‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 455 sur 455 · CROIX · texte numérisé non relu

CROIX

Quand on apprenait à jtttTy c*cst4hdire à compter, on se serrait de jetotu ; de dii et dix, pour n^avoîr pas à reprendre tout le calcul en cas d'erreur, on marquait une croix : crComptei jusqu'à dix ei/mU9 mm emucn - Fcainiai.

Croix, monnaie marquée d'une croix.

Tu n'as seulement qu'à nous donner ta main, avec la cnix dedans, et nous te dirons quelque chose pour ton profit. - Mar. forcée se. 6.

Je ressemUe aux archevesqnes ; je ne marche point si la croix ne va devant. CéOquiU de Vaccouekk, i6s9 ; bibl. elzév., p. 373 : Eêêmu de Mmthurim.

Aveiffnex donc la crotr, mon bon seigneur; elle chasse celui qui n*a poiul et blanc dans Tool (c'est4-dire : EUe chasse le diable, qui n*a point de blanc dans Tœil) et qu on loge dans sa bourse quand on n*a pas aargenL

Comte DB GaAMAiL, Gméd. dn Prov., Ul, 3.

N'avoir ni cn>ix, ni pile, c*est n*avoir pas d^argent.

196 Écrit au château de Prélin, En papier et non en vélin, y ayant ni sou, ni croix, ni pile.

LoBiT, Muze kistor., 16 mars i65&.

Mercure, i la griffe subtile, N*ayant alors ny croix ny pile.

Trouvant de tes bceufs cinq ou six , Fit dessus eux réfle de dix.

RiCBBB, Oride bamffon, 166s, p. s3(>-!}3].

57 II en sortit de la même façon

Quétoit entré là dedans le pauvre homme.

Sans croix ne pile. - La Fost., IV, p. ^99 : Coules, II, 16.

*■ 9 Croix est une marque qu'on mcl d'un costé à la plupart des monnoyes dtrs Princes clu^tiens.» - Fcbbtixbe. — Donner la croix, qui peut servir à un acte de sorcellerie, r'tsl donner une pièce de monnaie.

Croix de par Dieu.

Cest un homme qui sait ia médecine à fond, comme je sais ma croix de par Dieu. — Pourc.^ I, 5.

Vous repassez toutes les lettres de l'alphabet , depuis la croix de par Dicm jusqu'à VEt cmtera. - Lk P. Gabassb, Reck, des Rech, de it Est, Pàsquier, iGia, p. 333.

Une autre incougniité que je rencontre en ce lieu, est pourquoy il (Garasw) n*a point fait mention de la Croix-de-par-Diêu , puisqu'il avoit entrepris de noitf déclarer Tongine de TAiphabet, car on commence ordinairement par là pour apprendre les petits enfants. - Dtffensepour E$i, Pmêqitierf i6a^, p. 5 79.

* Les alphabets pour les enfants commençaient tous par une croir plus ou moins ornée, qui leur indiquait qu'iU avaient â faire le signe de la croix avant d'épeler leurs lettres ; ces alphabets se nommaient aus:>i des Croix de par Dieu. — Golgrave a déjà noté ce terme (i6t 1).

GROQUIGNOl.E 529

UOQUIG.NOLE,

Archers. Au défaut de six pistoles.

Choisissez donc, sans façon. D'avoir trente croquigtwles Ou douze coups de bâton.

PoLiCHiNKLLB. Si c'esl uue nécessité qu'il faille en passer par là, je choisis les croqmgnokx, - Mal. imag.y \^ interm.

^ r Croquignole , espèce de chiquenaude ou de nazarde. CV»t un coup qui se donne ms le visage, en lâchant avec violence un doigt qu'on a posé sur un autre. n - Fi}~~

KRP.

Et surtout n'usez point sur inoy de cruqu\gnole$ ; Songez que vous allez frapper sur un clirestien.

ScAHHOfi, Jodelet dtiellistf, IV, T).

Mais au diahie si deux pistoles Sortiront jamais de leurs doigts, Arhalestes à croquignofes.

1d. , Ofcurj*., Paris, Da>id, 1700; 1, 11; Remerc, nu Ih'iuce d* Orange, t65o.

Kl le frappa de sa main clos<; Son tant agreahie museau,. . .

S'appliqua mainte croquignole, Pocha ses yeux , mordit ses doigts.

1d. , Virg. trav., Paris, David. 170.^; I, p. 369. - Cf. Ofcwrr. , 1700, 1, p. 356.

Us n'avoient soucy d*autre affaire Que de dormir, faire grandVhère,. . .

Jouans à )a Mousche , a la Bresmc , A Bien et l)eau s'en va caresme, A CroquignoUe, à G>quiinbcr. . .

Dassouct, Ovide en Mie Itumew; iG5o, p. iH.

D'ailleurs les âmes espagnoles,

Digues de mille croquignolea,

Kn suhoniant chaque canton,

(hil cauzé cet éfet, dit-on. - I^rkt, Muze lii»lor., aa fé\rier i65'i.

Rocroy fait toujours résistance.

Et le cœur, vigueur et constance

Du chevalier de Montaigu

Qui n'est pas prêt d'être vaincu.

Donne souvent des croquigtwlei

Aux pauvres troupes espagnoles. - li»., '1 octohre i*)h',\.

(le Turène, ce martial.

Qui , maintenant , est si royal ,

Ne leur promet pas poires moles.

Mais hien pis que des croquignoki. - lo., 18 juillet iG56.

li'un me haille un soufllet, et l'autre un coup de pied,

l/autre une a-oquignole; enfin chacun s'empresse

Tout du mieux qifil le peut à me faire caresse. - Reg:«ard, DéHwcrilê, V, ».

laraimaM* ■tTi*s*L».

532 CIRIELX — CURIOSITI^S

Curieux, curieuse, qui intéresse les curieux.

Tous les esprits ne sont pas nt*s iwpc les qualités qu'il tant pour !:< délicatesse de ces belles sciences qu'on nomme curieuses.

Am. magnif,^ III, i.

* N, B. D'après la suite de Tentretion, il s'agit (Kastrologic ol d'alchimie.

«On appelle les iciencei curieusn celloH qui sont connues de peu de porsonnf^. qi.. ont des secrets particuliers, romine la rhyuiie, une partie de Toptiquo. qui lait voir H-> choses extraordinaires a\ec des miroirs et d»'8 lunettes; et plusieurs «aines scienr*^ «•■■ Ton pense voir {'advenir, comme Taslroiogie judiciaire, la rhiromaiKe. la géoman<^p. •■: même on y joint la cabale, la magie, etc.» - Fubetièrb. Diction.

Le mot est employer dans le même sens par d*autr(*s auteurs :

Les mclanchuliques ft. les bilieux, qui sont d'ordinaire d'un teint jaunilre. );< portent plus que les sanguins aux recherches curietuêM do la médecine.

REZAr(ço>, Ijts Mêdec. à h cenmre, i^77* P- ^**^-

S*cloignont de toute dispute et de toute recherche cnrieuMe, ils rappellent liesprits à la seule rhi»se qui profite.

BossiET, //lut. de» Var,, a in-4\ it)88. I, p. ijfi.

Curiosités, le plunel pour le singulier.

993 Que nrimpoi'te? — Il est vrai; mais pour tes nouveaul<•^ On peut avoir parfois des curiosités, — Ec. des Mar.^ I. W.

1 o83 I^a foiblessc humaine est d'avoir Des airiositcs d'apprendre Ce qu'on ne voudroit pas savoir. - Awph., Il, 3.

*■ Voir de même : ardeur» pour ardeur^ etc. , ol surtout , à propos de la li.'ndMUcr ■ employer le pluriel pour !«■ singulier, l'art. bonté$ pour Imnté, ri-dessus, p. •.(G().

Fl^ DU TOME PREMIKIL

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