‹ Lexique de philosophieChapitre 84 sur 176 · HYPO · texte numérisé non relu

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intellectuelle qui semble, dans certains cas, donner aux hypnotisés une sorte de seconde vue.

HYPNOSE (ôrvos, sommeil}. L'hypnose est le sommeil hypnotique.

L’hypnose peut être obtenue chez les sujets prédisposés par divers moyens, les passes, la fixation d’un objet brillant, un bruit soudain comme celui du tam-tam, une lumière vive comme celle de l'électricité, etc.

HYPNOTISME (ürve:, sommeil).

Sommeil provoqué ou somnambulisme artificiel accompagné de divers phénomènes d’anesthésie ou d'hyperesthésie, avec ou sans catalepsie.

En général, l’hypnotisme (le mot a élé créé par Braïd) est un somnambulisme provoqué par des actes physiques, alors que le magnétisme serait un somnambulisme provoqué dû à l'intervention d’une influence ou d’une volonté individuelles.

Hypnotiser signifie provoquer l'hypnose. Les trois états fonda-

. mentaux de l'hypnotisme sont,

dans l’ordre suivant, la catalepsie, la léthargie et le somnambulisme provoqué, selon M. Charcot.

HYPOSTASE (brooraots, substratum, sujet). Ce mot signifie proprement sujet ou, comme disaient les scolastiques, suppôt. Les alexandrins distinguaient en Dieu

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trois hypostases et il est assez difficile de définir nettement le sens qu’ils donnaient à ce mot, car il dit plus qu’attribut et moins que substance : la première est l’Ame ou la Vie (l'âme du monde); la

deuxième, Intelligence ou la Pen-

sée ; la troisième, l’Un ou le Simple.

HYPOTHÈSE (brobeos, supposition). L'hypothèse est une supposition fondée sur les faits et destinée à les expliquer : il eu résulte qu’elle doit n’en contredire aucun, rendre compte de l’ensemble et du détail et tout expliquer de la manière la plus simple.

Elle offre le grand avantage de diriger les recherches et de coordon-

rt (LR or

HYST

ner les résultats : la pierre de touche des bonnes hypothèses qui ne sont que des inductions anticipées, c'est de permettre de prévoir et de prédire les faits non encore observés.

Hypothétique signifie souvent douteux et aussi conditionnel.

HYSTÉRIE. Maladie nerveuse ou névrose caractérisée par des sensalions anormales, des convulsions, contractions, hyperesthésies, paralysies, troubles intellectuels. Elle prédispose au sommeil hypnotique et aux suggestions mentales : de là sa très grande importance dans l’expérimentation psychologique.

I. Lettre qui désigne les propositions particulières affirmatives EVacA )..

IATROCHIMIE (iurpce, médecin).

Doctrine médicale qui consiste à expliquer tous les phénomènes de l'organisme, en santé ou en maladie, par des opérations chimiques. Le médecin Sylvius de Le Boe en a été le principal représentant.

IATROMÉCANISME. Doctrine médicale qui explique tous les phénomènes de la vie par les principes de la mécanique. On dit aussi ‘tatromathématique. Gelte doctrine se rattache au système de Descartes; Boerhaave en est un des représentants les plus célèbres.

IDÉAL. L'idéal n’est pas la fiction ou la chimère : c’est, selon Platon, la réalité même considérée en elle-même et abstraclion faite de toutes les imperfections qui la déparent dans les objets que percoivent nos sens. Ce n’est donc

pas non plus l’idée générale, une sorte de règle ou de canon, obtenu par la comparaison des êtres individuels : c’est la cause exemplaire ou l’archétype (V. ce mot) que l'artiste a dans l'esprit, qu’il contempleet qui dirige, comme dit Cicéron, « son art et sa main ».

On voil que, dans ce sens platonicien, l’idéalisme dans l’art est le réalisme par excellence, puisque les objets du monde extérieur ne sont eux-mêmes que des copies et de pâles imitations des vraies réalités du monde appelé idéal, dont le monde phénoménal n’est que le reflet.

IDÉALISME. Ce terme s’applique à toute théorie qui nie le monde extérieur ou déclare que la connaissance que nous en avons est une connaissance indirecte, par l'intermédiaire de nos états de conscience. Il s'oppose à réalisme, théorie de la perception externe qui maintient notre connaissance directe des objets extérieurs. La source de l’idéalisme est dans ce fait que nous ne connaissons ja-

IDÉA

mais immédiatement que nos états de conscience et que, si nous les projetons au dehors, ils ne sauraient nous donner qu’un monde extérieur d’apparences ou de phénomènes. L’idéalisme à revêtu les formes suivantes :

IDÉALISME SUBJECTIF.— Sa formule est celle de Berkeley : l'être des choses est d’être perçues. Les idées représentatives des objets ne sont pas des objets dans le sens que le vulgaire donne à ce mot : au fond, le sens commun n’affirme pas des substances, mais des apparences extérieures et s’en contente; il est immatérialiste. Berkeley soutient que Dieu produit directement dans nos esprits les 1 lées des choses : l’univers n’est que son langage et il n’a pas besoin de l'intermédiaire d’objets réels pour susciter dans nos âmes toutes les idées qui constituent nos sciences. Berkeley ne nie d’ailleurs nilesapparences niles sensations ; il se conduit exactement comme si le monde extérieur existait.

C'est surtout le système de Fichte qu'on appelle un idéalisme subjectif parce que le moi, selon Fichte, crée le non moi en se limitant et en réfléchissant sur cette limitation qu’il produit lui-même.

IDÉALISME CRITIQUE. — Selon Kant, leschosesensoinoussonttotalement inconnues. Dieu, l'âme, le monde sont des idées de la raison, mais la raison n’a qu’un rôle régulatif. Dès qu’elle affirme la réalité de

= AUOREe

IDÉA ses idées, elle tombe dans les antinomies. Cependant Kant croit pouvoir laisser subsister des noumènes que rien n’explique ou ne justifie dans sa théorie et que les néo-crilicistes répudient, transformant ainsi son idéalisme transcendantal en ‘idéalisme phénoméniste. à Kant d’ailleurs s’est défendu d'être idéaliste : « Le principe de tout idéalisme véritable, depuis l’école d'Élée jusqu’à l’évêque Berkeley, est contenu dans cette formule : La connaissance des sense de l'expérience n'est rien que pure illusion ; et c'est dans les seules idées de l’entendement pur et de la raison pure que réside la vérité. Le principe qui régit et détermine complètement mon idéalisme, est celui-ci : Toute connaissance des choses tirée de l’entendement pur et de la raison pure n'est rien que pure illusion, et c'est dans l'expérience que réside la vérité, Ma doctrine est directement le contraire de l'idéalisme proprement dit. »

IDÉALISME OBJECTIF OU ABSOLU. — Hégel explique tout par l’évolution ou le devenir de l’idée : cette idée qui devient, revêt toutes les formes et explique la nature et l’histoire, est à la fois un néantrelatif {le devenir est l'identité de l'être et du néant) et l'absolu, puisque rien n'existe en dehors d’elle.

Il faut remarquer que le père de lidéalisme, Platon, qui a construit le premier Ja théorie des

IDÉE

idées, maintient une sorte d’existence du monde extérieur, puisque les choses sensibles participent aux idées; mais le monde des idées reste pour lui le monde des réalités en soi et son idéalisme est le réalisme par excellence dans ce sens qu’il réalise les idées.

IDÉALITÉ. Ce mot s'emploie dans l’expression idéalité du temps et de l’espace : selon Kant, le temps et l'espace ne sont pas des réalités hors de nous, mais des formes d'intuition, des représentations pures ct toutes subjectives qui rendent possible la connaissance phénoménale (V. Temps et Espace).

IDÉAT. Ce mot n’est guère em-

ployé que par Spinoza : il signifie objet de l’idée, mais c’est surtout son objet interne ou l’idée ellemême, quand on fait abstraction de l’activité d'esprit qui la produit.

IDÉATION. L'usage de ce mot.

est! récent les physiologistes appellent quelquefois ainsi l’aclivité du cerveau qui est censée produire la connaissance ou former les idées.

consciente, par opposition à la cérébration inconsciente.

IDÉE (side, image). Ce qui est simple ne peut se définir : à ce

titre, l’idée échappe à toute défini- | tion, puisqu'elle est l’acte simple :

de l'intelligence qui connaît,

pad 1) Moer

C'est la cérébration :

IDÉE

Dans l'acceptien moderne du mot, l’idée doit être:distinguée de l’image : concevoir n’esl pas imaginer; on conçoit très nettement un mryriagone, on l’imagine fort imparfaitement. Le triangle imaginé est nécessairement grand .ou petit, équilatéral, isocèle, etc. :

l’idée du triangle est générale et comprend toutes ses espèces.

Toutefois il n’y a pas d'idées pures, c'est-à-dire sans aucun résidu d'image, sans le moindre élément sensible.

Les idées sont concrètes ou abstraites, particulières ou générales, simples ou composées, claires ou obscures, confuses ou distinctes, vraies ou fausses, contingentes ou nécessaires, adéquates ou inadéquates (V. ces mots).

Dans la philosophie moderne, on appelle problème de l'origine des idées celui qui traite, non pas de leur origine chronologique ou de la date de leur apparition dans esprit, mais de leur origine psychologique, c’est-à-dire de la source d’où elles dérivent, les sens ou la raison : si on les fait toutes dériver des sens ou del’expérience, c'est le sensualisme ou, plus exactement, sensationisme ; si. l’on admet que certaines idées sont, non pas antérieures à touteexpérience, mais indépendantes de l'expérience, c’est l’innéisme.

Descartes distinguait trois sortes d'idées : les idées adventices qui nous viennent par les sens;

IDÉE

les idées factices qui sont élahorées au moyen des premières par les opérations intellectuelles; et les idées innées que nous apportons en naissant, dans ce sens que nous les tirons uniquement de nous-mêmes quand nous réfléchissons.

Dans l’histoire de la philosophie, le mot idée a recu des sens très différents : les idées de Platon sont les réalités suprasensibles, les types éternels des choses : par exemple, le beau en soi.

Épicure appelait idées-images les images (superficies, pellicules) qui, selon sa théorie, se détachent des objets composés d'atomes et produisent la connaissance en Abe sant sur l'esprit.

Dans la langue de Leibniz et chez la plupart des Cartésiens, l'idée est définie l’objet immédiat interne de la pensée. Elle n’est pas la forme de la pensée, mais son objet : elle peut donc être antérieure et postérieure aux pensées.

On comprend dès lors comment ce qui appartient à l'idée peut être qualifié d'objectif par les Cartésiens, landis que nous avons pris l’habitude de considérer les idées comme subjectives en tant qu’elles appartiennent à l'esprit et sont distinguées de leurs objets.

On a longtemps appelé idées représentatives les objets internes de la connaissance; ce sont des représentations interposées entre les choses et l’esprit de telle sorte

AU

IDEN

qu'on ne peut jamais être sûr qu’elles correspondentexactement à leurs objets.

Kant désigne par le mot idée les conceptions de la raison pure, c'est-à-dire Dieu, l'âme, le monde; idées transcendantales, noumènes inaccessibles qui, dès qu’on les croit réelles, font tomber la raison dans les antinomies.

Enfin Hégelappelle Idée le principe universel de l’évolution et du devenir : ce qui se transforme en toutes choses, devient nature en esprit, en un mot l'absolu, puisque rien n'existe en dehors de l’idée à la fois logique et ontologique ou métaphysique.

IDENTIQUE. Locke a donné le nom de propositions identiques à celles dont l’attribut n’ajoute rien au sujet parce qu’il est contenu dans le sujet. Elles correspondent donc aux jugements analytiques de Kant. Quand on dit : tous les corps sont étendus, on fait une proposition purement identique ou explicative, parce que, selon Locke, l’idée de corps contient, LRpAANS l'idée d’étendue.

IDENTITÉ (idem, le même). On appelle identité personnélle la continuité ou la permanence de la personnalité malgré tous leschangements extérieurs ou internes.

La conscience et la mémoire atlestent que nous sommes, du commencement à la fin de notre

IDÉO vie, une seule et même personne morale.

Le principe d'identité s’énonce :

ce qui est est, ou bien À — A. Le principe de contradiction n’en diftère guère que par la forme négative qu'on lui donne.

On désigne sous le nom de philosophie de l'identité le système de Schelling qui déclare que les deux éléments de la pensée, l’élément objectif et l'élément subjectif, sont absolument identiques et unis dans l'intuition intellectuelle. Les choses pensées et la pensée, c’est tout un, selon Schelling. Entre l’esprit et la nature, la pensée et son objet, il n'y à pas de différence radicale :

tout dérive d’un même principe identique. L'absolu est l'identité du réel et de l'idéal.

Déjà Hégel avait affirmé que les formes logiques sont en même temps les lois de la réalité et que le monde de l'esprit et celui des corps sont identiques dans leur essence.

IDÉOLOGIE. Destutt de Tracy a donné ce nom à l'analyse de l'esprit humain.

Les idéologues ou idéologistes se rattachent à Locke, qui faisait dériver toutes nos idées de la sensation et de la réflexion, et à Condillac, qui les faisait sortir de la seule sensation. Les idéologues sont psychologues,logiciens,grammairiens, mais ils proscrivent la métaphysique-

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