CAPRICIEUX S
Ami, veux-lu savoir touchant (Xê deux sonnets. . .
Ce qu*on peut dire avec jifUite?. . .
L^un sent un long effort , et i^autre un fiMnpt caprice,
GoRN., X, 198 : Poét, dit. ^
aC Pour moi, j*écoulois tout et mis dans mon caprîm
Qu'on ne deviaoit rien que par votre artifice. - Id., SéÉiv^^ Ment., I, 1.
Le caprice de notre humour est encore plus hlzarre cpie celui &«4a fortune.
La RocHir.fi^ 4^.
317 On me verra toujours sage dans mes caprices. - Dbspr., Sat. IX.
i83 11 se soumet lui-même aux capriceê d*autrui.
lh..ilnd. - Cf. ibid., vers 7, 3 1, 77; - Sat. X, 181 ; - Ép., III, 39, 78; - Ép., V,6;-i?/».,VI, 106.
17^3 Le temps presse : courez. Il ne faut qu*un caprice. - R&c, Britann., V, 8.
Le caprice est dans les femmes tout proche de la beauté, pour être son contrepoison. - La Brut., I, 17/1.
El je dis qu'il n*est point de vertu ni de vice
Qui ne change de nom suivant notre caprice. - Rioxard, ÉpÙ.
H. Estiemie s'est vivement élevé, à deux reprises, contre l'introduction dans notre langue du mot ital. eapriedo, dont nous avons fait caprice :
ctPhiladsoue. Je m'esbahy quel caprice a pris à l'auteur de ce quatrain. . . -^ Cilto- FHiLB. S'il estoit ici, il vous renvoyroit bien, avec vostre capricce et avec toutes ces autres parolles esrorchees, dont mes oreilles crient vengeance contre vous. . . 9 - P. 5o.
irPHiL. Parlons d'un autre, qui estimet que j'eusse le plus grand tort du monde de ce aae je le reprenes quand il diset êa capricce, et ne voulet croire aucunement qull faiet dire »on capricce. — Cbltoph ... Je prendray la hardiesse d'interjetter une question touchant le mot dont a esté tiré capricce : asçavoir touchant le mot eapriedo . . . Aucuns disent que capricce, c'est proprement quand les cheveux nous dressent en la teste par grande frayeur. . . u faudroit, suivant cecy, que eapriedo fust dict quasi capo arriedato. . . Mais quant à moy je confesse que l'usage lequel nous donnons à ce mot capriceê après les Italiens, quand nous disons : Quelque capricce l'a prie, ou: Il a prie quelque capricce, ou : Il ut entré en quelque capricce. . ., ne s'accorde aucunement avec cette signification du mot eetpricdo : et qu'il nous est force de venir à ces belles bestes que les Italiens appellent tÊipre, nous chetoree, pour trouver ce que nous cerchons.
«... On dit que capricce c'est une volonté de faire quelque chose : laquelle volonté YÎent subitement a queiqu'an, sans aucune raison, ou pour le moins sand aucune raison apparente ...
(t Je di que nous pouvons aussi bien nous passer de capricce que d'aucun autre mot , et qae, au lieu de dire : Quelque capricce l'a prie, on: Il a prie je ne efoy qud capricce, ou : U iei entré en je ne içay quel capricce, nous pouvons parler ainsi en bon françois : /• ne $çay quelle mouche Va piqué, ou (en usant d'un beau mot extraict de la langue grecque) : Je ne açajf quelle fantasie luy a monté à la teete, ou: Il a prie eubitement une fantaeie.t»
Deux Diâl. du nouv. lang. franc, italianizé, édit Liseux, t I, p. 139-1 A A.
H. Estiennc donne encore d'autres équivalents : Je ne $çay quelle qumte ou quel humeur Ta pris.
Capricieux.
10&5 Songez que votre bras, Comte, m'est nécessaire, Et d'un capricieux quels que soient les transports. Qu'à punir nos tyrans il doit tous ses efforts. - D. Gare, III, 3.
332 CAPRIOLE — CAQUET
GAPRIOLE : FAIRE LA CAPRIOLE.
1 1 1& Et ces yeux te verront ^^e la capriok. - D^. am.^ III, lo.
Ud danceur est-il moins excellent, pour faire une eaprioU fimce, après trente justes et galantes? - M'^ db GoumiAr, L'Ombre, 1697, p. 69&-6a5.
Si j'y faux, croix de paille I ils feront des capridlei en Tair.
Comte Dx Gbahail, ConM, deê Prttv,, Ut, 4.
Lorsque j*ay veu vos banderoles, J*ay fait quatre ou dnq caprioUi,
Sgarror, Virg, trav,, Paris, David, 1705, II, p. s5C. -
Cf. Id., t^., p. 901.
] A 7 Une bombe sifflant, grondant,. . . Entra par une eaprioU Au logis d*un maître d*ëcole. - Lobbt, Uwê hittor., 6 octobre 1667.
Jupin cbassa monsieur son père. Et iuy fit faire de travers Une capriolê aux Enfers.
RiCHia, Ovide bouffon, 1669 , p. 1 1. - Cf. Id., ibid,, p. 8& , 936, 368.
Où tronverex-Yous. . . un jeune bomme qui sMlève si baot en dansant, et qui fasse mieux la capriolê f - La Bbut., I, 179.
4t Voir, au mot Cadencé, un passage de d*Ouvillb, ci-dessus, p. 3iâ.
Le Dictionnaire de Nicot (1673, 1606, 1618, 1698) ne donne pas cabriole et admet eapriole dans le sens d^une certaine espèce d*berbe; Cotgrave (1611, i639, i65o) et Monet (1690) donnent les deux formes, cabriole et eapriole, qu'on retrouve dans Richeiel (1680), Furetière(i69o) etTAcad. (169&, 1718, 17^0). Mais, à partir de i769,rAead. n'admet plus que cabriole. — Dans les Remarquée qui précèdent la t"* ëdit. de ton DicL, Bicbelet dit : «J'ai dit que cabriole et cabrioler étoient plus usités que eapriole et eaprioler. Je ne me puis encore retracter. Capriolê et caprioUr venant de Tital. capriola semblent les plus réguliers. Plusieurs personnes qui traittent des arts écrivent et prononcent caprùk et capriolèr. Mais tout le reste du monde qui parie bien, écrit et prononce cabrieh et cabrioler. Il est libre là-dessus de suivre son inclination.»
René de Menon, dans la Pratique du Cavalier, m-k\ i65o, a onze chapitres ou lefOM sur la tapruÀle; GaUlet, dans les Art$ de V Homme d'eipée, in-t8y 1689 , parie aussi de la eapriole,
GaPRISSANT : POULS CAPRISSANT.
* Voir Poult capricant.
Caquet, bavardage.
787 Vous n'accuserez point mon caquet désormais. - Dép, am,y 11, fi.
83!x Par son trop de caquet, il a ce qu'il lui faut. — Éc, d. Fenu , Fil, 3.
Il me divertit avec sa voix, et toi tu m'étourdis de ton caquet.
Prtnc. d^ÉL, a* interm., se. 1.
100 A tous les sots caquets nous n'aurons nul égard. - Tart., F» 1.