‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 61 sur 455 · AN · texte numérisé non relu

AN

19 Et moi , je prends en diligence

Mon cheval akzan. Tu Tas yul -Fdch,, II, 6.

ton est un poil d^une couleur roussàtre, accompagné d*un crin qui doit être roux tc. Ce poil ce distingue en alezan hrûlé et en aleiMn clair, selon quHl est plus ou :hargé; mais, en général, il est un indice d'un bon cheval. Cet alezan brûlé ne point son poil, et vériGe bien le proverbe qui dit : Alezan brûlé, plutôt mort que ~ GoiLLBT, Let Artê de l'homme d'épée, 168a.

;r (En), à Alger.

5i vous ne lui envoyez par moi tout à Theure cinq cents écus, il va is emmener votre fils en Alger, - Fourb. de Scap.y II, 7.

[lélasi mon pauvre maître! peut-être. . . qu'à l'heure que je parle, t'emmène esclave en Alger! - Ibid.>^^

En Lacédémone, le pancrace et le cesteétoient défendus. - Malb., II, i36.

lis disent qu'en Inde il se trouve du miel aux feuilles des cannes.

Id., II, 65i.

dherbedit de même :«n Avignon (lY, iii),«nAthènes(II,/i8i),enClèves(IlI, 189).

1 3 Avant qu'avec toute autre on me puisse engager.

Je serai marié , si Ton veut, en Alger. - Covm,^ Ment., V, 6.

Je me laisse gagner, je dépêche en Argos. - Rotrou, Iphig.

}â J'écrivis en Argos pour hâter ce voyage. - Rac, Iphig. , I, 1.

énage, dans ses Observ. sur la langue Jr., 1673, p. sio, et dans ses Nouv. obeerv., p. hSU , et le P. Rouhours, dans ses Rem. nouv. sur la lang.Jr., 3* éd. , i68fi , p. 10 ,

longuement étendus sur Temploi de en devant soit un nom de ville, soit un nom rince, soit un nom de royaume ou d'empire.

3 sa 1" édition (169^) TAcadémie se montre très réservée : ffQuoyque régulièrearlant on ne se serve point de ia préposition en quand on parle des villes, et qu'on

point : estrc en Paris , aller en Rome, etc. , cependant l'usage a emporté que quelques- «nt : en Jérusalem, en Avignon, en Arles, façon de parler tirée des Italiens, qu'on oint obligé de suivre.»

B sa a* édition (1718) l'Académie s'exprime plus nettement : rrOn disoit autrefois : Lsalem, en Avignon, en Arles, etc. Mais celte préposition ne se joint plus aux noms jdes villes.» — Celte remarque est répétée en 1718, 17A0, 1763 et an vu (1799).

88 aliénation d'esprit — allégeance

Aliénation d'esprit.

Tai vu en elle de ï aliénation d" esprit. — Am. méd,, III, 6.

746 Est-ce songe? ivrognerie?

Aliénation d'esprit?

Ou méchante plaisanterie? — Amph., II, i.

Il envoya à sa sœur. . . deux onces de poudre préparée pour exciter le sommei de celuy qui Favaleroit, qui le feroit dormir quatre ou cinq heures avec une telle aliénation de tous les sens, qu\in homme en cet état ne difTéroit d'un mort que de temps. - D'OuTiLLB, Contei, i6^6. Paris, Jouaust, i883. II, p. aSg.

La divination , au dire des Pères mesme , est une aliénation d*ê$prit , ou un emportement de Tâme hors de ses bornes ordinaires , aussi bien que la manie.

Le Parasite Mormon, dans VHiêt. de P, de Montmaur, par dk Sâllocii, 1716, II, p. 980.

* Richelet cite, à propos de cette expression , l'exemple de Molière. Robert Estienne, en 1539, ne donne pas l'emploi du mot aliénation dans ce sens d'égarement; mais il parle, en iS/îg, d'aliénation dant V entendement, et V aliénation d'entendement se retrouve dans les diverses éditions de Nicot, 1573, 1606, deCotgrave, i63a, i65o, etc.

Allée.

Monsieur Purgon m'a dit de me promener le matin dans ma chambre douze allées et douze venues. — Mal. imag., II, 2.

* La distinction entre VaUée et la venue se trouve dans nos plus anciens lexiques : Robert Estienne, i539 et 16/19; Nicot, 1673 et 160G : itu» eiredituê; Cotgrave, i633, i65o, et Guy Miège, 1679 : Going and cominfr, etc. Cependant nulle part on ne trouve cette distinclion aussi nettement établie que dans Texempic de Molière.

L'Académie française (1878) n'a, sur ces deux mois, que la note suivante : ff Allées et venueê, action d'aller et de venir plusieurs fois, et particulièrement les pas, les démarches que l'on fait pour une affaire : Faire des allées et venues, Après plusieurs allées et venues, il fut conclu que, , . , Il a perdu son temps en allées et venues. n Ces locutions consacrées ne donnent pas précisément le sens de Molière.

Allégeance , soulagement.

5 Et quand ses déplaisirs prendront quelque allégeance. - VEt. , IV, 3.

Le temps à mes douleurs promet une allégeance. * Malu. , 1,9.

697 Non pas que je soupire après une vengeance

Qui ne peut me donner qu'une fausse allégeance. - Corn., Clif., III, 1.

i533 Porte à ses déplaisirs cette foible allégeance. - Id., Pompée, V, 1.

/i 1 On voit à ses dures souffrances

De remarquables allégeances. - Lorbt, Muze hist., a 9 nov. t66h.

918 Et pour toute allégeance

En votre sein décharge ses douleurs. - La Font. , Y, 173 ; Conte», 111. 5

Viens partager mes maux et les plaindre avec moy, Puisque , pour mou malheur, je suis sans espérance D'y trouver de ma vie aucune autre allégeance.

Lb Boulanger de CuALUssir, biomire (Molière) hypocondre, 1670, II, 1.

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