CARROSSE
Il y a icy un Anglois, fils d^un François, qui médite de faire faire des earroutê qui iront et reviendront en un même jour de Paris à Fontainebleau , sans chevaux , par des ressorts admirables. On dit que cette nouvelle machine se prépare dans le Temple. - Gut Patin, LetU^ 90 janvier i645.
Gestuy-cy (ce carrotte) cstoit tout tremblant de vieillesse : les quenouilles ne tcnoient point ; Timperiale estoit fracassée , et les roues avoient peine à le soutenir . . . Gette mu-heureuse machine. . . n'estoit point alors suspendue, mais posée sur ses roues, comme les coches de ville, et il y avoit de gros bahus à Tantique à la place du cocher. - Sorbl, Polyandre, 16&8, II, 6a3.
11 falloit avoir carroue de Monsieur, earroiêe de Madame, carroue de parade et carroue de campagne, avec quantité de chevaux, cochers et palefreniers.
Id., Und,, U, 56a-563.
Quoyqu'il (Molière) dépeigne la ville où sa pièce (VEeole de% Fenuneê) se passe à peu près comme Paris, il falloit qu^il n*y eût cuères de carrouei, puisque Ton y fait si facilement apporter des sièges au milieu des rues. - Zélinde, i663, se. 3.
Nous irons prendre au Bourg-la-Rcine la commodité du carro$$ê de Poitiers.
La Fokt., IX, 99& : Leti, à ia femme,
/17 D'un carrosse en passant il accroche une roue. - Dbspi., Sot, VI.
Un carrosse acheté fait-il un mariage? - Montplboby, Dupe de soi-même, I, s.
Je viens de retenir deux places au carrosse, - Id., Trigaudin, IV, 7.
Nous irons dans le carrosse de M. le Ghevalier. — Gela ne se peut pas; mon cocher s'en sert ; c'est que je lui donne mou carrosse un jour la semaine pour ses gages. - Rbonard, Divorce, II, 6.
II est allé avec le carrosse de voilure faire visiter à la douane quelques ballots de marchandises. - Id., Retour imprévu, se. 9.
* Aucun dictionnaire antérieur à 1606 ne donne le mot carrosse, excepté le Diction, des rimes d'Odet de la Noue (1696).
En 1606 , on lit dans Nicot : tr Carroce, ou bien carroche, est un mot italien puis nagueres naturalizé en France; et signifie une espèce de coche, à ciel suspendu en impénale, à ridoaux, accoudoirs et marcnepieds, servant pour la ville et pour les champs. Carmca, Duquel mot latin, l'Italien carroccio ou carrozza semble estre venu. . . Carrochier, celuy qui meine la carroche, carrucarius ou bien carrocier, comme le François le prononce.» — Dans ses éditions de 1618 et de 1696, Nicot ne reprend pas le mot, bien qu'il figure dans les autres dictionnaires publiés dans l'intervalle, et notamment dans le Monet de i6âo, où on trouve : carroce, carroce à conduire jadis en pompe les choses sacrées, carroce voûté d'une impériale, carroce voûté à l'ordinaire, carroce à rideaux, à pentes, etc.
Si le mot n'était pas dans tous les dictionnaires, il était dans le langage courant. On sait en effet que Galherine de Médicis , Diane , duchesse d'Angoulémc , et le Premier Président de Thou se servaient de carrosses, ne pouvant, trpar l'incommodité de la goutte, aller sur une mulen ( Jacq. Bbillor, Dict, des arrêts)^ et que leurs carrosses furent les premiers qui roulèrent dans Paris. En 1696 et 1596 furent créés des offices de surintendants, commissaires et contrôleurs des coches et carrosses (Id., ibid,); en 1693, une ordonnance régla le prix des carrosses publics, le nombre de personnes à y admettre, le nombre de chevaux à y atteler (Rec, de Néron); eu 161 5, dans le Discours véritable de deux artisans de Paris, mareschaux de leur estât (in-8% p. i5), il est déclare nettement, comme conclusion, que tries carrosses seront deffendus, sinon à ceux qui auront Sualité requise, comme Princes, Seigneurs, Barons, Présidents, Gonseillers, et Messieurs u Gonseil, et les chefs des finances, comme Superintendant, Intendant, Messieurs les Trésoriers de l'espargne, ordinaire et extraordinaire. Gela est de trop grand entretien, et