‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 378 sur 395 · COURIR · texte numérisé non relu

COURIR

Une Didon, une coureuse,

S^en vînt en faisant la pleureuse.

Nous demander place à Mtir.

ScARBON, Virg, trav., Paris, David, 1706; I, p. 3oo.

On frappe : assurément voici notre coureuse.

Regarde. — Oui, c'est elle, et sa bande joyeuse. - Poisson, Fan. co^,, III, 9.

Et que faites-vous donc ici, Madame la coureuse? - Rbgnard, Filles err,, 1, 7.

Courir, verbe actifs teime de cliasse; poursuivre, rechercher.

687 Nous élious une troupe, assez bien assortie.

Qui pour courir un cct/ avions fait hier partie. - FAch.^ Il, C.

181 Mais aller attaquer de ces bêles vilaines

Qui n'ont aucun respect pour les faces humaines. Et qui courent les gens qui les veulent courir y C'est un sot passe-temps, que je ne puis souffrir.

Princ. d^El.y I, 2.

Ces pauvres gens s^enfuirent tous à leur logis ; les soldats couroyetU par les rues.

MoRTLiic, Comment,, liv. IV, fol. lûG t\

3oi ... Les petits enfants, sitôt qu^on m^aperçoit.

Me courent dans la rue et me montrent au doigt. - Corn., Suite du Ment,, I, 3.

On me cherche, on me court; je suis hon : comment faire?

Th. Corn., ConU. d'Org., IV, 6.

63 Vous saurez (pie le chambellan A couru cent cerfs en un an ; Courir des hommes, je le gage , Lui plairoit beaucoup davantage. ~ La Font., IX, p. i39 : Épit,

Les maris aujourd'hui. Monsieur, sont si courus!

Et que peut-on, hélas, avoir pour vingt ëcus? - Reonard, Ugat. univ,, V, 7.

Peste ! on vous court partout. - Th. Corn., D, César d'Avalos, II, 9.

698 Oh dame I on ne court pas deux lièvres à la fois. - Rac, Plaid,, III, 3.

Il s'assuroit sur ses belles qualités, qui le faisoient courir de tout le monde. Je veux bien qu'on vous coure comme lui. - Rac, VI, 399 : Lettr.

L'oisiveté des femmes et Thabitude qu'ont les hommes de les courir partout où elles s'assemblent. . . - Li Bbuy., II, a a 8.

3|c 9 Courir, courre. Tous deux sont bons, mais on ne s'en sert pas toujours indifféremment : en certains endroits on dit courre, et ce scroit très mal parler de dire courir, comme courre le cerf, courre le lièvre, courre la poste. Si quelqu'un disoit courir le ceif, on se moqueroit de luy. En d'autres endroits, il faut dire courir, comme faire courir le bruit, il ne fait que courir, parlant d'un homme qui ne fait que voyager, etc. Et en d'autres, on peut dire courir et courre, comme courre fortune et courir fortune, M. Coeffeteau, ce me semble , dit toujours le premier, et M. de Malherbe toujours le dernier; mais sans doute contre fortune est le plus en usage.» - Vaugblis.

f?M. Ménage, qui confirme la décision de M. de Vaugelas sur courre le lièvrit, courre la poste, il ne fait que courir, faire courir le bruit, rapporte une observation de Voiture dans quelqu'une de ses Jjettres; courre est plus en usage que courir, et plus de la Cour; mais

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