CHEMINER
où l'on regarde les sociétez et le Prince qui les gouverne comme une espèce de cor^ naturel qui a sa teite et ses membres.» - Bossoir, HUt, de$ Var,, a in-&^ 1688, II, p. 39.
Malherbe ayant trouvé le vers suivant dans Desportes : Enfin, pleine d'amour, son c^elle haussa,
attacha cette note à chef: <r Mauvais mot.» ~ M4lb., IV, 390, note s.
tr Malherbe, dit M. Brunot, ne Tavait pas décidé ainsi tout d'abord; c^est dans une révision postérieure de son ouvrage qu'il a ajouté cette note. Il serait superflu de montrer que chef, dans le sens de téU, ou il est pris ici, était encore très usuel au xfi* nècle. II se rencontre en eflet dans tous les textes. L'article de littré prouve que beaucoup de grands auteurs postérieurs i Corneille, Pascal, Massillon même l'ont encore employé. Mais n'ontils pas voulu le sauver, et leur exemple assure-t-il qu'il ne sentait pas déjè «le vieux et le rance?» - Bbunot, Doctr, de Malh,, in-8% 1891, p. 967.
Mon honneur est le sien , et le mortel affront
Qui tombe sur mon c^ rejaillit sur son front. - Gom., Le Cii, I, h. {Ver.)
Les vers qui précèdent terminaient la /i* scène du t*' acte du Cid dans les premier» éditions ; ils furent changés ensuite par Corneille. Scudéry y avait repris ie mot ekef; mais l'Académie n'avait pas accepté sa critique et avait répondu : «L'Observateur est trop rigoureux de reprendre ce mot de chef, qui n'est point tant hors d^usage qu*il dit.»
L. Aleman, dans ses Nouv. ob$erv, eur la hng. franc,, rappelle ce débat, condamne Ricbelet qui prétend que chef ne s'emploie plus que dans le burlesque, et rappelle que Chapelain, Gombaud, Segrais, Bensserade, Quinault, etc., n'ont jamais fait difficulté de s'en servir.
Dans sa première édition (169/i), l'Académie dit : ftChef, tète. 11 ne se dit que de l'homme, et n'a guère d'usage qu'en poésie.» — On voit qu'elle admet le mot sus blâme ni réserve.
Ménage, dans ses Obierv, eur Malherbe, cite une lettre de M. Fauveau, qui se moque de ceux pour qui chef est trop vieux.
Cheminer, aller, marcher.
Voit-on que j'aie besoin de carrosse ou de chaise pour cheminer?
Mar. forcé, se. 1.
A mon chemin cheminots, mon chemin vers Séville.
CuAPBLAiR, Trad, de Guzm, d'Alfar,, Ili, p. &5o-à5i.
Que de la chaise qui me porte J'aporçoy de gens cheminer !
SciRRON, Œuvr., Paris, David, 1, p. 395. - Cf. Virg. trav., 1703, II, p. ai/i.
I a Voyex-vous celte main qui par les airs chemine? - La Foîit., I, 83 : FaW., 1, 8.
1 1 Aussitôt que le char chemine.
Et qu'elle (la mouche) voit les gens marcher. Elle s'en attribue uniquement la gloire. - Id., II, i&a : FaW., VH, 9.
Pour réussir, il faut
Cheminer en avant, tendre toujours plus haut.
Hautbrochi, Bourg, de pud., H, &*