‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 47 sur 455 · AIGUILLETTE — AIMER (S · texte numérisé non relu

AIGUILLETTE — AIMER (S

n ne brilla point d^abord par les dorures de soldai^ qoojque les profits de ta quartiers dlûrer Teussent rendu fort opulent en chamois brodé, égmutttm touSoM et plumes de toutes les couleurs. - ScAaaoa, Dem. Œmtr,, I, i6i.

399 A corps perdu sur luj se jette.

Rompit son unique aigmîÙette, Dont son baut-db-cbausse tomba. - Loair, Mmzê higt,, i5 mai 1660.

Pour avoir des plumes au chapeau ,

VaigmUettê à la mode et le ruban nouveau ,

Pour être chaque jour brave comme un dimanche.

Et me faire crajer icy la botte blanche.

Faut-il trancher du prince? - GiLaiar, Le Campagnard, 1667.

:^ Palsgrave (]53o) voit dans YesguilletU une sorte d'épingle pour tenir les chausses, poyiUjor <m^t hotê : il confond VaigyUUUê, qui est un lacet ou cordon {UqueoluM, Rob. Est., iSâg), avec le ferret qui la termine. — Richelet définit VeguilleiU : trUn morceau de tresse, ferré des deux bouts, dont on se sert par ornement ou par nécessité.» — Déjà, du temps de Molière, quelques vieillards seuk s*en servaient «par nécessité», comme on le voit ici. Antérieurement, les femmes de mauvaise >ie étaient obligées d*en porter sur Tépaule : crSi quelque fille a déjà fait faute et veut continuer de se prostituer, le porteclefs ou capitame des sergents, fayant prise par le bras, la mène par la ville, le tambour battant et avec VaiguiUette rouge sur Tépaule.-) {Stat. de la Reine Jeanne, cité par Astruc, De morbU venereîe,) Pasquier, dans sa jeunesse, a vu encore cet usage suivi à Toulouse ^Recherchée de la France). Plus lard, on s'en serait comme d'un ornement : à la fin du XVII* siècle, on appelait ainsi des toufies de rubans ou de cordons ferrés que Ton mettait au bas des chausses ou aux impériales de carrosse, seulement pour les orner. - Fcaniiii, Diction.

Du mot aiguillette, Molière a fait aiguUleté.

AlGCILLETER.

Un amant aiguilkié sera pour elle un ragoût merveilleux.

L'ilt;.,ll, 5.

* «Autrefois, dit Furetière {Diction,)^ on estoit toujours aiguilleié, pour dire qu^on avoit le haut-de-chausses attaché au pourpoint avec des aiguilleUee.Ti

Aimer (S'), se plaire.

A Tu me plais loin de moi. — Je m'aime où tu n*es pas.

MéUc, I, 1.

Le nom du grand Theutates,. . . et celui de Hésus, Tharamis et Belcnus, qui sont aux trois branches,. . . font bien cognoistre que Dieu t'y aime, et qu*il veut y estre adoré. - D'Uipé, L'Aetrée, 1616, II, p. 708.

C'est une Déesse. . . qui t'aime mieux en cet endroit que si on lui avoit donné . . .le plus bel appartement. - La Fort., IX, 260. - Lettre à ta femme.

U t'aime mieux dans un tronc d'arbre ou dans uue goutte d'eau que dans un palais ou sur un trône. - Pascal, g' Protinc.

Page 1