‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 252 sur 455 · Voyant de ses yeux tous les brillants baisser · texte numérisé non relu

Voyant de ses yeux tous les brillants baisser

Tort,, I, 1.

1017 Ne vous enflez donc point d'une si grande gloire

Pour les petits brillants d'une foible victoire. - Misanih., III, 4.

igi Comme, par son esprit et ses autres brillants y

Il rompt l'ordre commun et devance le temps. - Mélic.y 1,4.

804 Et si je rends hommage aux brillants de leurs yeux. . .

Fem. sav., III, 3.

Aristotc dit qu^il y a des absurdités qu^il faut laisser dans un poème;. . . il est du devoir du poète, en ce cas, de les couvrir de tant de brillanti qu'elles puissent éblouir. - Corn., Examen du Cid.

Il ne failoit point que les belles laissassent à la pluspart des laides cet avantage de les esgaller par la tromperie de quelques brillants qu'elles avoient dans les yeux.

SoREL, Polyandre, I, p. a a.

Qu'au brillant de mon astre on va porter envie I

Th. CoRir., Comt. d'Org., IV, 6.

Quoyque cet amour n'eust commencé que par Tesprit , le tendre héros fut tellement esbiouy de ses brillons qu'il ne reconnut plus aucune imperfection dans le corps. - Fi'BBTiàBi, Rom. bourg., p. i65, bibl. elzév.

La confidence qu'Horace fait à Amolphe de son amour, qu'Elomire (Molière) advoue luy-mesme dans sa Critique (de l'École des Femmes), et ce qui fait tout le brillant de sa pièce, est une histoire de Straparole. -- Zélinde, i663, se. 8.

Je trouve que les fautes d'Élomire (Molière) sont plus pardonnables que celles des autres, puisqu'il n'en fait gueres qu'il ne les couvre de quelque brillant^ afin de nous empêcher de les roiuioislrc. — Je les developporay bien , malgré tous leurs brillants. - Ibid. , ibid.

â9/ii BRIMBORION

Elle a tant de mérite ! Un tel brillant d'esprit !

HiUTBROCBE, Bourg, de quoi, i, h.

Je confonds, Dieu me damne, et la mère et la fille;

Ce brillant si flcury qu'en toutes deux je voy . . .

— Ah I non, monsieur, ma fille est plus jeuoe que moy. - Id., Aid., II, h.

La fortune offre aux yeux des brillants mensongers. - Rbghaho, Jouewr, IV, i3.

Et tous les vains brillants dont la fortune éclate

Ne sauroient éblouir un cœur comme le mien. - Id., Légat, ufitv., ¥, i.

Brimborion , bagatelle.

Je ne vois partout que blancs d'œufs, lait virginal, et mille autres brimborions que je connois point. - Prie, rid., se. 3.

567 Et cent brinJforions dont Taspect importune. ~ Fem. sav., II, 7.

Ventre-bleu I que de guenilles, que de haillons et que de brimborionë il y a làdedans I - D'Odvillb, Contes, i6/i2; Paris, Jouaust, i883, II, p. 98.

La gloire d'ôlre un jour le gendre d'un bourgeois. L'ardeur de mettre à fin une intrigue si belle,. . . L'amour. . . enfin. . . ma foy, tous ces brimborions, Ma pauvre enfant, ont mis ma cervelle en débauche.

CHiMPMBSLé, Crisp, chev., se. 1.

Quoy ! tu vas froidement quérir les bistouris et tous ces brimborions pour me tailler en pièces, et lu veux que je demeure! - Hactbbogbb, Crisp. méd., 11, 6.

Sa5tillane, montrant à Léonor sa femme, son mouchoir et ses moustaches :

Tous ces brimborions ne sont pas nécessaires. - Moiitplbubt, Ée. des Jaloux, I, i

Jocrisse , une bride à la main :

Comment diable est-ce donc que cela se bricole ?

Que sert ce fer? Pourquoi ces brimborions-là f - Poisson, Foux diverL^ II, u.

11 y a sans cesse ù faire autour dVlle : tantôt c'est du blanc, tantôt c'est àa rouge; tantôt c'est un gros bourgeon qu'il faut raboter; et que sais-je? cent mille brimborions. - Regkard, Crit. de VHom. à b.fnrt., se. 9.

le (rLe mot de brimborions, dont nous usons quand nous disons que quelqu'un dit ses brimborions f vient du latin breviarium.7) - Pasquibb, Rech., VIII, 4 a.

Le J*. Garasse ne pardoime pas à Pasquier d'avoir montré un lien étymologique entre breviarium et brimborion : «rj'attendois bien, dit-il,. . . que vous viendriez enfin à descharger quelque coup sur le Bréviaire, à i'imitiilion de vostre bon autheur Rabelais : car c'est de luy que vous avez puisé ces mots de gueule, cl de l'assortiment de sa bibliothèque, en laquelle il y avoit vingt et quatre Bréviaires ou brimborions en tous marges, etc.»

Cotgrave écrit bien (1611, i63a, t65o) : frll dit ses brimborions, for armoire», «rt confirme ainsi i'élymoiogie de Pasquier, acceptée par Ménage. Mais Cotgrave, mais le Diction. fr.-Jlam, de i6A3, donnent brimbeur comme employé simultanément avec fcnbeur, caimaiideur de bribes. Ne serait-ce point là une autre racine du mot? M. littré repousse celle élyniologie, et le passage suivant de Bouchet {Serées, i58/i, ëdit. Roybet, chez Lemerre, t. IV^ p. i83) lui donne raison :

Klle le pria d'allenclro jusques à ce qu'elle oust dit certains mots et oraisons qu'elle avoit accousUmié de dire toutes los fois que le mal des dents luy prenoit, avant apprins rc> breborions do sa grand'nièro.

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