Sculpture. 3. Danse
On a prétendu que les arts, dans ce tableau, s'engendrent dans leur ordre vertical et se correspondent
dans leur ordre horizontal: par
exemple, la poésie comprenait primitivement la musique et la
ASÉI
danse qui se sont affranchies peu à peu; elle était chantée et dansée.
Par exemple encore, on distingue dans la peinture le dessin et la couleur, et dans lamusique la mélodie (qui répond au dessin) et l'harmonie (qui répond au coloris).
La danse, c’est le groupe sculptural passant de l’immobilité au mouvement selon les lois du rythme et de la mesure. Il ne faudrait pourtant pas pousser trop loin celte théorie ingénieuse de la genèse et du parallélisme des arts.
ASCÉTISME (äoxnas, exercice).
La morale des stoïciens qui prescrivait l’abstinence et la résignation était une morale ascétique.
Étymologiquement, ascétisme désigne l'exercice par excellence, c'est-à-dire le plus difficile etle plus utile aux mœurs dans la pensée des ascètes, le renoncement. L’ascétismeestrecommandé parBouddha comme par Zénon.
Il y a un ascélisme religieux fondé sur l’idée de la chute et du péché et qui consiste à mortifier la chair dans un motif d’expiation et pour apaiser la colère divine.
Les prescriptions ascétiques semblent impliquer une conception pessimiste de l’univers.
ASÉITÉ. Expression de la langue scolastique qui désigne l’existence par soi-même (a se), c'est-à-dire l'existence qui dérive immédiatement de l'essence, l'existence né-
ASSO
cessaire, celle de Dieu qui est
| cause de lui-même.
ASSENTIMENT (assentire, approuver). L’assentiment est l’acte de l'esprit qui adhère à une proposition. Le consentement estl’acte de la volonté qui se porte à l’action. L’assentiment fait partie du jugementet peut être spontané ou réfléchi.
Ce sont principalement les stoiciens qui ont donné à ce mot un sens précis et une portée philosophique : pour eux, c’est la spontanéité, c’est l’activité volontaire de l’âme qui seule fait de la sensation une connaissance et le consentement que nous donnons à la représentation en la rapportant à un objet, c’est l’assentiment.
ASSERTOIRE ; ASSERTORIQUE (assero, je soutiens). Au point de vue de lamodalité, Kant distingue des jugements problématiques, assertoriques el apodictiques. Les jugements assertoriques n'impliquent pas l’idée de nécessité et sont de simples affirmations ou assertions (V. Jugement).
ASSIMILATION. Ce mot désigne
| une théorie scolastique de la con-
naissance d’après laquelle le sujet connaissant s’assimile (devient semblable) à l’objet connu qui agit sur Jui.
ASSOCIATION. L'association ou
ATAR liaison des idées est la propriété qu'ont les idées de se suggérer les unes les autres ; en d’autres termes, cest une loi de la mémoire en vertu de laquelle chacune de nos idées en éveille spontanément une ou plusieurs autres.
Les rapports qui unissent les idées el provoquent une sorte d’attraction de l’une sur l’autre sont de deux sortes, disent les Écossais :
ils sontessentiels ourationnels, ou bien accidentels ou empiriques.
Les philosophes anglais ramènent généralement à trois lois fondamentales les associations d’idées : loi de contiguité (dans le temps et dans l'espace), loi de ressemblance ou de similarité; loi de contraste.
ASSOCIATIONISME. L'école de l’associalion ou associationiste explique tout le mécanisme intellectuel de l’homme par l’association des idées : c’est une sorte d'atomisme psychologique ou d’attraction universelle appliquée à l'esprit. Les principes premiers sont regardés comme des associations inséparables, nées de l'habitude et transmises par l’hérédité.
Ce mode d'explication date de David Hume et a surtout été employé par les philosophes anglais contemporains.
ATARAXIE (äiruoctia, tranquillité d'âme). Expression de la langue stoïcienne qui désigne la tran-
ATHÉ
quillité, l’imperturbabilité du sage qui est arrivé à la vertu parfaite et pour qui la douleur et la mort ne sont pas des maux.
ATAVISME (alavus, grand-père).
Ce mot désigne proprement l’hérédité médiate, c'est-à-dire la propriété qu'ont les êtres vivants de transmettre à leur descendance, sans les avoir communiquées directement à leurs enfants, cerlaines dispositions ou particularités. C’est donc une hérédilé qui saute par-dessus une ou plusieurs générations.
On emploie quelquefois ce mot, mais à tort, comme synonyme pur et simple d’hérédité.
ATAXIE (x priv.; ra%::, ordre).
Trouble des mouvements : l’utaxie locomotrice est une maladie caractérisée par l'impuissance de coordonner les mouvements de la marche.
ATHÉISME (« priv. ; @ess, Dieu).
Négation de Dieu. On comprend que l’accusation d’athéisme soitsouvent très vagueet plutôt une injure qu’une conviclion : Descartes, qui avait donné de nouvelles preuves de l’existence de Dieu, fut accusé d’athéisme. On a souvent qualifié d’athéisme le panthéisme de Spinoza qui: fut « un sage enivré de Dieu ». |
Certains philosophes mient la personnalité divine et remplacent
ATOM
même le nom de Dieu par ces expressions, l'idéal, le divin : sontils des athées?
Il ne faut pas prodiguer cette accusation comme le père Mersenne quicomptait cinquante mille athées à Paris, c’est-à-dire sans doute cinquante mille personnes qui n'avaient pas absolument les mêmes opinions que lui sur la divinité.
ATOME (ärcuos, indivisible). L’atome est l'élément primitif immuable dans sa constitution, sa figure et sa grandeur, parfaitement solide et indivisible qui entre dans la composition des corps selon la doctrine de Démocrite etd'Épicure.
Il ne faudrait pas confondre l'atome d'Épicure avec la monade de Leibniz : l'atome est un corps indivisible et immuable, la monade est une force simple qui se développe. |
ATOMISME. Système de Démocrite et d'Épicure qui expliquaient toutes choses par le concours des atomes. Selon ce dernier, les atomestombent éternellement dansle videinfiniet peuvent décliner, c’està-dire dévier de la ligne verticale pour se rencontrer et former des agrégats qui sont les mondes et les corps : cetle faculté de déclinaison est Le clinamen.
On disait quelquefois, au xvrie siècle, philosophie corpusculaire pour désigner l’atomisme. Il avait
ATTE
élé remis en faveur par Gassendi, contemporain et adversaire de Descartes.
ATTENTION (ad, vers; tendere, tendre). L’attention est l’acte spontané ou volontaire par lequel nous dirigeons et fixons notre pensée sur un objet pour le mieux connaître. L’attention appliquée aux choses extér'eures est l'observation ; appliquée aux faits de conscience, la réflexion. |
L’attention n’est pas seulement, comme on l’a soulenu, une sensation prédominante : la sensation la plus intense n’est pas touiours celle qui occupe notre attention.
Elle n’est pas non plus un simple élat de monoïdéisme : c'est l’attention même qui, le plus souvent, crée cet état en éliminant tout ce qui pourrait causer la distraction de l’esprit. On ne donnera pas le nom d'attention à l’idée fixe du monomane.
On a nommé attention expectante l’état d'attente qui nous fait quelquefois anticiper sur la perception d’un fait et, par cela même, en modifie la perception d’après l’idée préconçue. On croit voir ce qu’on s'attend fortement à voir.
Il faut regarder l'attention comme l’activité même de l'esprit, l’effort cérébral. Il y a des maladies de l'attention : elle peut être réduite à l'impuissance par une distraction invincible (dans la folie), par une préoccupation d’es-