IMPRIMERIE NATIONALE
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PUBLIC UBRAR^
AfTOM, LENOK AMO TILOCN rOOHOATIOMt.
Au point de vue de Thistoire et de la connaissance approfondie de la langue, les lexiques de nos grands écrivains en général, et un lexique de Molière en particulier, ont une utilité que nous n'avons pas à démontrer ici. M. Gaston Boissicr, secrétaire perpétuel de TAcademie française, en se faisant, sans nous connaître personnellement, le protecteur de notre livre; l'Académie, en attribuant un de ses prix à notre travail, sans demande de nous et à notre insu même; les savants membres de la Commission des impressions gratuites, en proposant de l'imprimer aux frais de l'Etat; enfin M. le Ministre de l'instruction publique, en accueillant cette proposition, ont suffisamment prouvé l'intérêt qu'attachent à des études de ce genre les hommes de France les plus compétents et les plus autorisés. Si nous ne nous sommes permis auprès d'aucun d'eux d'importunes sollicitations, nous avons d'autant plus à cœur de les assurer tous, et, entre tous, M. Gaston Boissier, de notre profonde et respectueuse reconnaissance, et de faire savoir quels concours bienveillants ont rendu possible la dispendieuse publication de notre ouvrage.
Depuis plus de trente ans, avant d'entreprendre notre Lexique comparé de Molière, nous avions réuni, par goût, par curiosité, sans but déterminé, environ deux cent cinquante mille fiches de locutions ou de mots, recueillis, les uns, au hasard de nos lectures, et les autres, quand nous avons conçu l'idée de notre Lexique, d'après un plan arrêté d'avance; pour ces derniers, nous avons dépouillé avec le plus grand soin, d'abord, ces écrivains à la langue forte et savoiureuse, dont la naïveté primesautière ne recule devant aucune hardiesse de langage, comme le P. Garasse, M'^ de Gournay, etc.; ensuite, les au-
leurs comiques et les romanciers populaires ou bourgeois, comme Quinault, Boursault, Montfleury, Poisson, Regnard, etc., puis Chapelain, Sorel, Furetière, etc.; enfin les poètes burlesques, comme Scarron, Saint-Amant, Loret, Dassoucy, chez lesquels nous trouvions nombre d'expressions d'un usage vulgaire, que nous aurions vainement cherchées parmi les classiques. Ceux-ci, d'ailleurs, n'ont point été négligés : on en verra la preuve dans nos fréquentes citations de Malherbe, Corneille, La Fontaine, Bossuet, Despréaux, Racine, etc. D'autres ressources se sont jointes h celles que nous fournissaient nos fiches : notre bibliothèque personnelle, qui compte de dix à douze miHe volumes du xvri* siècle ou relatifs au xvn" siècle, nous a permis de consulter, sans dérangement aucun , sans fausses manœuvres et sans perte de temps, outre les auteurs les plus variés, une collection comprenant tous les dictionnaires publiés, presque d'année en année, de t53o à la fin du xvii* siècle, et une cpiantité considérable de grammaires et d'ouvrages sur la langue. EnBn , les lexiques compris dans l'admirable Collection des Grands Ecrivains nous ont été d'un grand secours : nous y avons pris, non tous les exemples qu'ils nous fournissaient, mais un grand nombre, en y joignant presque toujours des indications complémentaires. C'est à cette collection aussi, parce cpi'il sera toujours facile de s'y reporter, que nous avons emprunté le texte de Molière , si consciencieusement donné par les savants éditeurs.
On s'étonnera peut-être que nous n'ayons presque jamais cité Littré : c'est que, d'une part, nous avons visé à ne pas faire double emploi avec son Dictionnaire; d'autre part, nous ne voulions pas, comme la plupart des lexiques, limiter nos citations à des membres de phrase contenant le mot sujet de l'article : nous tenions à rendre plus profitable la lecture de notre livre en offrant, autant que possible, des passages intéressants à divers titres.
Nous aurions fait plus et mieux , sans doute , si nous avions pu consulter des travaux analogues dont nous aurions cherché à reproduire les mérites , à éviter les défauts : nous n'avons trouvé aucun modèle ,
comme nous n'avons eu aucun collaborateur; aussi demandons-nous humblement au public lettré de tenir compte de nos efforts et de se montrer indulgent pour nos inévitables fautes. Éclairé par la critique, nous nous appliquerons à mériter plus complètement ses éloges lorsque nous serons en mesure de publier le nouvel ouvrage que nous avons osé entreprendre, un Lexique de la langue de Bossuet,
Aîx-les-Bains, le lo novembre 1898.
Ch.-L. LIVET.
LEXIQUE
COMPARiB
-^>«îhCr-
t^ A, prép., avec un infin., équivalant à en avec un partie, prés.
179 Monsieur, vous vous moquez, j'aurois honte à la prendre.
Dip. am,y I, 3.
Une oreille un peu délicate pâtit furieusement à entendre prononcer ces mots-là. - Préc. ridic. , se. i.
5oo Votre choix est tel
Qu'à vous rien reprocher je serois criminel. - Sgan., se. 20.
1689 L'allégresse du cœur s'augmente à la répandre.
Éc. des Fem.y IV, 8.
1336 i4 le bien jpr^re, au fond. - Ibid.y IV, 6.
i 359 Et que puis-je résoudre, à voir cet homme mort? - Ibid. , V, 1 .
1683 II faut avec vigueur ranger les jeunes gens,
Et nous faisons contre eux à leur être indulgents. - Ibid.y^j 7.
A prendre le mot dans la plus mauvaise signification.
Crit. de VÈe, desFem., se. 3.
8& Il n'est à la Cour oreille qu'il ne lasse
A conter sa bravoure et l'éclat de sa race. - Misanth., I, 1.
i65& A yons faire éclater notre zèle aujourd'hui.
Nous craignons de faillir et de vous méconnoitre.
Amph., III, 5.
Pai dit à la mère le dessein que vous aviez conçu pour Marianc à la voir passer dans la rue. - UAv.y II, 5.
^ iarai»kat> ii.ii«»*Lk.
Et Ton ne devient guère si riches à être honnêtes gens.
Bourg, gent, , III , m.
Elle avoit , à pleurer, une grâce touchante. - Fourb, de Scap, , I , ^ .
78 Ma tristesse redouble à la tenir secrète. - Gorr., Le Cid, I, 3. 88/1 Allons nous délasser à voir d^antres procès. - RiCf Plaid,, III, k.
Nous n*en apprenons Part €[a*à hanter vos écoles.
Th. Gom., Amour à la mode, II, 8.
J^aurois cru faire un crime à vous rien déguiter,
Id. , Charme de la Voir, III , 1 .
J'ai fort bien discerné sa foçon de marcher,
Et j'ai connu sa mère à l'entendre parler. - Quinadlt, L'Amant indUci-et , 1 , 1 .
Écoutez, j'aime â rire, et je souffre à me taire,
MoNTFLiuRY, Cotndd. poète , IV, 1.
Beau-frère, àjuser par la mine,
La sœur a quelque gram de vertu masculine. - Id., ibid,, III, 7.
2® A, prép., avec un infin., équivalant à lorsque avec un mode personnel.
Les filles ont toujours honte à témoigner ce qu'elles ont dans Tânie.
LMt;.,II,6.
G'est à rendre Tespnt qu'on voit ce qu'un bommc a dans le cœur.
MiLH., II, 367.
7^1 Abl Mélite, pardon! Je t'offense à nommer
Gelle qui m'erapécba si longtemps de t'aimer. - Gorr., Mélite, III, ii.
&3/1 A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. - Id. , Le Cid, II, 3.
Il (l'homme) ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre.
La Brut., II, a 6.
Je n'en connois aucim, et tous, à le» entendre.
Sont mes meilleurs amis, et viennent me surprendre.
Regrard, Ménechmet, IV, 6.
3® A, prép., avec un infin., équivalant à un verbe à un mode personnel précédé de qui, sujet.
La voilà aussitôt à sentir tous les maux do rabsonco.
Mal, imag,, 11, 5.
* G'est-à-dire qui tent,
Ii^ A, prép., avec un infin., équivalant à un mode pei*sonnel précédé d un relatif complém. direct.
i446 Vous avez d'autres yeux à pouvoir consulter, - D. Gare, , IV, 9.
♦ C'esl-à-dire que voh$ pouvez coneulter.
5° A, prép., etiy dans, avec un nom de personne.
Ce sont de beaux morveux, de beaux godelureaux. . ., et je voudrois bien savoir quel ragoût il y a A eux. - UAv.y II, 5.
Aussi n*y a-t-il gens aa monde à qui plus \6i le courage s^abaisse qu*^ ceux à qui il s^élève sans occasion. - Malh., II, 77. - Trad, de Sinèq,
91a S*il ne revivoit pas auprineê Nieomède, - Gobr., Nieom., III, a.
Voyant bien quMl ne failoit plus avoir d^espérance au marquii.
FuBRiiti, Rom, bourg,, p. 101.
i3&i Mais sa force est oti Dim dont Tintérét me guide. - Rac, Ath,, IV, 3.
6^ A, prép., en, dans, avec un nom de chose.
1/16 Je ne me trompe guère aux choses que je pense.
Dép. am., I, 3.
i5i Et quand nous nous mettons quelque chose à la tête.
Ee, des Mar.^ I, 3.
537 Et j'en ai refusé cent pistoles, crois-moi,
i4tr retour d'un cheval amené pour le Roi. - Fi^A. , II, 6.
En votre place, j'achèterois une belle tapisserie. . . que je lerois mettre à sa chambre. — Atn. méd., I, 1.
879 Madame, Tamitié doit surtout éclater
Aux choses qui le plus nous peuvent importer. - Aft^antA. , III , A.
16&9 Laissez-moi m'assouvir dans mon courroux extrême.
Et laver mon affront au sang d'un scélérat. — Atnph., III, 5.
Ce sont . . . des emportements de jeune personne qui n'a encore rien vu, et ne fait que d'entrer au monde. — G. Dand., III, 6.
Je trouve en votre personne dequoi avoir raison aux choses que je fais pour vous. — UAv., I, 1.
Nous n'avons rien reconnu au mémoire que nous avons. - Ibid. , III, A.
Elle a une aversion horrible pour le jeu, ce qui n'est pas commun aux femmes d'aujourd'hui. - Ibid., II, 5.
Voici bien du trouble et du désordre au contrai que vous vonoz de faire. - Ibid,, V, 5.
98 De vous claquemurer aux choses du ménage. - Fem. sav., I, 1 .
99 Ainsi, n'ayant au cceur nul dessein pour Clitandre. - Ibid., I, 1.
68 Nous saurons toutes deux imiter notre mère :. . . Vous, aux productions d'esprit et de lumière. Moi, dans celles, ma sœur, qui sont de la matière. - Ibid., 1, 1.
981 Aux baUadeê surtout vous êtes admirable.
— Et dans les bouts-rimés je vous trouve adorable.
Fem. sav., IH, 5.
1670 Gardez que cette humeur, mon père, ne vous change.
Il m'envoie à sa place.
Mal. imag.y II, 3, édit. i683, i6g& : tren saplaceTt.
68 Es Tauront pour guide aux êentierê de la psdx. - Cobr. , Office de la Vierge.
S^adressant â lui À même temps. - Sbobais, Nouv, franc., W Nouv. , p. 1 67.
Ce qui est nature aux animaux , nous Tappelons misère en l'homme.
Pascal, Peméeê, édit. Molinier, 1, 71.
Les seules règles naturelles sont les loix du pays aux choses ordinaires, et la pluralité aux autrm. - Id., ibid., I, 100.
La cabale Pyrrhonienne consiste à eeite ambiguUé. - Id., ihid., I, 170.
N^ayez point conGance aux paroles de mensonge. - Id., ihid., I, 328.
Je m^engagerois à un trop long discours si je rapportois ici. . . toutes les raisons naturelles qu portent les vieilles gens à se retirer du commerce du monde.
La Rocbbf., I, 345.
N*est-ce pas ridicule de voir (dans VÉcole dei Femmet) Arnolphe enseigner eu pleine rue à Alain et Georgette comment ils doivent faire pour empêcher Horace d^entrer à son logis? - Zélinde, i663, se. 8.
Agamemnon revint à son pays. - Bac, VI, 91. - Rem, êur VOdyuée.
786 Mettons le sceptre aux mains dignes de le porter. - Id., Phèdre, II, 6.
Je suis ravie du bonheur que vous avet eu à tout ce que vous avez entrepris.
Sév., I, 39a.
On ne croit pas qu*il y ait du poison à son affaire. - Id., VI, 919.
N^osant avaler le morceau qu^ils ont à la bouche , ils le jettent à terre.
La Bbot. , 1, aai.
G*est son visage que Ton voit aux almanachs représenter le peuple ou l'assistance. - Id., I, 386.
Vous vous trompez fort à votre calcul. - Rbonabd, Hom. à h. fort., I, 5.
3|c Voiture emploie très souvent tantM à, tantôt en, après les mêmes verbes.
Je pmse trop souvent en vous. - Voitubb, i656, p. 78.
J*ay fenti toute la nuit aux deux personnes que vous sçavez. - Id. , ibid. , p. 1 96.
Dans cet espace de temps, je êongeay. . . trois ou quatre fois en Mademoiselle ... ; le reste je Temployay à penser en Madame votre mère et en vous. - lo. , ibid. ,p. 999.
Je êonge à tous les services que je vous ay rendus. - Id., ibid., p. 3oo.
Quiconque auroit part en vostre esprit se pourroit vanter d^estra en la plus haute place du monde. - Id., ibid., p. 176.
Sans rien coniribuer de mon c6té, j'ay part au pro6t. - Id., ibid., p. 385.
7® A , prép. , chez.
3o5 Et je vais de ce pas au Prince ^ pour lui dire . . .
Princ. iÈ., I, 3.
1/109 Armande, prenez soin d'envoyer au notaire. - Fem. aav. , IV, A.
1 &37 Pour dresser le contrat, elle envoie au notaire, - Ibid., IV, 5.
Est-ce ainsi, n^;ligente,
Qu^on court ou médecin, lorsque mon mal augmente?
MonrFLiUBT, Dame médecin, IV, 6.
8® A, prép., pour.
1993 Des biais qu'on doit prendre à terminer nos vœux.