‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 473 sur 664 · SI FAIT · texte numérisé non relu

SI FAIT

Est-ce que vous n'êtes pas de mes amis? — SifaiU

Poure.f II, 4.

Quoi ! Tu ne trouves pas que j'aie tous les sujets du monde d'être en colère? — Si fait. — Fourb. de Scap., I, i.

En vérité, vous ne savez ce que vous dites. — Si fait, morbleu!

Esearb.y se. 8.

Il ne pourra lui donner leçon comme il faut, s'ils ne sont en particulier. — Si fait y si fait. - Mal. itnag., II, a.

Les médecins ne savent donc rien, à votre compte? — Si /ail y mon frère. Ils savent la plupart de fort belles humanités. - Ibid., III, 3.

t Malherbe founiit plusieurs exemples de ti, répété dans une réponse, soit avec le rerhe , soit avec le yeihe avoir, s'ils ont été prononcés dans la question, soit avec le verbe e, remplaçant, dans la réponse, un veroe significatif quelconque énoncé dans la ques- I. — Nous donnons, d*après le savant Lexique de la langue de Malherbe, une série Lemples qui éclaircissent ce point, obscurci par M. Génin.

I. Avec être : «Tous les hommes sont ingrats. . . Mais ne een^Me autre chose? Si aojif.» liLB., Trad. de Sénèque,

>. Avec avoir : «rN*ai-je vu personne qui se soit tiré soi-même? 5i ai.» - Ib., ibid,

N*y aura-t-il point quelque différence de nous à eux? Si aura,y> - Id., ibid.

. Avec un verbe significatif : <rNe chercherai-je point quelque occasion de servir mon ifaitenr?. . . Si ferai, n - lo., ibid.

Ne me peneeriez-vouê rien devoir? Siferois.n - Id., ibid.

H fait se dit adverbialement pour comparer, augmenter ou affirmer.

Donne ça les chartes (cartes). — Nonferay, puisque je n*ay encore tourné lidessus. — Si ferez, par Dieu.

Di LA MoTTi, Trad, de» Dial. de Vivit, in-3a, iGii, p. 169*.

Vous ressouvenez- vous pas qui je suis et qui vous estes? — Sifay, dis-je. Madame.

D'UiFé,LMsfr^, i6i6;I,p.976';-Gf. lD.,t^.;I,p.9&*;II,p. 39,i35,3io.

Cachez-moy vos beaux yeux, belles dames; ils me font mourir; non, ne les cachez pas; ils me donnent la vie; êi faites, car ils wi' oui ravy le cœur.

SoiiL, Berg. extrae., 1697, p. 347.

i5& Si fait, dit-il. — Non fait, dit-elle.

LoïKT, Muze hietor., 19 novembre i65o.

66 Si fait, il Test. — Non e$t, ma foyl - Id., ibid,, i5 janvier i65i.

118 Je la voy. — Je ne la voy pas.

Je pense que ce n'est pas elle . . .

— Pardonnez-moy, Mademoizelle.

— J'en doute. -^ Ce Test en effet.

— Ce ne Test pas. — Si fait. — Non fait. - Id., ibid., 96 juin i65i.

Je ne m'en souviens non plus, continuay-je, que vous faisiez tantost de vostre sonnet. — Sifay bien moy, adjousta M. de Trilport.

Saiasih, OEuvr,, in-4% i656; I, p. 176.

60a SIÈGE

Car tempe perdu, dit-on, ne se recouvre pa».

Obi que tifait, Monsieur. - La Thuilliiii, Crûp, pr^cêpi,, se. 6.

Mais quel est ce présent? — Je vous donne un marL Vous en riez. — Non, mais. . . — Sifaii, vous avez ri.

MosTPLiiTBY, Trigaudm, I, 5.

. . . Vous ne croyez pas cela? Si fait bien moy. — Vous n*aimoz pas la oomédio? — Si fait bien moy. - FuiKTiiii, Diction,

Que ne me disiez- vous qu*il avoit des cochons?

— Eh I je ne pensions pas qu*il en fdt plus coupable.

— Si fait, êijait, - RiONiRD, Vendangn, se. 16; - Cf. Id., FiUêê err,, 1, 7.

V Andry de Boisregard dît, à propos de cette locution :

«11 y a peu de sens qui se plaisant à une chose, et qui entendant dire qu^un autre ne s^y plaist pas, ne tassent cette response : tr/St/où bien moy. . . Par exemple, si je dis « un amy qui aimera le jeu : «pour moy, je n*aime gueres à jouer» , il me répondra : ttSifaiê bien moy.» On dit mesme : tt Si fait bien luy, iifont bien eux.» Cette manière de parier nous vient des Italiens, qui disent st quand ils veulent affirmer une chose. Qudqoef personnes néanmoins y trouvent à redire; mais elle me parott si naturelle, si naïve, et bailleurs si usitée, que je ne crois pas qu*on la doive condamner; et il me semUe ({U eet auteur (l'abbé de Sainl-Réal, Vie de J.-C) s*en est servy assez i propos, qui a dit : cCe vn*est pas au cœur que vont les choses que Thomme mange; ainsi dtes ne sçaunneot le vsouiller; tifont-eUei bien celles qui en sortent.» — Il faut remarquer cependant que ce terme n'est pas du haut slile, et quil n'est boa que dans le discours familier.» - A. diB. (Andit db BoisiBGiiD), RifUx, tur fuêoge préê, de la lafig, franc,, 169a, p. 637-638.

«Il y en a qui disent souvent en conversation tifait, non fait; ces termes me paroissent durs et mal polis. 11 faut dire out et non, ou «rvous m'excuserez, vous me pardonnerez si «je vous dis que cela est ou que cela n^est pas ainsi», et autres adoucissements de celle sorte, quand on est obligé de contredire quelqu*un.» - Db CàLLikass, Du htm et du mauv, ueage, 1693, p. i/i5, iâ6.

Page 1