‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 383 sur 395 · COUSSI-COUSSI · texte numérisé non relu

COUSSI-COUSSI

Nous atlendons encore un maître italien

Qui doit venir tantôL — Je vous le défends bien ;

Je ne veux point chez moi gens de celte séquelle ;

Ce sont courtiers d^amour pour une demoiselle. ~ Rbonârd, DUlraà, I, &.

t Courtier, autrefois couratier, correlier, courretier, est de toute ancienneté dans la langue. Ménage le dérive de courre, courir, M. Littré repousse cette étymologie, et tire ce mot de cura, soin ; pour lui, le courtier est celui qui à cure d*une affaire. Par extraordinaire, nous tenons pour Ménage contre Littré. — Nicot (1673) dit : v Courretier, voir courtier. Semble quHl vienne de courre ou courir, currere; pource que telles gens courent tantost à Tune desj)arties, tantost à Tautre pour moyenner (servir d'intermédiaire).» — Monet (1630) : vCorretier, corratier, courtier, moyenneur d'achats et ventes, de prests d'argent et de choses semblables. n — Les Dictionnaires espagnols ont, dans le méme>^ sens, le mot corredor, qui signifie également coureur et courtier, et confirme Tétymologie des anciens maîtres.

Ronsard a employé la forme couratier :

Il devint en un jour savant en tel mestier,

Maquignon, revendeur, afironteur, couratier, - Hymneê, II, lo.

La couratière, après avoir faict les caresses accoutumées, les conduict dans un petit corps de logis.

Plaisantes ruses et cabales de trois bourgeoises de Paris, 1637. {Var, litt, de la bibl. elzév.; VII, p. a/i.)

De même Corneille dans la Veuve :

1 CAO ... Si jamais je trouve ici ce couratier,

Je lui saurai , Madame , apprendre son mestier.

De même aussi Yion d'Alibray :

... Ce voleur parfait, ce courratier d'amour. Ce Mercure qui, loin d'aller droit à Carthage,. . . S'amuse, reprend vent dessus le mont Atlas. . .

Métamorph. de Gomor en Marmite; dans Sallbugrb, Hist, de P. de Montmaur, 9 in-8% 1716; II, p. 79.

De même enfin Sorel, au féminin :

Une telle femme pourroit bien estre mon Dedct, sans aller me recommander à toutes les courratieres de mariage de Paris. - Polyandre, 16/18, II, SgS.

COCSSI-COUSSI, couci-couci, tellement quellement.

1/197 Dequoi peux-tu te plaindre? Ai-je pas réussi

En tout ce que j'ai dit depuis ... ? — Coussi-coussi. — VÉt. , IV, fi.

Et vous l'a-t-il donné bien fort? — Coussi-coussi.

ScABBON, Jodélet duelL, IV, 8.

Lorsque par devoir on travaille , On ne peut faire vers qui vaille;

cousu DE. . . — COUTUME 515

Par exemple , ces lîmes-cy Sont des rimes couêty-couity.

ScARRoii , Dêm, Œuvr, , Paris , David ,i70o;I,p.907.-Cf. Virg, trav, , édit. 1706; II, p. 7a.

937 Le quatorze du mois, cecy

Fut composé coucy coucy, - Loret, Muze hUtor,, ik octobre i65/i.

Belle? vous la verrez; elle est. . . — Couui-cimsiif

MoKTFLEURT, Coméd. poète, II , 7.

Je me porte là là; mais toi? — Onusi-couati, - Rbonard, DUtrait, II, 1.

^jt Lorsqu^on joua YAddatde du Gue»cUn, à cette question :

— Es-tu content, Coucy?

un plaisant du parterre répondit : Coussi, coutii. On rit, et la pièce échoua; telle est du moins la tradition.

Cousu DE . . .

On me viendra chez moi couper la gorge, dans la pensée que je suis tout œusu de pistoles. - UAv., 1, U.

5 Son voisin , au contraire , étant tout cousu cl'or, Chantoit peu, dormoit moins encor.

La Font., II, p. 317 : Fables, VIII, a.

Ce vieux Crésus, en sablant le Champagne, Gémit des maux que soufire la campagne, Et, cousu d'or y dans le luxe plongé, ^

Plaint le pays, de tailles surchargé. - Voltaire, Ep(t.

* ((Ou appelle un homme tout cousu de pistoles, ceiuy qui en a beaucoup, par allusion à la manière des avares, qui cousent leur argent dans leurs habits, pour les mieux cacher et garder. ?> - Furiti&rb, Diction.

Coutume, habitude; avoir de coutume.

ïai toujours de coutume de parler quand je peins. - 5ta/., se. 1 1.

Pour. . . vous ôter Tenvie de nous faire courir, toutes les nuits, comme vous aviez de coutume. - Fourb. de Scap., II, 3.

Avant que le bon seigneur Roy se couchast, il avoit souvent de eoustume de faire venir ses enfants devant luy. - Joinvillb, Vie de saint Louis, cité par Godefroy.

Et sembloit que le Ciel . . . refusast à sa douleur le remède que le temps a de eoustume de rapporter à tous ceux qui ont plus de sujet de se douloir.

D^RFé, L'Astrée, iGi/i, II, p. 1-3. - Cf. Id., ibid,, II, p. 867.

Les bourgeoises de cette ville (Montpellier). . . ont de coutume de voir un nombre inliny de jeunes godelureaux.

La fp'ande division arrivée entre les femmes et les filles de Montpellier, ( Var. hist. et Utl. de la bibl. clzév., I.)

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