‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 39 sur 455 · AFFAIRE · texte numérisé non relu

AFFAIRE

1 546 II se met au-dessus de ces sortes d'affaires. - Fem, *at;., V, i.

Mon lavement d'aujourd'hui a-t-il bien opéré?. . . — Ma foi, je ne me mêle point de ces affaire$-lh. - Mal. imag., I, 3.

S*il faut être pendu, ce n'est pas une affaire, - Poisson, Comédie eam titre, II, â.

J'en serai quitte pour me brouiller avec luy ; ce n'est pas là une affaire.

Du Vbbdibr, Flatteur, 1696, II, 9.

Je ne trouve qu'une petite difficulté à notre mariage; c'est que je suis d^i mariée. — Bon ! voilà une belle affaire ! Est-ce là ce qui vous embarrasse ? Je le suis aussi ; mais il n'y a rien de si aisé que d'être veuf; cinq sous de mort-aux-rats en font Y affaire. - RBOifARO, Deêcente d'Arleq., se. U.

Oufl Je me meurs I Ouf! Je suis morti Ouf! Je veux parier! — Vous êtes mort et vous voulez parier? Vous ne viendrez jamais à bout de cette affatre-lh.

Rbon. et Dura., Foire Saint-Germain, J, i3.

, N'êtes-vous pas notaire ?

— Et de {Jus, honnête homme. — Ohl c'est une autre affaire.

REQnkKù^TâénêchmeÊ, V, h.

3)c Molière aimait à employer les mots à la mode, et en cela il imitait les Précieuses de la Cour, celles qu'il voulait préserver de l'imitation des Précieuses ridicules ou Précieuses bourgeoises. Ce mot en est un exemple entre cent autres.

crll y a quantité de gens qui, lorsqu'ils ne peuvent exprimer quelque chose par on mot propre, usent du mot de machine. Les autres se servent partout du mot affairée; ils àgnifient par là toutes les choses dont ils ne peuvent trouver le nom. Les femmes, en pariant de leurs bijoux, diront : «rOn porte à cette heure de certaines tffairee.n Quelquefois les hommes employent aussi le mot à^affaim et quelques autres pour des choses fort dissemblables, soit pour des étoffes, des meubles, des édifices et des différentes actions de la vie. Tout cela est affaire ou machine.n Sorbl, Qmn, dee lÀvree, 1671, p. &99. - Cf. Di GiLuàRis, Des mot$ a la mode, 1699, p. i3-i5. On disait alors une affaire pour un combat ou une amourette.

Le P. Bouhours cite comme nouvelles les expressions suivantes :

<rSe faire des affairée, pour dire : se causer de l'embarras, s'attirer des déplaisirs. B y a des gens qui se font des affairée de gayeté de cœur. Je me suis fait... une méchante affaire. On dit dans la conversation : C'est une affaire, pour dire : C'est une chose difficile; Ce n'est pas une affaire, pour dire : C'est une chose aisée.» - Ariste et Eug., a*édit., 1671, p. i38.

Leven de Templery, Le Génie et la Politesse de la long, franc., 1706, p. 61-68, a un long passage sur ce mot affaire :

(rU y a peu de mots, dit-il, qui servent aujourd'huy à tant d'usages que celui ^effare.

(T Je ne vous diray point, Madonle, qu'on Temployc pour exprimer un bon succès en amour ou en autre chose , puisqu'il n'y a que trois jours que vous lisiez dans le voyage de MM. Barhaumont et (de la) Chapelle : «Jupiter fit mieux ses afftnres par la pluye d'or que (rpar le tonnerre 7) ; mais je vous diray qu'on use présentement de ces manières de parier: sortir é^ affaire; se faire une affaire; être bien dans ses affaires; faire mal ses affaires au-

Çrès d'une maîtresse ; avancer ses affaires auprès d'elle , et autres semblables expressions, 'ar exemple, il y a dans la nouvelle traduction des œuvres de Cicéron : «rCatilina cherche (ries moyens de sortir d'affairen , pour dire se justifier. M. de Bussy, qui s'énonçoit avec tant de charme, a dit, dans son HisL amour. : (rLc désir de plaire et la crainte de ne plaire pas crétoient toutes ses affaires!)^ pour dire que ces deux passions partageoient celui dont il parle. Il a dit dans le même livre : crCet amant voulut pousser ses affaires un peu plus

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