‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 475 sur 664 · SIEN · texte numérisé non relu

SIEN

AiêU êur leurs manteaux par terre, Paroissans fort humiliez Un homme chacune à leurs pieds, Sans ceux qui, très fort à leur aise, Estoient assis dans une chaise Et faisoient peu les courtisans.

Les plus galands, refusans des chaises, quoy qu^ib fussent gens de condition, estendoient leurs manteaux par terre (dans un bal), et s^alioient coucher aux pieds des belles dames, où ils se trouv oient encore trop honores, et tantost les uns, tantost les autres estoient pris pour danser. - Sobbl, Polyandre, 16&8; I, p. 180.

Vous sçavez que j^aime la ruelle et les grands carreaux (coussins) sur toutes choses; et comme chacune doit choisir où elle establira son thrône, entrei, sll vous piaist, dans vostre cabinet, et vous couches sur le petit lit qui y est : q>rè8, je trouveray ma place, et ces dames la leur.

Sbgiais, Nouv. franc,, i656; i** Noue,, p. 968-969.

L'ameublement est de toile d'argent. . . Le petit lit et les eiigeê, aussi bien que le plancher, estoient tous couverts de fleurs d*orange et de jasmin.

Id., ihid,; i** Nouv., p. 699.

Je voulus luy faire apporter une chaise; il se saisit opiniastrement d'un eiege playant (tie) sur lequel Aiadin avoit déployé par hasard sa malicieuse industrie. Je courus à luy promptement pour l'en empêcher; mais il crut que c'estoit pour l'obliger à prendre la chaise, et sa courtoisie n'avoit garde de le soufirir.

Araepe et Simandre, 1679; II, p. 169.

Que de dispute de préséance pour les ti^ei ! Un jour, c'est le chancelier Seguier, oui fait une visite chez la princesse de Garignan, Marie de Bourbon-Soissons. La Princesse lui offre une chaise a dos simple. Le chancelier ne s'assied pas, renverse la chaise en se retirant, après une révérence, et ne revient plus chez la princesse {Mém, d'Amelot de la Houssaye). M"* de la MeiUeraie, si l'on en croit Tdlemant, étant femme du gouverneur de Nantes, ne donnait aux dames qui la visitaient que «de petits tabourets hauts de demipied n. M"* de Brissac, n'osant prendre à Angers la même liberté, et se trouvant dans on bal où plusieurs dames avaient des fauteuils, n'imagina rien de mieux que de s'asseoir sur le dossier, les pieds sur le tiège, position fort incommode Qu'elle améliora le lendemain en garnissant le dossier d*un coussin et d'un tapb. - Cf. Dz CALLiàaas, Mote à la mode, p. i38.

Dans la Comleeee d^Etcarbagnas , lorsque la Comtesse reçoit la visite de M. Tibaudîer, un conseiller, elle dit à Criquet : «r Laquais, donnez un eii^ à M. Thibtudier.» Criquet apporte une chaise. «La Comtesse, bat, à Criquet : Un pliant, petit animal!»

Chez la Reine, les hommes ne s'asseyaient pas; il fallait être duchesse, pour obtenir un tabouret, ff Avoir le tabourcU était synonyme de trêtre duchesse».

Sien , adj. posse»». pour le sien , pron. possess.

967 Mais surtout fais si bien

Qu'elle garde toujours Tardeur de me voir sien, - UEt., I, 5.

601 Ainsi ce rang est tien, cette faveur est tienne, - Cobn., Pol,, II, 1

Dieu prodigue ses biens A ceux qui font vœu d'être tient,

La Foxt., FabL, Le Rat qui s'est retire du monde.

60» signatures et expéditions des clercs — simpucttés Signatures et expéditions des clercs.

* Voir d-demu, p. 557, Sae : retirer U Mie.

Silence : tenir sous silence.

355 Moi, nourrie avec vous, et qui tiem #01» sUtnee Des choses qui vous sont de si grande importance !

Dép, UNI., Il, 1.

Similitude.

1973 Et nous aimons bien mieux, nous autres gens d'étude, Une comparaison qu'une nmUitude. — Dép. am,, IV, 9.

La laideur du diaUe est nompareille. Saint Anaelme en fait la preuve eo lei nmUituieê» * Le P. Gabàssb, Doctr. cur,, 1696, p. 839.

Tout les endroits dont le Ministre (Jurieu) abuse « estoient constamment à» comparaisons, des $miUtudêi, ou, si vous Youlei, des métaphores, puisque lei métaphores ne sont autre chose que des aùmUtiàdêê abrégées.

BossuiT, Àvmi, uux Proteet., in-6% 1689-1691 ; YI, S 81, p. S81.

Le caractère de eimiiitudê estoit si bien marqué, qu'il n*y a rien. . . de ti ridicule i nostre Ministre (Jurieu) que d'avoir voulu pousser à Iwut ces comparaisons, la., ihid., ibid.; - Cf. ibîd., YI, S 77, p. b^h et S 78, p. 676 ; VI, S 84, p. 586; VI, S 96, p. 596.

* Le mot stmîlifiids a toujours été dans la langue et n'a provoqué aucune remarqae des puristes, Vaugelas, Bouhours, Ménage, etc.

vSes iimUitudeê (de Ronsard) sont trop fréquentes, et une mesme action est tout » mesme temps comparée à plusieurs choses diverses, ce qui est une firate fort grande quand il n'y auroit que deux êimûituiêi, car elles se destruisent l'une l'autre. . . Outre

3ue Ronsard a des êimiiitudet inutiles, ce qu'il y met encore en plusieurs lîenx est inutile ans la tîmUUud», tellement que c'est amasser faute sur faute, n - Sobil, B§rg. crfrsr., édil. 1639, III, p. &60-&66 : nem, iwr le Berg. extrav.

Bossuet a employé le mot dans le sens de ressemblance : trLe deuxième Commandement défend de faire des images à la eimilitude de Dieu.» - HUt, dee Var,, a in-4*, 1688; II, p. 89.

Voir ci-dessous, p. 617, SoUiâtudê.

Simplicités, auplur.y acte de simplicité.

169 Dans ses simpUeitéi à tous coups je Tadmire.

Éc, de$ Fem,y l, t.

65 ... Les êimplicitez Ou plaisantes naïvetés D'Agnès, d'Alain et de Georgette, Maistroise, valet et soubrette. - Loair, Mmze Àitfer., i3 janvier i663.

Lno innocente encor me fait rendre los armes

Par ses mmpUeUn, - Bb.%ssbbadb, Œuvr.^ a in-ti, 1697; I, p. .'^17*

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