‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 395 sur 395 · GROTESQUE — CUISTRE · texte numérisé non relu

GROTESQUE — CUISTRE

Ce mot ne se trouve daiis aucun dictionnaire avant lùhn : R$ch. iuU, et franc* de César Oudin : croqmgnolU, buffetto.

Cependant Rabelais le connaissait déjà ; car, au chapitre tu de Pantagruel : «Comment Pantagruel vint à Paris, et des beaux Ûvres de la librairie de saint Vîcton», à la suite des Hamcrochemen» det confe»seur$, il cite la Croquigiiok dei curez.

Ménage ne donne pas ce mot dans ses Origwee; mais Le Duchat, dans Tédition de 1750, ne Ta pas oublié et en donne une élymologie bizarre. «Je dérive, dit-il, croquignole de curcinodula, fait de curvus et de nodulue, La croquignole est une espèce de ckiquenaude, qu'on prononçait autrefois chinquenaude , et que, par cette raison, je crois venir de quinque nodi, £t la croquignole, de même que la chiquenaude, se donne avec les doigts recourbes et montrant tous les nœuds, n

Grotesque.

'^ Voir Grotenque,

Croupières : tailler des croupières.

♦ Voir TaiUer de» croupière».

Cuistre.

Allez, cuistre fîoffé. — Bourg, gent,, II, 3. 1018 Allez, cuistre. — Fem. Èav., III, 3.

Voulez-vous sçavoir pourquoy et à quoy tous ces larcins s*employent 1 Mon amy , à rentrctien de leur qtiintre bien aimé.

Chapelain, Trad. de Guzm. d'Aifar.f i63o, 111, p. 398.

Pour le qnùtre, il n\ entciidoit point do fînossc. - Id. , ibid.f p. 398-399.

Un écolier et un cuUire s*en allèrent rhez un rôtisseur pour acheter dequoy souper. - D'OuviLLB, Conte» , 16^6, édit. Jouaust, I, p. a88.

Il coula les premiers jours de sa vie dans Notre-Dame; ses premières années dans plusieurs autres Eglises sous un habit bleu, avec un tronc à la main; et les suivantes dans le Collège de Lisieux, où il trouve moyen de s*élever à Tétat de Cuittre.

L'abbé do La Motur Le Vayeb, Le Parasite Mormon, i65o; - dans Sallexgib , Hist. de P. de Montmaur, <j in- 8", 1716; H, p. a5â.

Parlons bas, corlain cuistre approche ot nous éroute.

QuiNULT, Coméd. sans cotnéd., 111, li.

. . . Vous voyez fort bien , après cela ,

Que cVst un ignorant que re vieux cuistre-\k.

La TuuiLLKniE, Crisp. précepteur, se. i3.

Monsieur Tabbé, dit-oii? 11 n'est pas jus(|u'au cuistre Qui, pour être honoré, n'en usurpe le nom.

MoiKTFLEURY, GeiitUh. de Betiuce, 111, 5. - Cf. Id., ibid, IV, k ; - Coinéd, poète, IV, 7.

CUL — CURATlOiN 5»!

Monsieur Boniface a cent foift pius d'esprit qu'il ne parolt. ..Ha fair d*iiii cuiêtrt, mais je puis vous assurer qu*il n*csl pas un sut.

REG5ARD, Crit. du Ugat, wUv,, se. 6.

* 11 semble que le mol fui alors assez nouveau dans la langue; le premier dictionnaire où on le rencontre avant le Diction, de» Ritne» de i668, où d est imprimé en italiques, comme tous les mots bas, vieux ou burlesques, est Touvrage de Cdsar Oudin, Reek. iud, n franc, (i6/ia): crcuisTRK, »9rm chê cuocê alli icolariv , serviteur qui cuit, qui cuisioe pour les écoliers. On le retrouve en i66o dans le Diction, franç.-itcU. de Dues, qui le tradml : cuoco di icolari, cuisinier d'écoliers, et dans la deuiicme partie du TWior d$» deux long, franc, et e»p. par (^csar Oudin, qui le traduit par capigorrou, guieador de eetudiante»^ et qui ensuite retraduit ainsi ces mots : ftcapigorron, un escolier qui porte le manteau et le bonnet, ot non pas la robe longue; valet d'escoliers, cuietre; — guiiodor de eêtudianteif cuisinier d'étudiants.» — Richelet, en i68o, dit : tr Cuistre, vallet de collège; liomme qui est tout a fait du collège; qui sent la crasse du collège et qui a l'air et l'humeur d'un franc pédant.» — Suit, comme exemple, le vers des Femmes tavantce.

En i638, dans une lettre du 3o décembre, Chapelain érrit à Balzac : trll (le P. Labbé) ne s'est fait stamper que pour oslre Icu par les grinieiins et les cuiitre$,7i

Cul : TENIR AU CUL ET AUX CHAUSSES.

* Voir ci-dessus, p. 386, Chaweet : Tenir au cul et aux chaume», GUL DE COUVEM.

iGi 1 Mais un cul de couvetU me veu{fcra de loul. — Éc. des Fem,, V, U.

Eh! bien, je sais c(»mmenl il faut appreudre Tobélssance aux filles qui font les soties; quand vous aurez esté six mois dans un ctU de couvent, vous apprendrez à parler un autre langage. - Furetikiik, Rnm, bourg., édit. Jannet-Picard , I, p. 179.

* Cul ne signifiait pas autre chose qiuîfond :

Je voy un moschanl homm(>. . . qui n'est liardy que dans le cul d'une taverne, le verre au poing. - Le P. GiRissK, Doctr. car., iGa/i, p. 976-975.

On dit aussi cul de ba»se-fo»»e (Rkukard, Divorce, Il , 6), cul de »ac, etc.

ffOn appelle un cul de ha»He-/o»»e, un cul de couvent ^ le lieu le mieux gardé d'ime prison, d'un rouvent.n - Fubbtikre.

Voir ci-dessus, p. 688, Couvent,

GURATION, trailemenl, guérison.

. . . Aux remèdes qu'il nous conviendra faire pour la parfaite curalion (ficelle. - Pourc, 1,8.

Allons, procédons à la curation. — Ibid, , ibid.

Par ainsi <;sl-il lM.'soin de discourir des fièvres, et en avoir au vray la connoissance , pour remédier au dehors ; mais (Fen entreprendre la curation y j'en laisse la charge aux médecins. - Ambr. Fark, au Lecteur,

Cl RIEIX — GLRIOSITI>>

Curieux, CLR1EI?SE, qui inféress^? les ciirieiiv.

Tous les ospriLs no sont pas iirs iwoc los (|Ucilit(\s <|iril faut pour la délira lessc do rcs bollo> scicnros qu'on noinmo curieuses,

Am. mag»ij\, III, i,

* N. B. D'après la siiili' cl»- l'onln^ti^'ii. il >a^i\ (faslnilo^ift irl d*airliîmie.

ffOn appelle les tcience» curieuses ci*lk*.f (|ui soni connues de peu de personnes, qui ont de» secrets particulier;», cuninie la rliyuiie, une partie de ri)pti(|u<>, qui l'ait voir di-^ cliOM's extraordinain*s avec d<-s niinnix ot d<s huH>llos; ci pluMcrirs vaines sciences on l'on pense voir Tadvenir. (oninio l'astrologie judiriaiiv. Ih rhimmaiifr-. la géomance, «■! mt^HH* on y joint la cabale, la magie, elc.n - Kirktikre. f action.

Le mot est employ*^ dan*i \o mi^m** M'n> par d'auln's iiiiliMir> :

Les mélancholiqms ci. les Iti lieux, qui sont d\»rdinairi> d'un teint jaunâtre, m* poilent plus que les ^nguiiis aux recherchts ntriPUiws de la médecine.

BKZ^NiON, Ia'» Mpder. à in cerisure, 1G77, p. S'^.

S\'loignant de toute dispute e( de loule rerlierrlie cnrieuMn. iU rappellent les esprits à la seule • b(»st; (pii profite.

lîosM ET, //»«^ de* Vav., -> in-V", i<î88, I, p. 1 ili.

Curiosités, le plmiel pour le HlufruUer,

293 Quo minipoih'? — Il osl viai; mais pour los nouvcuulô^ On poul avoir parfois dos curiosités, - Ec, dos Mai\, \, '.\,

1 o83 La f'oiblosso liuniaino osl d'a\oir Dos curiosités d'approndro (lo qu'on no voudroit pas savoii*. - Ainph,, II, 3.

* Voir de même : ardeurs pour ardeur^ etc., el surtout, à propos de la tendance >^ l'niplover le pluriel pour le singulier, l'arl. Ixmtés pour htmté, ri-dessus, p. •'69.

F l> DU TOMK PREMIKIÎ.

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