‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 8 sur 395 · ABSENT DE — ACCESSOIRE · texte numérisé non relu

ABSENT DE — ACCESSOIRE

366 Un esprit amoureux, abietU de ce qu'il aime. - Gorr., La Vêuve, I, 5. i835 Quoi (ja'abierU de ses yeux ii me faille endurer. - Id., L« Cid, Y, 7. 789 De ce même rivage abeent depuis un mois. - Ric, Iphig., II, 7.

ACCESSOIRE, danger, malheur.

1 i5o Mais à peine tous deux dans sa chambre étions-nous, Qu'elle a sur les degrés entendu son jsdoux ; Et tout ce qu'elle a pu dans un tel accessoire ^ C'est de me renfermer dans une grande armoire.

Éc, des Fem.y IV, 6.

Les cardinaux au conclave se trouvans particularisez en brigues, des François pour vonl<nr se maintenir en leur possession de je ne sçay combien d*ans, depuis laquelle on u^avoit veu Pape que de la nation firançoise ; au contraire les Italiens craignans de tomber au mesme acceiêoire qu^auparavant si on edisoit un François, jettèrent toutes leurs opinions sur un qui rust ae leur nation.

PiSQUiBB, Rëeh, de la France, liv. III, chap. xxf, i6ai, pp. 969-960.

Gcârw, Viimle, Aristote, s^ils avoient eu Tàme aussi lâche que vous, sentiroient aujonrdmy de grandes afflictions et de terribles acceuoiree de damnation. Lb p. Gabassi, Rech, du Rech, de ht Est. Paequier, 1699, p. 988.

Un autre, aussi £diot que le premier, disoit :. . . Je me trouvay un jour en telle nécessité qn*i] me fallut consacrer le sang de J.-C. dans un chauderon. . . En cet acceetoire, je me trouvay en peine. - Id. , Dodr, eur,, 169/i, p. 987.

n (Garasse) blasme Pasquier de ne garder point d*ordre en Texplication des proverbes. • ., et cependant il tombe dans le mesme acce$$oire. - Deffence pour E$t, Pasquier, 169&, p. 558.

Gomme la pauvre dame laissoit son amant en td acceteoire, elle sentoit aussi fièrement sa douleur. - Ghâpilain, Trad. de Guzm, d'Alfar,, i63o, I, p. i&5.

Considère, je te prie, combien j^cstois mortifié en cet acceetoire, n'ayant pas seulement osé m'asseoir dessus son cof&e , de peur de Taigrir contre moy avec ma boue. - lo., ibid,, III, p. 68-69.

Il souffre autant que vous de ces aceeeeoiret, et ne se plaint pas.

Id., ibid,, III, p. 35û.

♦ En 1573, Nicot traduit : «Se voyant en cest aceeeeotreu ^ par ^dettituiiene illa pcrculsus», et, en 1606, il ajoute : «pour en ce dangern, — 1690, Monnet : ttAcceuoire, accident, cas fortuit; adversité de fortune ; accident qui arrive au corps, à Tâme et autres choses, au moyen de quoy que ce soit.» — 1611, i63a, i65o, Cotgrave : «Accessoire.,. a danger, great mischicfe, or trouble; also, an error, or discordes.» — 1676, Pomey : crSe voyant en cet accessoire, en cet état.» — ^^77» Gandin : Accessoire, état : tril me fut extrêmement fâcheux de me voir en cet accessoire.n — 1680, Richelet regarde Y accessoire miiquement comme : ce qui s'ajoute au principal. — 1 683 , Danet marque accessoire d'un signe qui veut dire que le mot se prend figurément : «Se voyant en cet accessoire, en cet état extraordinaire et fâcheux.» ■^- 1690, Furclièpe donne le mot, mais seuicmont dans le sens de : ajouté au principal. — 169 4 et 1718, rAcadémie française : ft Accessoire. U se prend aussi pour le mauvais estât où Ton se trouve. . . En ce sens, il est vieux.» — A partir de redit, de 17/10, ce sens disparaît.

20 ACCOISER — ACCOMMODER

ACGOISER, apaiser.

Adoucissons, lénifions et aceoUans Taigreur de ses esprits.

Pourc.y 1,8.

Accùiêer les bouilions des esprits et humeurs. - 6. Boughbt, Serin, IV, 69.

Si les couleurs semblent vagues au milieu de Tair, si elles s^aflbiblissent peu à peu, si en6n elles se dissipent, c'est que le coup que donnoit Tobjet présent ayant cessé, le mouvement qui reste dans le nerf est moins ^i^^ qu'il se ralentit, et enfin i'accoise tout k fait. - Bossuit, Cann. de Dieu, édit. orig.

* Ce mot, venu de ad et quieiui, se trouve dans nos plus anciens dictionnaires; cependant, dès 16/ia, Ant. Oudin le marque d'une étoile, comme vieux et hors d'usage; de même Dues et Ces. Oudin en 1660, et le Dict. fr,-itaL imprimé au château de Duillier, eu Suisse, en 1677. L'année précédente, 1676, on le retrouve dans Pomey, avec un renvoi k apaUer, mais on ne le trouve ni dans le P. Gandin, 1677, ni dans Guy Mi^, 1679, ni dans Richelet, 1680, ni dans Danet, i683. Furetière le reprend, en 1690, comme un vieux mot, et, en 169/i, l'Académie française le donne encore parmi les dérivés, non de coi, mais de coy, auquel la forme coi nous renvoie :

nAccoieer, calmer, appaiser, rendre coy. Accoieer les flots. Accoieer latempeste. Il vieillit. -— On dit en termes de médecine : accoieer les humeurs.»

Édit. 1718 : (rii vieillit.» Édit. de 17&0, 1769, 1799 : «II est vieux.» L'édit. de i835 ne l'admet plus.

Accommoder : i ^ satisfaire au point de vue de la fortune , enrichir.

9 06 3 N'est-ii point quelque fille

Qui pût accommoder le pauvre Mascarille? - UÉt., V, 1 1.

PlAt à Dieu que je les eusse, dix mille écusl. . • Cela m'accommoderait forti — UAv.f I, i.

Une libéralité qui accommode un homme ne l'oblige pas comme une qui lut sauve la vie. - Milh., Trad. de Sén., t. II, p. 696.

3/1 Un des Sh du Roy Catholique, Qui pouvoit posséder un jour. . .

Assez d'États et de provinces Pour en accommoder cent princes. - Id., ibid., i5 nov. 1669.

Ils apportent tout en conunun, pour en accommoder ceux qui en ont besoin.

Rac, Trad., t. Y, p. 6d5.

Mais, comme en l'épousant, le parti m'accommode. Il faut , jusqu'à l'hymen , que je vive à sa mode.

MoifTPLiOBT, Cotnéd, poèif , III, 1.

* Le participe accommodé équivalait à aieé, riche :

J ai découvert . . . qu'elles ne sont pas fort accommodées.

UAv., I, II.

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