DÉNOMBREMENT IMPARFAIT
Sophisme qui résulte d’une généralisation hâtive, d’une énumération insuffisante des cas particuliers dontoninfère uneloigénérale.
Quand Descartes recommande de faire des dénombrements exacts, il entend parler d’une énumération complète des données d’un problème.
DÉONTOLOGIE (ro év, le devoir; X6yos, science). Bentham donnait ce nom à sa théorie du devoir qui est un utilitarisme perfectionné et qui, par conséquent, exclut le devoir comme obligatoire : c'est un calcul, une arithmétique morale dont les préceptes sont d’ailleurs très élevés.
DESCRIPTION.On oppose quelquefois, à la définition rigoureuse par le genre et la différence spé-
DÉSI
cifique, la simple ‘description qui porte sur les propriétés particulières, les caractères accidentels, plus que sur la vraie nature et l'essence même des choses.
DÉSINTÉGRATION (integer , complet). Étymologiquement, l’aclion qui détruit l'intégrité du tout. Ce mot est employé par Herbert Spencer comme l'opposé d'intégration. L'intégration et la désintégration sont les conditions du progrès ou de l’évolution qui fait passer les êtres de l’homogène à l'hélérogène.
DÉSIR. Le désir est la tendance ou Jinclination qui nous porte vers les objets. Il suppose donc une connaissance obscure ouclaire de l'objet désiré.
Mais ce mot prend un sens ie profond et plus précis dans la théorie de Spinoza : c’est la tendance fondamentale de tout être à persévérer dans l’être et à accroître son être. À ce litre, Spinoza en fait le principe de toules les passions : le désir satisfait ou l’accroissement de l'être produit la joie, le désir contrarié ou la diminution de l'être produit la tristesse.
Il faut entendre ici le mot « être »
dans le sens de perfection et de réalité. Selon cette théorie, nous ne désirons pas une chose parce que nous l’aimons, mais nous l’aimons parce que nous la désirons.
On a quelquefois confondu le
DEST
désir avec la volonté, mais nous désirons quelquefois ce que nous ne voulons nullement, et quandon admet la liberté, elle fournit un criterium suffisant pour distinguer le sens très différent de ces deux mots, désirer et vouloir : la volonté lutle contre les désirs et lors même qu’elle les domine, elle ne les détruit pas toujours, donc elle en diffère. Ce n’est pas un désir plus grand qui fait taire les autres désirs, car il n’y aurait alors aucune moralité el nous serions simplement le théâtre de la lutte :
nous sommes acteurs et les désirs cèdent devant la volonté autonome.
DESTIN. Le destin est la fatalité absolue, supérieure aux dieux chez les plus anciens poètes et philosophes. C’est, chez les stoiciens, l’enchaînement nécessaire des causes.
Le destin s'appelle fatumen latin, et Leibniz en distingue trois sortes :
le fatum des stoïciens ou la nécessité absolue des lois naturelles, le fatum des chrétiens ou la prédeslination, et le futum « à la turque »
qui consiste à dire : c’étail écrit.
DESTINÉE. La destinée d’un être, c’est sa fin ou le but auquel il tend.
On appelle problème de la destinée humaine la question de la vie future et des récompenses et punitions que la vie future nous réserve.
me DEVE
DÉTERMINATION. Ce mot désigne tantôt l'acte qui clôt la délibération et prépare le fait volontaire, tantôt la qualité ou les qualités qui font qu'un être est déterminé, c’est-à-dire distingué de tout autre. Dans ce dernier cas, il a pour synonymes mode et modalité; dans le premier, il ne se distingue guère du mot volition.
DÉTERMINISME. Le déterminisme est une sorte de fatalisme fondé sur la puissance irrésistible des motifs de nos actions. Ils sont comme des poids qui entraînent fatalement notre volonté assimilée à une balance.
La formule la plus précise en a été donnée par Spinoza : l'illusion de la liberté provient, dit-il, de ce que nous avons conscience de nos actions sans avoir conscience des motifs qui nous déterminent.
Le mot déterminisme est employé par Claude Bernard pour exprimer l’enchaînement rigoureux des phénomènes de la vie. Le savant ne doit pas sortir du déterminisme des faits : cela veut dire qu'il doit se contenter de rattacher chaque phénomène à ses antécédents, sans se bercer du vain espoir d’atteindre jamais les causes premières, par exemple la vie.
DEVENIR. Le devenir est le progrès, l’évolution. Dans la philoso:
phie de Hégel, ce mot s'oppose à l'étre, comme le changeant s'op-