‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 24 sur 455 · ACCROIRE (EN FAIRE) — ACHEMINER · texte numérisé non relu

ACCROIRE (EN FAIRE) — ACHEMINER

f 901 Un homme un peu content et oui i*mfait aecroin,

Se voyant méprisé, rabat bien ae sa gloire. - Coix., Suite du Mmt,, IV, i.

Phébus, enflé de sa victoire, l^m/ttUaii, dit-on, tant accroire Qa*on n*ofloit plus le regarder.

Dassouct, Ovide en beUe humeur, i65o, in-4*, p. 91.

Jamais homme de cour, sans trop m'en faire accroire, N*a su si bien que moi tourner tout è sa gloire.

QuiHAULT, La Mère coquette, V, 1.

J^ai ou! dire à un bon prédicateur que Dieu cbangeroit plutôt un garçon en fille avant qu'il soit né, pour humilier un homme qui e'enfait à croire, . .

Ric, Lett. à If'' Vitart, mars 1669, VI, &5o.

Étoviai (Mouàu). U est vray qu^avec quelque gloire

L*on me vit paroistre è ta Cour, Et, sans par trop m'en faire accroire, Je sçay faire figure en ce brillant séjour.

Lb Boulahgii de Cbalussit, Elomire hypocondre, 1670, I, 3.

1^ Corneille, Bossuet, Molière, accroire; Racine, à croire. — Vaugelas dit i ce sujet : 9 Accroire, C'est un excellent mot , tant s'en faut qu'il soit mauvais comme se l'imaginent plusieiirs, qui ne s'en servent jamais, mais disent toujours /otr^ croire; car il y a cette difl<irenee entre faire croire et faire accroire, que faire croire se dit toujours pour des choses vraies, ei faire accroire pour des choses fausses.»

Dans leurs Remarquée eur Vaugelae, Th. Corneille et l'Académie française confirment cette remarque : 9 Accroire est un mot dont tous ceux qui parlent bien et écrivent bien se servent. Rien ne prouve mieux que faire accroire se dit toujours pour des choses fausses que cette façon ordmaire de parler : H e'en fait beaucoup accroire, pour dire qu'un homme prend de la fierté d'un mérite qu'il n*a pas. . . On dit encore : On voue en fait bien aeeroire, pour dire : On vous en donne à garder.» - Th. CoaH.

9 Faire accroire est une fort bonne manière de parler, et donne toujours l'idée que relui de qui on le dit a eu raison de faire croire une chose qui n'étoit pas vraie. G est dans ce sens qu'on dit qu'un homme e'enfait accroire, pour faire entendre qu'il prend de lui des sentiments trop avantageux, et qu'il s'attribue un mérite qu'il n'a pas. É faut écrire aeeroire avec deux c et en un seul mot, comme le marque M. de Vaugelas, et non faire à croire. rt - Agad. fb. Voir Vaugelas, édit. Chassang, I, &oa-4o3.

Le Dictionnaire de Richelet, dans son édition de 1719* prétend qu'on prononce aeeroire,

ACHEMINER, conduire.

1619 Haï Frosine, la joie où vous nCaehemnez, . . - Dip. am,, V, &.

176 De nous voir en votre navire

A si bon port acheminée. - Mile., I, 916.

C'est la plus grande nouvelle que le Roi pût recevoir, et qui achemine la paix.

Siv.,V, i&S.

4c Le Dict, fr.-laU de Rob. Estienne (iSSg) ne donne pas ce mot, qu'on trouve dans Fédition de 1569. — Le Nicot de 1606 se donne la peine de l'expliquer : 9 Acheminer. . . signifie, proprement prins, radresscr et mettre au chemin celuy qui n'y est pas, tout ainsi que l'espagnol encaminar. . , et l'italien inviar. , ., selon lequel verbe italien, envoyer

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