‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 154 sur 455 · BADIN · texte numérisé non relu

BADIN

Il ne faut que les fesses d*im sin^ pour mettre tous les badaude en campagne.

nioNABD, Crit, de VHom, k h, fort,, se. a.

^ Nous trouvons le mot pour la première fob dans le Dict, Jr.-lat. de Rob. Estîenne 5&9) sous la forme badaud, badaiddê, badêlori, badin, et avec la traduction de ineptui.

On dit tries badauds de Paris,» comme «les ahuris de GhaiUot,» comme des Gacous ; Paray,)» etc. D*oà vient cette eimression? Ménage la tire de Titalicn badar, regarder; ins son Dict. de Vanc, lang.fr. M. Godefiroy donne sous la même rubrique les formes «r, bœr, baier, bayer, beier, beyer et bader. Encore en i6flO, Monet, dans son Parallèle tê deux lane» lot. eifr. dit : ffBader, béer la gueule; badé, gueule bad^, béante;» mais icun autre lexique ancien n^a recueilli ce mot , rappelé cependant par Furetière : rcBadaud, li-il, sot, niais, ignorant. G^est un sobriquet injurieux qu^on a donné aux habitants de aris, à cause qu'ils s'attroupent et s'amusent k voir et à admirer tout ce qui se rencontre 1 leur chemin , pour peu qu'il leur semble extraordinaire ... Le mot vient apparemlent du mot italien badar, qui veut dire regarder. . . On disoit autrefois en franc, bader, >ur dire : tenir la bouche ou la gueule ouverte et béante. »

Voltaire, dans son Dict, philoe,, repousse le sens de ineptue, donné par les anc. dict. lat.anç. , et de «0/, niais, ignorant, du Dict. de Furetière : il le fait venir, lui aussi, de l'italien tdar; il ajoute : «Si on a donné ce nom au peuple de Paris plus volontiers qu'à un autre, est uniquement parce qu'il y a plus de monde k Paris qu'ailleurs, et par conséquent [us de gens inutiles qui s'attroupent pour voir le premier objet auquel ils ne sont pas ^coutumes. . . Il y a des badauds partout, mais on a aonné la préférence à ceux de Paris. n

Voir dans le Dict, étym. de Ménage (édit. de 1750) les bizarres étymologics imaginées ar le P. Labbe , et dans Furetière une autre non moins étrange.

IadIN, insensé.

61 Ma foi, j'en suis d'avis, que ces penards chagrins

Nous viennent étourdir de leurs contes badins, - Ubt,y I, s.

9&5 Et pourtant Trufaldin

Est si bien imprimé de ce conte badin. . . - Ibid., III, s.

111 Moi, jaloux? Dieu m'en garde, et d'être assez badin

Pour m'aller emmaigrir avec un tel chagrin. - Dép, am,, 1,3.

Nous voyons les Gomedians Italiens masquer leur Pantalon, et le François badin se barbouiUer et fariner de farine. - Gdill. Bouchbt, Serées, I, 139.

n vaut mieux faire plaisir d'un pied à un honncste homme que d'un doigt à un sot et badin. - Laritbt, Le Fidelle, V, 3.

Pour les louanges que vous donnez à Glément Marot, jpource que c'est un badin, je n'en dis mot; seulement vous respons-je qu'il méritoit aétre loué de vostre plume. Lb p. Garasse, Rech. des liech, de M' Est. Pasquier, 169a, p. qGS.

Quand nous avions compagnie à disner . . . , nous servions avec grand respect . . . les gens de qualité. . . ; mais les importuns, les sots et les badins, qui vcnoienl sans mander, nous leur faisions mille niches.

Gbapblain, Trad. de Guzm. d'Alfar,, i63o, II, p. 98.

Pouvois-je eslre plus badin et plus sol qu'en recevant toutes sortes de visites indifféremment? - 1»., ibid., 111, p. hhg.

Ce badin. . , de Platon. . . nous veut rcpallre de ses idr^os chimériques.

SoRBL, Pohjandre, i6â6,II, 17*;.

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