MATI
MATIÈRE. Dans un sens général, on appelle matière ce dont une chose est faile : ce mot s'oppose alors au mot forme. Les scolastiques distinguaient une malière premiére, c’est-à-dire sans forme, nue, sans rien de ce qui détermine l'être, et une matière seconde déjà déterminée, mais susceptible de prendre de nouvelles déterminations. Dans un sens restreint, la matière est ce qui tombe sous les sens.
Le mécanisme cartésien réduisait la matière à l'étendue; le dynamisme leibnizien la ramenait à la force.
On distingue les qualités premières et les qualités secondes de la matière; celles-là sont essentielles à la matière qui ne peul exister sans elles, mais les philosophes ne sont pas d'accord sur leur nombre : l’impénétrabilité, l'étendue, la divisibilité, l’inertie, la pesanteur sont rangées par plusieurs philosophes parmi Îles qualités premières, les qualités secondes sont celles qui, ne constituent pas essentiellement
la matière, qui pourrait être con- cue sans elles; elles sont connues par l'observation : ce sont l’élasticité, l'électricité, le magnétisme, etc.
On a quelquefois donné le nom de propriétés organoleptiques à cel- . les qui produisent les sensalions en agissant sur nos organes. On dit . queles corps sont colorés, sonores,
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MÉGÀ sapides, odorants, mais le monde des corps est en lui-même obscur et silencieux: les couleurs, les sons, les saveurs, les odeurs ne naissent
que dans l’acte commun du sentant et du senti.
MÉCANISME.Tout se fait mathématiquement, disait Descartes.
Cette formule est la définition du mécanisme, car les lois du mouvement relèvent des mathématiques et Descartes ne demandait, pour construire le monde, que de la matière (c'est-à-dire de l'étendue) et du mouvement. Au mécanisme s'oppose le dynamisme (V.
ce mot).
MÉDIAT. Une connaissance médiate est une connaissance où intervient quelque procédé discursif, par exemple le raisonnement ; la connaissance immédiate est intuitive et directe.
MÉDIATEUR PLASTIQUE. Intermédiaire ou moyen de communication entre l’âme et le corps inventé par Cudworth, qui en fait une àme d'ordre inférieur (âme de la matière).
MÉGARIQUE (École). École de Mégare qui eut pour fondateur Euclide de Mégare, disciple de Socrate. Ce fut une école de raisouneurs et de dialecticiens subüils : aussi l’appelle-t-on quelquefois éristique ou disputeuse,
MEMO
MÉLIORISME. Ce mot, moins employé que les mots optimisme et pessimisme, désigne une doctrine intermédiaire d’après laquelle tout n’est pas au mieux ni au plus mal, mais tout s'améliore et passe du mal au bien et du bien au mieux :
c'est une théorie du progrès, un
optimisme mitigé et peut-être l’op-.
timisme pur et simple.
MÉMOIRE. La mémoire est la faculté de conservation et de reproduction des idées antérieurement acquises. Le mot reproduction suffirait, car on ne sail rien de la manière dont les idées se conservent quand nous n’y pensons pas actuellement pour les produire ou les reproduire.
La mémoire a ses conditions organiques dans le cerveau. Elle est tantôt volontaire, tantôt involontaire, et le langage ordinaire exprime bien celle distinction on dit je me rappelle et il me souvient. Quand on désigne les traces des idées dans le cerveau par les mots vibrations, empreintes, phosphorescences, on ne fait que des métaphores.
Nous ne savons guère de la mémoire que ce que la psychologie nous en apprend : le souvenir complet se compose de réminiscence (reproduction, réviviscence) et de reconnaissance (acte qui consisle à identifier la connaissance actuelle avec la connaissance antérieure et par conséquent à la loca-
MÉTA
liser dans le temps); il implique
l'idée du temps, l'identité personnelle, la permanence du moi.
On distingue diverses sortes de mémoires qui peuvent se ramener à deux types : mémoire sensible el mémoire intellectuelle.
La mémoire imaginative est un autre nom de l'imagination reproductrice. |
Les maladies de la mémoire sont l’amnésie et l'hypermnésie (V. Amnésie).
MENTAL.Synonyme de psychologique et de psychique : aliénalion mentale signifie donc proprement égarement d'esprit.
MÉRITE. Les moralistes emploient ce mot pour désigner l'accroissement ou l'augmentation de valeur morale ou de perfeclion : c’est avant tout la bonne volonté. |
MESMÉRISME. Synonyme de magnétisme animal. Mesmer vivait à la fin du siècle dernier et magnétisait par le regard et par des
: passes (V. Magnétisme).
MÉTAMORPHOSE (perd, indiquant changement; pesw, forme).
Métamorphose signifie proprement changement de forme, comme quand la chrysalide devient papillon. «Il n'y a-point de métempsy- .
cose, dit Leibniz, mais il y à métamorphose : les animaux chan-
MÉTA
gent, prennent et quittent seulement des parties. » (V. Métempsycose.) La métempsycose est impossible, selon Leibniz, parce qu'il n'y à pas pour l’âme humaine d'existence séparée : elle est nécessairement unie à un corps et dès lors le passage d’un corps dans un autre est inintelligible.
MÉTAPHYSIQUE (perd Ta quon, qui vient après la physique). La métaphysique ou philosophie première a pour objet l'être en tant qu'être, c’est-à-dire l'essence même des choses.
Le mot vient, dit-on, de l’ordre des ouvrages d’Aristole où l’ontologie (mot scolastique) venait aprés les ouvrages de physique; d’autres traduisent uerd dans le sens d’au-dessus el alors métaphysique signifie suprasensible ou même surnaturel.
Platon avait uni dans la dialectique la science de l'être et la science de la pensée : la dialeclique était une logique et une ontologie intimement unies.
Aristote sépara ces deux sciences et étudia à part les unes des autres les formes de la pensée et les réalités suprêmes de la pensée.Il caractérise ainsi la philosophie premièreou métaphysique:«lascience quise donne pour fin à soi-même, celle du connaissable par excellence, c’est-à-dire du primitifet de la cause, la science souveraine, celle du but et de la fin des êtres
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MÉTA
qui est le bien dans chaque chose et, daus toute la nature, le bien absolu. »
Depuis Leibniz, on appelle Théodicée la partie de la métaphysique qui a Dieu pour objet.
On sait que la métaphysique a pour adversaires (sans parler des matérialistes qui sont eux-mêmes des métaphysiciens) les crilicistes etles positivistes. Kant, qui appelle la métaphysique « l’arène des disputes sans fin », ne la nie pas définitivement, mais il la subordonne à la morale. Auguste Comte se fait métaphysicien pour fonder la religion de l'humanité, Herbert Spencer pour affirmer l'existence de l’inconnaissable : ceux donc qui raillent où qui nient la mélaphysique font encore de la métaphysique et dire que l'homme est'un animal raisonnable, c’est dire qu'il est un animal métaphysicien.
Age métaphysique est une expression fort impropre de Comte qui désigne l’époque où l'homme renonça à lout expliquer par l’intervention des dieux (âge mythologique)et recourut à des abstraclions réalisées ou entités chimériques, avant d'arriver à l’âge positiviste où il se contente des faits et des lois. Comte ne semble avoir connu sous le nom de métaphysique-que les pires abus d’une scolastique stérile,
Le métaphysicien Descartes est, au contraire, le grand initiateur des scientes modernes.
MÉTH MÉTEMPSYCOSE (ue, après
epQuycüv, animer). Transmigration, passage de l’âme d’un corps à un autre corps. Doctrine qui avail cours chez les Égyptiens et les Indiens et qui fut professée par Pythagore et ses disciples.
MÉTHODE (000). La méthode est l'ensemble des procédés les plus courts et les plus sûrs pour arriver à la vérité. Tout système implique une méthode : on dira donc méthode cartésienne, kantienne, etc. , et, dans un sens plus général, méthode inductive, méthode déductive, du nom du procédé fondamental des sciences d’observation, l'induction, et des sciences mathématiques, la déduction.
N'admettre comme criterium du vrai que l'évidence; diviser les difficultés pourles mieuxrésoudre; couduire par ordre ses pensées en commençant par les objets les plus simples pour s'élever par degrés aux plus complexes; faire des dénombrements entiers et des revues générales pour ne rien omettre : telles sont les quatre règles essentielles données par Descartes dans son Discours de la méthode.
MÉTHODOLOGIE. Partie de la logique qui s'occupe des méthodes.
Chez Kant, ce mot désigne la théorie des principes et de la forme générale de toute science : c’est la technique de la logique et elle
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contient en outre les méthodes particulières de chaque science.
MICROCOSME (V. Macrocosme).
La monade de Leibniz est un microcosme en ce sens qu’elle exprime l'univers par ses perceptions ou modifications internes.
MILIEU. Le juste milieu, chez Aristote, est la définition de la vertu, qui se trouve toujours entre deux extrêmes opposés, l’économie, par exemple, entre l’avarice et la prodigalité, le courage entre ja lâcheté et la témérité.
Principe du milieu ou moyen exclu : une chose est ou n'est pas.
MINEURE. La deuxième proposition du syllogisme (V. Majeure).
MINIMUM AUDIBILE, VISI- BILE. Ces mots signifient les plus petites impressions perceptibles pour l’ouïe et pour la vue. A chaque sens correspond un minimum sensible.
Le point précis où l'excitation devient sensation marque ce que les Allemands appellent le seuil de la sensation.
MISOLOGUE (uiocs, haine ; Acyce, raison). Ennemi de la raison : se dit de ceux qui refusent àla raison humaine le pouvoir de nous faire connaître le vrai, le beau, le bien.
Parextension, détracteur dessciences, des lettres et des arts.