‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 166 sur 395 · BIENSÉANCE — BILE · texte numérisé non relu

BIENSÉANCE — BILE

Bienséance, convenance, politesse, courtoisie.

77 Seroit-il à propos et de la bienséance

De dire à mille gens tout ce que d'eux on pense ?

Misanih., I, i.

196 Et même à notre sexe il est de bieMéance

De ne pas trop vous en presser. - Cobr., AgésH,, 1,3.

Quoi que vous me disiez, je dois, par biêméance,

Retourner chez mon frère. - Mortflbuby, Éc. deafiHu, III, 1.

Le mot de meturet est à peu près du même âge (que 9Ûr, tûreté, précautionâ); garder des menirei ... on ait aussi garder toutes les bientéanas,

BooHODBS, Aritte et Eug., 9* édit., 1671, p. i9i.

Bile et Flegme.

166 Mon Jlegme est philosophe autant que votre bile. - Misantk., 1, 1.

* La médecine ancienne reconnaissait en Thomme quatre humeurs; par humeur, elle entendait «rtout ce qui est fluxile, coulant, liquide» (Ambr. Piaé, !, tiii). Ces quatre humeurs, selon Paré, sont le sang, \e flegme ou pituite, la colère ou 61^0 jaune, et la mélancolie ou bile noire, correspondéoit aux quatre éléments, Tair, Teau, le feu et la terre.

La philosophie tenait compte de ces humeurs : «rLes humeurs du corps, dit la Rochefoucaïut (Max,, 997), ont un cours ordinaire et réglé qui meut et qui tourne imperceptiblement notre volonté; elles roulent ensemble, elles exercent successivement un empire secret en nous, de sorte qu*elles ont une part considérable à toutes nos actions.»

Cette idée de Tinfloence du physique sur le moral sert à comprendre le style figuré de Molière. Ambr. Paré nous aidera à préciser davantage : «Le phlegme, dit-il. . ., rend rhomme endormy, paresseux et gras. . . La cholere (ou btlejauae) est comme la fureur des humeurs ; tel humeur . . . rend Thomme léger, subtil , facile à se cholerer, et prompt à toutes choses, maigre, agile. . . »

Bile : échauffer, émouvoir la eile, etc.

89 Mes yeux sont trop blessés, et la Cour et la Ville

Ne m'offrent rien qu'objets à nCichauffer la bile. - Misanth.y I, 1.

Corbleul mon gendre, ne m* échauffez pas la bile! — G. Dand., I, 6.

Finissons ce discours, qui nC échauffe la bUe. — Fourb. de Scap., I, &.

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