre.
D'Ounixi, Contée, i66&,édit. Jouaust, I, p. 993.
Et lors, pour Vachever de peindre, Cloanthus est prest de l'atteindre.
SciRiOH, yirg, trav,, édit. 1705, II, p. 99.
La tristesse m'a vaincu; Je ne fay plus que de plaindre.
Et pour m^achever de peindre Un furoncle me vient. . •
Sàiht-Aiuiit, Œuvr,, Biblioth. elzév., I, p. Û70.
Un lyon cent fois plus à craindre , Et, pour mieux Vachever de peindre.
Un scorpion qui te poindra ,
28 ACHEVÉ — ACRETÉ
Un cancre qui te mansera Te feront détester la vie.
RiCHiR, Ovide bouffon, 1669, p. 118. - Cf. Id., ihid,, p. 4i3.
Épargnez-lui ces pas. 11 nW plus temps de feindre.
Le voici. — Nous voilà bien acheva de peindre, - Richard, Joueur, Y, 7.
Poisson a employé cette locution dans un double sens :
S*il remmène à Madrid, j*y vais. — A queUe finT — Tu rignores? — Non, non, je voi votre dessein. Votre portrait s*y fait, et je sçai qu*il doit estre Dans une grande place élevé pour paroitre ; Mesme , il doit être vu de tous les curieux. Gomme il n^est que croqué, vous voulez qu*il soit mieux; Je connois votre numeur, et vois que, sans rien feindre. Vous allez à Madrid vous achever de peindre.
Poisson, Foux de qualité, se. 7.
Acoquiner, accoutumer.
1/1 5 5 Mon Dieu, qu'à tes appas je suis acoquiné! - Dép, am.^ FV, A.
Nous les verrions (les femmes) nous courir, sans tous ces respects et ces soumissions où les hommes les acoquinent - Princ, iELy III, 9.
♦ (tNous sommes comme ces vieux locataires que la longueur du temps a tellement aco~ quinét en une maison que, quelques incon^modités qu'ils y reçoivent, il leur est impossible aen vouloir partir.» - Malh., trad, dei Ep, de Sén., ép. lxx, t. U, p. 54i.
Je vous confesse ma poltronnerie; je suis acoquiné à la vie.
BiUAC, Lett, à Conrart, at juillet i653.
Vous faites donc de Tarchitecte, Et votre vertu qu*on respecte S'acoquinera de façon Que vous passerez pour maçon.
SciRROR, Virg, trav,, Paris, David, 1705, I, 307.
On i'aeoquine k servir ces gredins-là, je ne sais pourquoi.
RiOHAR]), Sérénade, se. 19.
Le premier dictionnaire où nous trouvions acoquiner, accoquiner, est celui de Nicot, 1578:
9 Accoquiner, dit^, c'est rendre quelqu'un ou quelque beste si priveement en sa hantise , que ne veuille être nulle part ailleurs. — Accoquiner un oiseau. — Accoquiner aussi est prendre le train paresseux a un coquin et fayneant, comme : il t'eel accoquiné.n
ACRETÉ.
Je vous abandonne. . . à Yâcreté de votre bile. - Mal. imag,, III, 5.
Ce n'est pas par des simples que Vâcreté de mon sang peut se guérir.
Rrgrard, Hom, à h, fort., I, û.
* Ambroise Paré, liv. VU, ch. xv, parle de ir l'acrimonie de l'humeur bilieux».
acrostiche — acte 29
Acrostiche.
679 Pen veux faire un poème en forme d'acrostiche. - Fâch., HI, 2.
« Il débite aussi des yen aerosUeheê où les lettres de quelques noms sont au commencement ou au milieu ... Il faut . . . que son entendement soit furieusement accroché dans ses vers acro$tiche$. - Sorel, Polyandre, II, /ii5-&i6.
J*ay veu qu*un sonnet aeroitiche, Ana^mmé par rcmistiche Aussi bien que par les deux bouts, Passoit pour miracle chez vous.
Sahit-Amaiit, Œuvr., Le Pake crotté, édit. Gh.-L. Livet, dans la BibUoth. elzév,, 1, 9 a 0-9 ai.
ir AcRotTiCBB. Ouvrage composé d^autant de vers qu^il y a de lettres dans le nom qu'on a pris pour sujet, et dont chaque vers conimencc par une des lettres de ce nom prises de suite. 9 - AciD.
P. Delaudun d'Aigaiiers dans son Art poétique (1597) ne parle pas de facrostiche. 6. Colletct n'en dit qu'un mot dédaigneux dans son Traité du sonnet (i658) : selon lui, les sonnets retournés sont «un travail fort laborieux et qui n'est pas de grande édification, non plus que les sonnets acrottichet, mésosliches, en lozangcs, en croix de Saint-André, et autres f^ures grotesques dont on peut voir le véritable modèle dans les écrits alambiques de nabanus Maurusn. - P. 87.
A la fin du premier prologue du Chariot de triomphe. . . par Hugues Millotet (1661), on (rouve :
i*'acte. a* acte. 3* acte. A* acte. 5* acte. Sainte Reine priez pour nous.
Toutes les scènes de la présente tragédie commencent par chaque lettre de ces cinq paroles, et tons les acteurs et actrices qui ont représenté laoite tragédie ont leur acroetiche en leurs discours par chaque lettre de leur nom et surnom. - Imp. à Autun , chez Bl. Simon , t66i.
Ménage, dans ses Obêerv., 1, 167a, p. lai, remarque expressément que le mot acroitiche est masculin : ce qui donne à penser que quelques personnes le faisaient féminin.
Vingt ans après Ménage, Andry de Bois-Regard écrit :
9 Acroetiche. On fait ordinairement ce mot féminin.?» Et il ajoute : tr C'est une chose fort méprisée aujourd'huy que ï acrostiche, et, quand on dit d'un poète que c'est un faiseur d^aeroetichee, c'est en dire assez pour le rendre ridicule; en effet, il n'y a qu'un petit esprit qui puisse mettre son application à une si petite chose, joint que jamais on ne vit de bons vers dans une acrostiche. . . n
Ahdit ds B01S-R16ABD, Réjl. sur Vusageprés. de la lang.fr,, iGga, p. a9-a3.