BADAUD
donne, en iSBg, babiUartf babiUarde, et, en iS/ig, habillard, bMllaréê, qniiepinl dans ie Nicoi de 1673, 1606, etc.
1673. Nicot dit : babu. , de Babd ou Babylone. Les dictionnaires postërieiin ne rcprodiMaâ pas son ëtymologie; en i65o, Ménage la reprend; mais, contre son halntade, as fine remonter ie plus haut possible, il 8*cn tient à Titalicn bambino, et k Tanfllais bmbê, eafat, babble, babiller, parler comme un enfant. — Nous croyons que le mot oabê est «ne «1matopëe formée sur les premières syllabes que prononce 1 enfant, et que c'est de ft« cflet que viennent babe ou baby (bébé) et tous leurs congénères.
Avec Joach. Perion, nous pourrions remonter au grec jSefâiC, bavard « qui nfpdb également les premiers sons formés par Tenfant.
L'origine de babil étant expliquée, babil ayant pris place dans la langue, il deveMl facile pour Tesprit populaire de le rattacher à Babel et, par suite, k Bûmfhmê, — Jfik basque ni le breton nont d'analogues; mais l'islandais donne bob, enfant, d*oà Vtaffm babe.
Barbier d'Aucour, dans ses SentimenU de Cléante eur le$ entreiiênê ^AnaU eH ^Ewfktf reproche au P. Bouhours d'avoir raillé le babil des femmes; il ajoute : gCruyei-y— , Monsieur, que ce mot soit du bel usage, pour parler le langage de l'auteur? Gela me tt ressouvenir d'un auteur grave, qui écrit dans un grand livre que les hommes ont bMili tour de Babd, et les femmes la tour de BabiLn - Ouvr, cité, 1671, p. 117-iao.
Badaud.
Ehl Messieurs les badauds, faites vos affaires. — Pourc., I, 3.
Elle me vit jeune garçon, le bec jaune, l'embonpoint refait, niais et Usai; je luy semblay un bon sot de village.
Chapilair, Trad. de Guzm. d'Alfar,, i63o, I, p. 46.
7a Paris est un grand lieu plein de marchands mêlés. . .
Il y croit des badaude autant et plus qu'ailleurs. ~ Gobn., MenL, I, 1.
Ah I folle que je suis d'aimer trop ce lourdaut I Encor s'il estoit beau I Mais ce n'est qu'un badaut.
Gilet db la Tbssoiiiibbib, Demiaiaéy IV, 3.
Te raconter que Paris a son Roy?
Tu le sçauras par d'autres que par moy . . . Que l'on commence à redire «rEminence», Que le badaud de nouveau refinance.
ScARRoii, OEuvr,, Paris, David, 1700, I, 1&8.
A ce beau son, vingt dodelucs Serrent la patte à vingt lourdauts , Qui meslent ceut gestes badaute A cent postures dissolues.
SAiRT-AMAfiT, OEuvr,, Biblioth. cliév.. Il, p. Aoi.
noo On voyoit courir le badaut
Pour se sauver sous une porte. - Lorbt, Muze hittor, , 1 a juin 1 655.
Donner à tel lourdaud femme si peu lourdaude.
Ma foi, c'est avoir l'âme honnêtement badaude, ^
MofiTrLBURT, Ec, des Jaloux, II, 6.
Monsieur, parlons encor de Paris, je vous prie.
— Paris! Je suis badaud, Mon^^icur, c'est ma patrie. - Poisson, Fem. co^., 111, i.
Paris n'a jamais vu nailre un sot si Ifadaud.
— Mais il fait le marquis et le porte fort haut.
Id., L'Après-^inê dee aubêrgn, se s.
BADIN ld&
B ne faut que les feues d'an singe pour mettre tous les badaudi en campagne.
Kbgiiard, Crû, dé VHwn, à h, fort,, se. a.
Hf. Nous trouvons le mot pour la première fois dans le Dict, JrAaL de Bob. Estienne 56 9) sous la forme badauU, badatddê, badêlori, badin, et avec la traduction de ineptuê.
On dit tries badauds de Paris,» comme tries ahuris de Ghaillot,» comme (des Gacous ! Paray,i» etc. D*où vient cette expression? Ménage la tire de Titalien badar, regarder; IDS son Dict. de l'anc, lang,fr. M. Godefroy donne sous la même rubrique les formes er, baer, baier, bayer, beier, beyer et bader. Encore en 1690, Monet, dans son ParallèU m deux long, lat, etfr, dit : vBader, béer la gueule; badé, gueule badée, béante;» mais icun autre lexique ancien n'a recueilli ce mot , rappelé cependant par Furetière : «Badaud, t-il, sot, niais, ignorant. G*est un sobriquet injurieux qu'on a donné aux habitants de iris, à cause qu'ils s'attroupent et s'amusent à voir et à admirer tout ce qui se rencontre i leur chemin, pour peu qu'il leur semble extraordinaire. . . Le mot vient apparement du mot italien badar, qui veut dire regarder. . . On disoit autrefois en firanç. bader, >ar dire : tenir la bouche ou la gueule ouverte et béante, n
Voltaire, dans son Dict. phUoê., repousse le sens de ineptue, donné par les anc. dict. lat.anç. , et de tôt, niais, ignorant, du Dict. de Furetière : il le fait venir, lui aussi, de l'italien dâr; il ajoute : «Si on a donné ce nom au peuple de Paris plus volontiers qu'à un autre, est uniquement parce qu'il y a plus de monde à Pans qu'ailleurs, et par conséquent us de gens inutiles qui s'attroupent pour voir le premier objet auquel ils ne sont pas coutiunés. . . Il y a des badauds partout, mais on a donné la préférence à ceux de Paris. n
Voir dans le Dtct. étym. de Ménage (édit. de 1760) les bizarres étymologies imaginées ir le P. Labbe , et dans Furetière une autre non moins étrange.
ADIN, insensé.
61 Ma foi, j'en suis d'avis, que ces pcnards chagrins
Nous viennent étourdir de leurs contes badins. - UÉt.^ 1,3.
9&5 Et pourtant Trufaldin
Est si bien imprimé de ce conte badin. . . - Ibid., III, s.
111 Moi, jaloux? Dieu m'en garde, et d'être assez badin
Pour m'aller emmaigrir avec un tel chagrin. - Dép. am., 1,9.
Nous voyons les Gomedians Italiens masquer leur Pantalon, et le Françoin badin se barbouiller et fariner de farine. - Guill. Bouchbt, Serées, I, iSg.
n vaut mieux faire plaisir d'un pied à un honnestc homme que d'un doigt à un sot et badin. - Labivet, Le Fidelle, V, 3.
Pour les louanges que vous donnez à Glément Marot, pource que c'est un badin, je n'en dis mot; seulement vous respons-je qu'il méritoit a être loué de vastre plume. Lk p. Garasse, Bech. des Bech. de Af Est. Pasquier, i6aa, p. 966.
Quand nous avions compagnie à disner . . . , nous servions avec grand respect . . . les gens de qualité. . . ; mais les importuns, les sots et les badins, qui venoienl sans mander, nous leur faisions mille niches.
GBAPBLAiif, Trad. de Guzm. d'Alfar,, i63o, II, p. 98.
Pouvois-je estre plus badin et plus sol qu'en recevant toutes sortes de visites indifféremment? - I»., ibid,, 111, p. litig.
Ce badin. . » de Platon. . . nous veut repaître de ses idik^s chimériques.
SoREL, Polyandre, i6/i6,Il, i']']*
IttaL t7«e, I, p. >)«•
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