‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 326 sur 395 · COMTE · texte numérisé non relu

COMTE

et de conte à compter; l^cdltion de 1606 renvoie de conte à compter, mais non de compter à conte; en 1606, le Diction. fr,-e$pagn. de J. Pallet distingue les deux mots et les deux sens; en 1606, Hier. Victor donne compte et compter dans le sens actuel; mais dans la traduction de conte, il donne les deux sens; en 1607, le Diction, espagn.-fr. d^Ant. Oudin traduit cuento par conte, nombre, et pBT\ conte, narration; dans son Diction. Jr.-eepagn, , il distingue compte de conte, mais donne à conte les deux sens; en 1618, Nicot donne â compte, compter le sens actuel, mais renvoie de conte à compter; le Diction. Jir.-Jlam, de la même date donne les deux sens à compte, compter, mais ne donne à conte que le sens actuel; Monet (i6ao) confond compte et conte, puis conte et compte; Gotgrave (i639) renvoie de conte à compte, mais non de compte à conte; en 166 a, Ant. Oudm fait la distinction; en 16&3, dans son Diction, fr.-flam, , Louis d^Arsy renvoie de compte à conte et ne traduit que ce dernier mot, dans les deux sens; en 1660, Duez, Diction, fr.-ital. , admet indifféremment compte ou conte dans les deux sens; la même année, Ant. Oudin distingue compter de conter; cependant il n*écrit pas en conter mais en compter (faire des contée); en 1676 Pomey, en 1677 le P. Gandin et le Diction, fr.-ital. imprimé en Suisse au château de Duillier, en 1679 Guy Miège, en 1680 Richelet, écrivent indifféremment compte et conte; mais Danet en i683 et Furetière en 1690 font nettement entre compte et conter et leurs dérivés une distinction c[ui est définitivement consacrée par TAcadémie en 1 694. En 1 693 , dans ses Réfl. ou Rem, crit. iur l'uêage prêtent de la iang.fr., Andry de Boisregard avait dit, seul entre Vaugelas, Ménage et le P. Bouhours :

vt Compter signifie nombrer, et conter signifie raconter, faire un récit, tj - P. 1 35.

Compter men ou pocr rien.

Ne comptez-^ous rien, mon gendre, Tavantage d'être allié à la maison de Sotenville? - G. Dand., 1, 4.

* Les premières éditions donnent ncompter rieny»; d^aulres, plus i^centes (1679, 1689, 170^), mettent «rne comptezrvoue pour rienn. - Voir Coll. de» Gr. Ecriv.

Gomeille a dit plusieurs fois compter à rien :

1 177 Je ne vou» compte à rien le nom de mon époux. - Gobn., PoL, IV, 3.

Racine , compter pour rien :

996 Et comptez-vout pour rien Dieu qui combat pour nous? - Rac, Aih., 1,9.

Despréaux , compter rien :

58 Moi qui ne compte rien ni le vin ni la cbère. Si l'on n'est plus à Taise, assis en un festin. Qu'aux sermons de Gassagne ou de Tabbé Gotin. - Sat. 111.

Comte.

Feu Monsieur mon mari. . . demeuroit à la campagne. . ., avoit meute de chiens courants, et. . . prcnoit la qualité de comte dans tous les contrats quil passoit. - Escarb., se. 2.

* Le litre de cotnte était donné à un persoimagc noble pourvu d'une terre érigée en comté; au xyii* siècle, il fut conféré à nos ambassadeurs à Tel ranger : Servien fut le premier, d'après Gregorîo Leti , qui reçut du Roi le titre de comte en cette qualité.

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