‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 421 sur 455 · CORBLEU — CORDE · texte numérisé non relu

CORBLEU — CORDE

Premièrement, dît Herminius en raillant, je croia que le jeu du eor6i7faa loi inventé par les premiers poètes, qui, ayans beaucoup de peine à mettre de U raison en rime , accoustumerent les enfans à jouer à ce jeu.

M"' DE ScuDéBT, Mathilde, 16G7; Prëf., p. ag-So.

Ubomme et la femme ëtoient heureux;

Ils jouolent à de petits jeux ,

Gomme au Pont-Neuf, à Ciimusette,

Ou bien à Ry, ry, Bouliette,

Au Pied de bœuf, aux Osselets ,

A d'autres plus beaux ou plus laids.

Au Corbillon, à la Pantouflle,

£n veux-tu plaider, siflle, souffle,

A Golin-Maillard , aux Combats,

A Caclie-câchc, Mitoulas,

Au Combien, à la Sage-femme,

A TAccouchée , au Trou-Madame. - Poissox , Le Sot vengé, se. 6.

Voulez- vous que je dise cela... par le moyen de rinvocation, imprécalioo, multiplication, iudictiou, spéculation. . . ? — CorbUlon, qu*y met-on?

Regnaid, Hom. à b.firL, 111, 1.

De là ce jeu que cbacun aime ,

Où Ton demande «qu'y met-on»?

Agnès répond tr tarte à la crème/),

IVialgré la rime et la raison. - Armand Goutri, Le CorbUUm, cfaansoD.

* Au propre, le corbillon et oit un n panier à mettre des oublies, étroit par le mitiea, large par les extrémités». - FuBmàaK.

Le jeu du corbillon étoit un jeu dans lequel, à cette question : ft Corbillon, qu^y met-ooT* il fallait répondre par un mot terminé en on,

CORBLEU, PAR LA CORBLEU , jwron.

10 Par la corhleu! gardez d'échauffer trop ma bile. — Sgan.y se. 1.

Corbleu! dans la maison de Sotenville on n'a jamais vu de coquette.

G. Dand.y I, &.

* Voir Juron».

Corde : si la corde ne rompt . . . , lomlion proverbiale.

1218 Nous allons voir beau jeu, si la corde ne rompt. — UEUy III, 7.

Nous verrons beau jeu, <i la corde ne rompt. - Toubmbu, Lee Contente, I, 8.

679 Laissez-moi faire, et le drôle et sa belle

Verront beau jeu, <t la corde ne rompt. - Li Font,, IV, p. 70 : Contes, I, 1.

169 Viennent ces sœurs; toutes, je te répond,

Verront beau jeu ti la corde ne rompt. - 1d., V, p. 535 : Contée, IV, lâ.

* Nous pensons, comme le savant éditeur de la Coll. de» Gr. Écrh,, que nous a«oas affaire ici à une métaphore empruntée au jeu de Tare.

CORNEILLIUS — CORNER 493

Corde, aujig.y toucher une corde.

Ne savez-vous pas bien que Tastrologie est une affaire d'Élat, et qu'il ne faut point toucher à cette corde-lk. — Am, magnif.y I, a.

Tu sçais assex ce que peut la concorde, Sans qu*en ce lieu je touché cette corde.

Sairt-Amaxt, CEuvr., bibl. elxév., I, 366.

Mais, pour toucher une autre corde

Finissons le prezent exorde. - Lobbt, Muze hUtor,, a A juillet i655.

83 Cessons de toucher cette corde. - Id., la août i66a.

Après que j'aurai fait ce que font les amans, C est-à-dire poussé tous les beaux sentimcns, Je toucherai tout franc deêtue la grosse corde.

Poisson, Les Femmes coquettes, III, i.

Mais nous parler de lui, c'est toucher une corde

Bien triste. . ., et qui pourroit. . . Mais il étoit bien vieux.

Reonabd, Ménechmes, III, a.

$r Cest une métaphore empruntée k la musique, aux instruments à cordes :

Dans le concert d'bymen, lorsque que1qu*un discorde,

Je sais juste baisser ou hausser une corde. - Rbgrard, Le Bal, se. ta.

GORNEILLIUS.

191 Sganarelle est un nom qu'on ne me dira plus,

Et Ton va m'appeler seigneur CarneiUius. — Sgan., se. 6.

« Comeillius, dans la première édition : Cornélius dans les autres.

Cette jolie expression de Molière ne parait avoir été ni empruntée par lui à des auteurs français, ni imitée par d'autres. Mais le savant éditeur du Molière de la Coll. des Gn Écriv. a trouvé, dans une comédie du théâtre italien, la Zerla (la hotte), une plaisanterie andogue :

Serviteur, seigneur Comelio. •— Je ne m'appelle pas ainsi , mais bien le docteur Balloard.

Corner : corner aux oreilles.

279 Les oreilles me cornent. — Ec, des Mar,, 1,3.

Ne m'avez-vous pas appelée? — Moi? non. — I! faut donc que les oreilles m'aient corné. - Mal. imag., III, 9.

Écoutez, je l'entends, ou les oreilles me cornent.

Comte DB CikAMAiL, Coméd. des Prov,, se. 1.

Dieu sçait si Segrais et Scarron De l'héritière de Beuvron

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