‹ Lexique de philosophieChapitre 53 sur 176 · CROY · texte numérisé non relu

CROY

stance conservée sous le nom de noumène….. Il fallait tenir au phénoménisme de Hume, l’apriorisme de Kant : c’a été l’œuvre accomplie, au commencement de la seconde moitié du xix° siècle, par M. Renouvier. » M. Pillon ajoute qu’il suffit de joindre l’apriorisme au phénoménisme pour rendre ce dernier compatible avec les croyances morales et avec les croyances postulées par la morale.

CRITIQUE. On désignait ainsi la partie de la logique qui traite de la méthode et particulièrement du criterium de la vérité.

Depuis Kant, l'expression philosophie critique ou simplement la critique désigne le criticisme (V. ce mot).

GROYANCE (credere, se fier). On oppose quelquefois la croyance à la science. Connaître ou savoir, c'est donner son adhésion à une vérité évidente ou démontrée ; croire, c'est donner son adhésion à une proposition dont on affirme la certitude tout en reconnaissant l'impossibilité d’en donner une démonstration rigoureuse. La certitude morale implique toujours un élément de croyance. D’une manière générale, on peut dire que toute connaissance implique la croyance, mais si on n’emploie pas ce mot quand il s’agit de vérités rigoureusement démontrées, “c'est qu’il semble que la croyance

CYNI

Suppose toujours une certaine li-

berté d'adhésion.

- CRUCIAL (crux, croix). Bacon désigne par l'expression d’expérience cruciale l'expérience qui, à elle seule, suffit pour entrainer l’adhésion et décider l'esprit qui hésite entre deux hypothèses.

CUMBERLANDISME. On emploie quelquefois ce mot pour désigner le phénomène de la lecture des pensées mis en évidence par Cumberland. D'imperceptibles mouvements de la main que l’on touche peuvent révéler à l’observateur exercé les mouvements du cerveau et la pensée.

CYNISME (xiuwv, chien). Philosophie des cyniques : Antisthène, Diogène, Cratès. Antlisthène enseignait dans le Cynosarge, gymnase d'Athènes situé près du temple d’Hercule : de là probablement ce nom de cyniques et non de l’impudence des doctrines de l’école. |

Les cyniques professaient que la vertu est le seul bien el qu’en conséquence les richesses, les arts ne sont que des superfluités condamnables qui nous éloignent de la nature. Ils prenaient pour patron Hercule, dieu de la force :

par cette idée de la force identifiée avec la nature ils eurent une réelle influence sur la philosophie stoïcienne qu'ils préparèrent. An-

CYRÉ

tisthène avait élé Socrate.

disciple de

CYRÉNAIÏSME. L'école de Cyrène fut fondée par Aristippe, disciple de Socrate, mais disciple peu fidèle à la doctrine du maître. Il enseignait que le plaisir est le seul bien ; qu’il faut passer, selon les circonstances, d’un plaisir à un autre plaisir, puisque ceux des sens valent ceux de l'esprit.

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CYRÉ

Le cyrénaïsme prépara l’épicurisme, mais Épicure distingua les plaisirs en repos el les plaisirs en mouvement, c’est-à-dire, au fond, ceux de l'esprit et ceux des sens, en recommandant de chercher les premiers et de fuir les autres :

l’épicurisme transforma : donc le cyrénaisme en une morale presque austère. Ce sont néanmoins deux formes de la morale du plaisir.

DALTONISME (Dalton, physicien anglais, affecté de celte maladie). Le daltonisme est un défaut ou une infirmité de la vue qui fait qu’on ne peut distinguer les couleurs ou du moins cerlaines couleurs et qu’on voit, par exemple, toutes choses sous une nuance uniformément grise.

DARAPTI; DARII. Termes mnémoniques désignant, le premier, un mode de la troisième, le second, un mode de la première figure du syllogisme (V. Syllogisme el Figures).

Dabitis, Disami, Datisi sont les autres mots de cette espèce commencçant par un D (V. Syllogisme, Figures, Modes).

DARWINISME. Philosophie de Darwin, naturaliste anglais de notre siècle : ce mot est synonyme d’évolutionnisme et désigne principalement les deux grandes lois auxquelles Darwin à attaché son nom, la sélection naturelle et la Lutte pour la vie (V. Évolutionnisme).

DATUM. Par ce mot latin employé souvent au pluriel (data) on désigne ce qui est donné ou fixe, ce qui sert de point de départ au raisonnement.

Les faits sont les data de l’expérience ; les axiomes, ceux des mathématiques.

DÉDUCTION (deducere, tirer de, faire sortir de). La déduction esi un raisonnement qui consiste à faire sortir une proposition moins générale ou une proposition particulière d’une proposition plus générale qui la contient.

La forme logique de la déduction est le syllogisme. La marche inverse est l'induction, qui remonte du particulier au général.

DÉFINITION (definire, tracer des limites). La définition consiste à faire connaître une idée par l’énumération des éléments qui entrent dans celte idée. Pour abréger celle énumération, les logiciens disent qu'il faut définir par le genre prochain et la différence spécifique.

DÉIS

La définition est donc une proposition dont l’attribut développe

toute la compréhension du sujet.

On distingue les définitions de mots ou nominales (simple explication du sens des mots) et les définitions de choses ou réelles (détermination de leur nature, de la circonscription des idées qui leur correspondent).

On distingue aussiles définitions mathématiques, qui servent de principes à la déduction, el les définitions empiriques, qui résument les caractères des êtres, par exemple dans les sciences naturelles.

Quand on dit qu'une bonne définition doit être réciproque, cela signifie qu'on peut toujours meltre la définition à la place du défini etréciproquement; par exemple : l'homme est un animal raisonnable et, réciproquement, tout animal raisonnable est un homme.

La règle du genre et de la différence indique assez en quoi la définition diffère de la description.

DÉISME (Deus, Dieu). Le déisme consiste à admettre l’existence de Dieu sans reconnaître aucune révélalion et, dans un sens plus restreint, sans croire à aucune intervention de Dieu dans le monde comme providence.

Théisme se dit plutôt du système qui admet un Dieu providence : le théisme se concilie

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