‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 350 sur 455 · CLANDESTIN — CLAQUEMURER · texte numérisé non relu

CLANDESTIN — CLAQUEMURER

eiviUtez est une façon de parier boui^eoise qui ne doit jamais élre employée en aucune occasion; ii faut dire : «vous rendre ses devoirs^), ou (rvous rendre ses respects», ou «vous rendre visite». - Di GiLLiàBis, De$ moU à la mode, 1693, p. 72, 73, 89.

Clandestin.

Tu as rinsolence. . . de contracter un mariage dandestini

Fourb. de Scap.y I, 3,

Mais leur elandettinê entreprise A Didon fut bientôt apprise.

ScABBON, Virg, trav,, Paris, David, 1706, I, p. 3 10.

198 A Un hymen clandêttin mit ce prince en son lit. - Ràc, Iphig., IV, h.

L'amour vous a fait faire un hymen elandettin, - Mortpleobt, Tr^audin, I, 1.

4e Un mariage elandettin est un mariage contracté à i*insu et contre la volonté des parents : tel celui de la fille du chancelier Seguier avec le marquis de Laval. Bossuet a employé le mot ckmdettinité :

Cranmer n^osa jamais déclarer son mariage durant la vie de Henri (VIll) et il lui Dedlut ajouter à un mariage défendu la honte de la clandeetinité,

Bossubt, EiiL dee Var., a in>4% 1688, 1, p. A5a.

Claquemurer, renfermer.

97 Que vous jouez au monde un petit personnage,

De vous claquemurer aux choses du ménage. ~ Fem. sav.y I, 1.

On m*a raconté qu*Encelade. . .

Est sous ce mont claquemuré,

ScABBoif, Virg, trav,, Paris, David, 1706, I, p. a5o.

Celuy pour qui le peuple endure,

Que Ton relègue ou claquemure, . .

Les Gâtons qui font toujours bien.

Gomme fait Deslandes Payen. . .

Y sont (aux Enfers) le laurier sur Taureille. - Id., ibid,, II, p. 171.

169 Et luy seulement quatorzième. . •

Dans Bazas se claquemura, - Lobbt, Muze kiiiùr,, 11 janvier i653.

i65 Elle luy fit de Tamilié Et témoigna quelque pitié De voir illec si retirée Gelte belle claquemurée, ~ Id., ibid,, 9 août i653.

68 n nous faudroit toutes dans des couvents

Claquemurer jusques à Thyménée. - La Fo?ct., VI, p. 57*58 : Contée, V, 5.

* Le mot était certainement déjà dans la langue, mais il était encore nouveau, car nous ne le trouvons dans aucun dictionnaire avant celui de Richelet (1680), qui cite le vers de Molière. En 1660, Duez, dans son Diction, fr,-itaL, ne donne pas claquetnurer, mais note la locution à claque mur, qu^ii traduit par a batti'muro^

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