S CALENDES — CAMISOLE
Donnez , page. — Monsieur. — Ma calèche est en bas t '
QciRAOLT, La Mèn coqmêUt, U, i.
pHiLiPiir. Je veux avoir douze Marquis pour me servir de valets, avec une ctlèchê toute couverte de nonpareils. - Di Villiirs, Veng. in Marquis y i66&,sc L
Vite, allons, ma calèche! — Ah I c*est trop de moitié.
. Th. Cou. , D. Jumm, IV, i
Il est sorti à six chevaux; il a pris sa petite calèche, - BiROii, Coquaitê, II, t.
C'est pour cette calèche, k velours à ramage? - Rkoiiaid, Joueyr, III, 7.
3|c Voir CaiTOête,
Le plus ancien emploi que nous connaissions de ce mot se trouve dans Scudénr, qui 1 dédié un de ses sonnets va Philit dan» une caUgen. {Poéeies, i6/t6, in-&% p. 16.) — le i65o, Ménage, dans ses Origine», tire calèche de earru», careeea, mais non de Titafiai, et, en effet, aucun Diction, itat.-fr, oufr.-ital, antérieur à 1680, ne donne ni ealèeke,m eale»»o, qu'on trouve plus tard traduit par cabriolet, voiture à deux roues, à deux dImci et à un cneval. Les premiers dictionnaires où figure calèdtê sont ceux de Guy Miège (1079), de Richelet (16B0), de Furetière (1690) et de TAcadéroie (169&).
En 170S, le genre du mot n'était pas encore bien fixé, car Leven de Templery dit: (r Calèche est assurément féminin . . . Cependant qudques personnes font ce terme mascafin, à l'exemple de caro»»e.rt (Ia génie et la polite»»e de la langue françoiee, p. IS9.) — La premières éditions des Fâcheux portent galéche, que nous avons retrouvé dans Scadéryd dans Brébeuf.
Calendes.
1607 Veuillez, au lieu d'écus, de livres et de francs. Nous exprimer la dot en mines et talents. Et dater par les mots d'ides et de calendes. — Fem. sav.y V, 3.
^ Los Roinniiis datniont par ides et calendes : \ps rnleiide» étaient le premier jour di mois, coiiiinc les ide» élaiont le treizième ou le quinzième, selon le mois. - Voir Ide».
Calomnier à . . .
io35 Otioi? — Langue de serpent fertile en impostures, Vous osez sur Célie attacher vos morsures. Et lui calomnier la plus rare vertu. . . - LLl, lli, 4.
* Rrct fait juslcincnt remarquer qu'on ne dil pas : calomnier à quelqu'un pour calomnier en quelqu'un.
Camisole.
Quatre garçons tailleurs entrent, dont deux lui arrachent le haulde-chausses do ses exercices, et deux autres la camisole.
Bourg, ffent., 11, 5.
Sa Majeslô, a])ivs Ip déjeuner, ôte sa robe de chambre, et le maître de la girdfrobe lui lire la camitole de nuit par la manche droite, et le premier valet de garde-
ÇAMON 333
robe par la maûche gauche ; ouis il remet cette eamUoh entre les mains d^un des officiers de la garde-robe. - Etat de la France pour iSgS^ I, p. 965, 366.
Barbier d^Aucour, dans ses SentimenU d§ QéanU wur U% Entretient d'ArUte et d'Eugène, par le P. Bouboors, décrit ainsi la gravure qui précède la première édition de Touvrage da savant jésuite :
Sur les sables brûlants et sous le soleil qui les brûle, on voit Ariste et Eugène qui sont sans chapeau, sans souliers, sans chausses, et qui n'ont pour tout habit quWe façon de camisole qui à peine va jusqu*aux genoux. - 1671, p. 965.
J'ai dit à M. de Bonac que vous me ferez plaisir de m'apporter seulement de bonne flandle, vraie Angleterre, de quoi me faire deux camiêidet.
Rac, Vil, 3o9 : Lett. à ton fit J,-B, Racine (1698).
« fxCamiade, dit Furetière, petit vêtement qu'on met la nuit ou pendant le jour.»
[^AMON, interjection.
ÇAimon vraiment I il y a fort à gagner à fréquenter vos nobles.
Bourg, gent.y III, 3.
Çamon, ma foi! J'en suis d'avis. — Mal. imag., I, a.
Çamon, c'est bien le temps de faire des bombances. - Rkgnabd, Vendanges, se. 1.
Tu ferois bien mieux d'acheter un bon mari. — Çamon, voilà encore un plaisant fretin que les hommes! - 1d., Crit. de l'Homm. à h, fort,, se. 9.
3t( Ce petit mot a fait verser des flots d'encre. Les plus anciennes explications que nous en trouvions sont celles de Dubois (Sylvius), en i53i, et de Joach. Perion, en i55A :
ttCh'ett moût, dans une réponse affirmative, vient de a hoc est multumn, cela est beaucoup, moût pour moult^n - Jac. Siltii, Gramm, lot. gaU,, i53i, p. i65. - Cf. notre volume Intitulé : La Grammaire française et les grammairiens au iri' siècle, p. ^7.
Un gentilhomme assembla les avocats, leur proposant un doubte, assavoir mon si. . . ou si. . . - GniLL. Boochit, Séries, édit. Roybet, chez Lemerre, IV, p. 198.
Mais voici des exemples ou ce a mon, c'est mon préparent la forme çamon. La Reine de Navarre , pariant d'un prêcheur, dit :
Si l'on disoit en oyant un sermon.
Il a bien dit ; je répondrois : ce a mon.
Vous venez donc de Paris, maître Henry. — C'est mon, répondit l'autre dans son patois. - D'Outillé, Contes, iGVi; Paris, Jouaust, i883, I, p. 69.
1899 Ardez, vraiment, c'est-mon, on vous l'endurera. - Gobr., Gai. du Pal., IV, m.
De ces derniers exemples, il semble résulter que c'est mon, ou par corruption, çamon •erait devenu équivalent de c'est mon avis. — Telle est aussi l'explication de Furetière.
«Parmi les adverbes propres d'interrogation, il en est plusieurs dont l'origine est inconnue à moi , et , je pense , à bien d'autres. Et d'abord , mon que nous employons ainsi : il sçavœr ou scavoêr mon, si, pour ulrum, quand nous interrogeons. G'est, dis-je, un adverbe grec, écrit exactement avec les mêmes lettres; car fiS» avec o5 et l'accent circonflexe •îgnîfie utrum. •
32i CAMPAGNE
«En dehors de rinierrogation, en affirmant quelque chose, qae nous aoyoat înteiTOgés ou non, nous disons un autre mon, qui vient du mot grec iti» pour à la wàité, ceria, en changeant e en o. Par exemple, s'at mon, lorsqu^on affirme : il est venu. Ici il doit être écrit par s , s'est mon, avec Tapostrophe , parce qu^il signifie : fte ut, ainsi est ...» - Joacb. Pkiiorii, Didogorum de ling, gall, otigine libri IV; Paris, i55&, p. i&6*.
Mais on trouve mon avec tout autre verbe que être :
Par saint Jehan , ce ne me feray mon.
Farce de l'obstkuUion des Femmes, Ane. Tk, /!*., I, 99.
Laisse m^achever mon sermon , Par ma foy, si je feray mon , Car tu ne dis chose qui vaille.
Sermon joyeux de bien boire, iM,, H, 19.
C^est mon, cefay mon, ce faudra mon, sont façons de parler de harengères. Art. Oddir, Grammaire française rapportée à l'usage des temps, i6&5, p. sSi
Campagne : se mettre en campagne, se mettre en route.
Done Elvire, ta maîtresse, surprise de notre départ, s*est mm m campagne après nous. - D. Juan, I, 1.
Enfin il se met en campagne, - Rac, V, 389 : Camp, de Louis XIV.
L'œil souvent en campagne, et Taccueil peu farouche.
Th. Gorr., D, Bertr, de Gg., IV, 1.
Rentrez, encore un coup, le diable est en campagne, - Id., i^., III, 5.
Sans vanité, nous avons tnis quelquefois les jaloux en campagne.
Do Verdiir, Le Flatteur, 1696, V, h.
Il ne faut que les fesses d*un singe pour mettre tous les babauds en campagtt,
Rkgrârd , Crit, de l'Homm, à b, fort, , se. 4.
(Campagne : tenir la campagne.
Nous nous voyons obligés, mon frëre et moi, à tenir la campagne,
D. Juan, III, 3.
67 J'ai des forces assez pour tenir la campagne, - Rac, Théb,, I, 3.
Une affaire d'honneur très sensible pour moi
M'oblige dans ces lieux k tenir la campagne, - Ta. Gor?(., D, Juan, (II, h.
Campagne : battre la campagne.
Votre avocat. . . dira dei raisons qui ne feront que battre la camr pagne et n'iront point au fait. - Fourb. de Scap,, II, 5.
9o5 11 a caché son nom en battant la campagne, - Corr., Tllus, corn. ,1.3.
Vainement je bats la campagne , Toujours ma douleur m'accompagne.
ScARROR, OEuvr; Paris, David, 170J, 1, 173.