CRÉATURE
Quoique nous ayons peu de créance dans la nncérilé. - La Roghif., 1, 173.
Je le crois, mais enfin ta créance est trompée.
MoNTFLBUBT, Éc. dcs Ftlles, I, 1.
Ce Jeremie qu^Esdras venoit de forger avec tous les autres Prophètes, comment a-t-il tout d'un coup trouvé créance? - Bossubt, Hitt, umv., in-/l^ 1681, p. ItoS,
Erasme a toujours conservé parmi ces disputes de religion un caractère particulier, qui a fait que les Protestans luy donnent assez de créance dans les faits dont il a esté le témoin. - Id., HieL dee Var,, a m-k% 1688; I, p. 55.
On parle volontiers; mais un homme d^espril
Doit donner rarement créance à ce qu'on dit. ~ Rbqrard, Diêtrait, IV, C.
4c Regnard a traduit lui-même, dans la môme pièce, dans la même scène, cette locution :
Et tout homme prudent se doit garder toujours De donner trop crédit à de mauvais discours.
ta Croyance et créance se prononcent tous deux à la Cour d'une même façon, à cause que la diphtongue ot ou oy se prononce en e en beaucoup de mots , dont celuy-cy est du nombre. Ce sont néantmoins deux choses différentes; car créance avec e, comme quand on dit lettre de créance, et avoir de la créance en quelqu'un,, . . est toute autre chose que croyance avec oy, comme quand on dit : ce n'e$t pat ma croyance, pour dire je ne croit pat, ou ajouter croyance à quelqu'un, pour dire ajouter foy, , . Je crois néantmoins qu'à la fin on n'cscrira plus que créance ; c'est desjà l'opinion de plusieurs , à laquelle je sous> cris.n - Vauqblas, édit. Chassang, II, 3â5.
Th. Corneille, l'Académie et L. Aleman ont commenté cette Remarque de Vaugelat :
(rPeu de personnes escrivent présentement croyance; la délicatesse de la prononciation a passé dans l'orthographe.» - Th. Corn., ibid,, ibid,
nG-oyance signifie ce qu'on croit, opinion, sentiment, la confiance qu'on a en quelqu'un ij'ay cette croyance,, . . la croyance det Chrétient. Créance est ce que l'on confie à quelqu'un pour cstrc dit secrètement à un autre : Il luy expeta ta créance. Et lettre de créance est la lettre par laquelle on fait connoistre qu'on peut ajouslcr créance à celuy qui est chargé de la rendre. n - Acad. franc., ibid., p. 3a6.
(tM. Pelison, M. de Mezeray, M. Maimbourg, M. le Président Cousin et une infinité d'autres écrivent toujours créance en matière de Religion ... Je viens pourtant de voir tout récemment croyance en matière de Religion dans un excellent moderne ; c'est dans VHitt. det Variationt, composée par M. l'Evéque de Meaux, et l'autorité de ce Prélat est si grande en notre langue comme en toute autre chose , que j'ose dire bien plus hardiment que je n'osois le faire que croyance est encore foK bon en matière de foy et de religion.» - Aleman, Nouv. obterv, tur le lang. franc,, 1688, p. ti6^-à']^.
Nous avons sous les yeux la première édition de VHittoire det Variationt, publiée la même année que l'ouvrage de L. Aleman ; nous y relevons les passages suivants qui contredisent cet auteur :
Quelle fraternité me demandez-vous, leur disoit-il (disoit Luther aux Zuingliens), si vous persistez dans vostre créance? - Bossubt, Hitt. det Var., a in-â% I, p. 119.
L'origine de ces Eglises, aussi bien que la créance dont elles faisoient profession, cstoit encore assez obscure du temps de la réformation prétendue.
(d. , ibid., II, p. i58.
Créature, une personne.
9/11 Et je n'ai pu vous voir, parfaite créature y
Sans admirer en vous Tauteur de ia nature. - Tart.y IIF, 3.
52è CRÉDIT (À) — GREVER DE. . .
17/i L^bôtesse, adroite et fine créature, - La Fout., V, p. 81 : C<miê$, III, 3.
Si le pécheur ne commence à aimer Dieu, il doit craindre qu'il ne continae i n'aimer que soy-mesme et la créature,
B0S8UBT, Catéch, de Meaux, in-ta, 1687, p. 183.
* Le mot créature se disait plutôt : 1° dans (tétre la créature de quelqu'un t», c'est-âdire lui devoir sa fortune , et c était une expression nouvelle du temps d'Henri Estienne , qui en parle dans ses Dial. du nouv. long, Jranç.-iUiUanizé , édil. Liseux, II, p. 71-79, io3, ia5; on en trouvera des exemples dans Bossuet, Hiêt. univ,, in-/i% 1681, p. 56o et 547; 9** dans le sens de homme de peu : trLa bonté qu'on a pour ces petites créatwret (les domestiques) les rend insupportables, n - Du Vbbdibb, Flatteur, I, 5.
Crédit (A), sans payement, gratuitement, inutilement.
135 Enfin, quoi quil en soit, témoigner de Tombrage, C'est jouer en amour un mauvais personnage. Et se rendre, après tout, misérable à crédit. — Dip, am.y I, 3.
968 Qui peut trouver moyen d'être fait de la sorte Ne soupire guère à crédit. - Psyché y III, 1.
Ah I j'entends quelque voix ; je te Tavois bien dit : Nous amuser icy, c'est nous perdre à crédit.
J. DE ScHBLANDBB, Tyr et Sidon, IV, 3.
9 Quiconque aime de la sorte
Se donne au diable à crédit. - Gobn., X, 173 : Poés. div.
Ce seroît le perdre (le temps) à crédit, que m'amuser à vous faire le détail de tous leurs jeux. - Rac, VI, /ioâ : Lettre».
Crédit : prendre crédit sur. . .
1/18/1 Je veux la retâter sur ce fameux mystère, Et voir si ce n'est point une vaine chimère Qui^ir ses sens troublés ait su prendre crédit. - AmpK.y III, 1.
Creuse : viande creuse.
Hfi Voir Viande creuse.
Crever de . . .
Une grande marque que vous vous portez bien . . . c'est que vous rCêtes point crevé de toutes les médecines qu'on vous a fait prendre.
Mal. imag.^ III, 3.
Deux soldats. . . crevèrent de chaud. — Malh., III, 5i5.