‹ Lexique des antiquités romainesChapitre 193 sur 233 · SPEC · texte numérisé non relu

SPEC

Sors. 1" Lot déterre à distribuer aux colons dans les colonies (Voir Colonia);

2° Synonyme de provincia, les provinces étant tirées au sort.

Sorteis. Tablettes de chêne ou de bronze : on y écrivait des sentences ou des vers, par exemple des vers de Virgile {sortes Verqilianae) ; puis on les mêlait pour en tirer ensuite une au tiasard [sortes ducere), ou bien on les suspendait en attendant que Tune d'elles se détachât d'elle-même [sortes attenuatae). La sentence qui sortait ainsi servait de réponse à la question par laquelle on consultait le destin.

Sortîlegî. Gens qui prédisaient l'avenir, soit en feuilletant un livre et en y trouvant des sentences appropriées, soit en écrivant des vers (surtout des vers de Virgile) sur des feuilles volantes et en les faisant tirer au sort. Voir Sortes.

Sparns ou Sparnin. Épieu de paysan. La hampe en est en bois et le fer a à la fois une pointe aiguë et un croc. On s'en servait à la chasse et, accidentellement seulement, à la guerre.

Sparsio. 1» Aspersion, pluie artificielle d'essences parfumées que l'on faisait parfois tomber sur les spectateurs du théâtre et du cirque ;

2" Distribution de présents faits à la foule en les jetant au hasard parmi elle. G. M.

Spatha. 1° Pièce du métier du tisserand, palette en bois dont il se sert pour serrer le tissu en battant les fds de la trame ;

2» Spatule du droguiste, du chimiste, etc. ;

.']" Instrument de chirurgie;

4» Kpée à deux tranchants, longue, large et pointue, arme des peuples du Nord. G. M.

Spallialiiini. Bracelet de femme, en général muni de pendeloques. G. M.

Specillniii. Sonde, petit instrument employé en chirurgie pour reconnaître la nature d'une plaie. F. V.

Spectio. Voir Auspicia et Nuntiatio.

Spécula. Poste d'observation. Tours élevées sur les hauteurs et au sommet desquels veillaient continuellement des gardiens pour surveiller le territoire et transmettre les nouvelles par les signaux. G. M.

Spccnlarîa. Sorte de vitres, faites d'une substance transparente : talc ou mica [lapis specularis) ; elle servait de carreaux de fenêtres ou de serres, avant l'invention du verre. G. M.

Specnlator. 1» Éclaireur, espion, homme envoyé en reconnaissance ou aux renseignements, celui qui monte un navire d'observation ;

2" Homme envoyé en mission, aide de camp, courrier ;

30 Soldats attachés au service spécial de l'empereur, gardes du corps.

Specnluin. Miroir . Les miroirs étaient en métal poli, de grandeurs et de formes variées, mais en général circulaires ou ovales. La partie qui reflétait l'image était obtenue par une

composition d'étain et de cuivre; plus tard elle était en argent fin, ou, pour

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les pauvres, en cuivre mêlé de plomb.

Les miroirs à main étaient munis de monture et de manches ciselés (fig. 297); le dos en était très souvent orné de re-

qui terminait la poignée d'une hasla ou la hampe d'un sigmim. G. M.

Spina. Levée de terre qui séparait le cirque en deux parties et autour de

Fie. 299.

présentations gravées ou ciselées. Us coûtaient parfois fort cher, et, comme des objets précieux, étaient enfermés dans des cassettes spéciales [cistae],

Sphacristeriani. Endroit couvert et souvent chauffé, pour jouer à la paume, annexé aux maisons particulières ou aux édifices publics comme gymnases et thermes. G. M.

8pica testaeea. Carreaux ou briques dont la tranche a la forme d'un parallélogramme allongé. Ces briques, qui formaient le carrelage des chambres, étaient disposées en chevrons (fig. 298),

imitant la disposition des grains autour de l'arête médiane de l'épi {spica). G. M.

Spicnlnni. 1" Fer de javelot et de lance ; par extension, javelot, flèche.

Par suite, dard d'abeille, et, au figuré, rayon de lumière ;

2° Garniture métallique et pointue

laquelle évoluaient les chars. On y accumulait, pour le coup d'œil, toutes sortes d'ornements, obélisques, statues et particulièrement des supports où étaient rangés les ova destinés à indiquer le nombre de tours accomplis par les coureurs. A chaque extrémité étaient disposées les metae (fig. 299).

Spiiiter et Spinthcr. Bracelet que les femmes portaient au haut du bras gauche. Il était fait d'une seule tige plusieurs fois enroulée sur elle-même, et qui se maintenait par sa seule élasticité. En métal précieux, ordinairement en or, il est souvent ciselé de manière à ressembler à un serpent.

Spira. Toutes sortes d'objets ayant la forme d'une spirale ou faits de matières entrelacées, rouleau de corde, natte, et notamment :

10 La bride ou jugulaire qui attachait le qalerus des prêtres saliens;

2" Un ornement féminin ou guirlande munie de pierreries et de pendeloques qui s'entrelaçait dans la chevelure.

Spolia. Dépouilles et spécialement armes prises à l'ennemi ; le général en prélevait sur le butin pour les donner aux soldats qu'il voulait récompenser.

Les spolia opima étaient les dépouilles enlevées par le général romain luimême au général ennemi.

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Spoliariniu. Chambre où l'on dépouillait de leurs vêtements et de leurs armures les gladiateurs tues dans le cirque. G. M.

^ponda* 10 Bois de lit, et particulièrement les traverses qui suppoi'tent les matelas; par extension, lit ;

2" Bord du lit, partie antérieure ; la partie postérieure étant spondn inlerior; par extension, flanc d'un navire.

Spousalia. Voir Sponsus.

Spousio. 1" Forme ancienne du contrat verbal : le promettant [sponsor] attestait la divinité et appelait sur lui la vengeance divine {exsecralio) s'il manquait à sa parole. La sponsio fut remplacée par un mode plus laïque de contrat : la slipnlatio (Voir ce mot);

20 Réponse faite par le débiteur au créancier dans les formalités de la stipulatio (Voir ce mot);

3° Un général proposant à l'ennemi des conditions de paix promettait que sa cité conclurait la paix à ces conditions : sa propre personne devait répondre de cet engagement [sponsio).

Les concitoyens du général pouvaient repousser les conditions ; alors le général [sponsor) était livré à l'ennemi (Voir Deditio) par les fétiaux (Voir Fetiales).

Sponsus, Sponsa. Fiancé, fiancée.

Les fiançailles [sponsalia) se célébraient parfois fort longtemps avant le mariage, par la fornmle : spondes-ne? spondée.

D'ordinaire, les fiançailles se faisaient par devant témoins, on rédigeait une sorte de contrat {labulae sponsales) ; le fiancé donnait à la fiancée, ou une somme d'argent à titre d'arrhes, ou un anneau que la jeune fille portait au quatrième doigt. 11 y avait ensuite une fête domestique, suivie d'un festin, et les invités faisaient parfois des présents à la future épouse. Les fiançailles produisaient certains effets juridiques, par

exemple, il était interdit d'épouser la fiancée de son père ; mais elles n'obligeaient pas au mariage et pouvaient être dissoutes par le consentement d'un seul des contractants (sponsalia dissolvere).

Avant cette cérémonie, la jeune fille était appelée s/je?'a/«, quand la demande officielle n'avait pas encore été faite ; pacta, une fois que les parents étaient tombés d'accord. G. M.

Sporta. Corbeille de paille et d'osier de forme cylindrique, dont les bords vont en s'évasant, et qui est munie de deux anses semblables à celles des vases. G. M.

Sportnia. 1° Diminutif de sporta.

Petit panier de même forme que la sporta, dont on se servait pour les fruits mis sur la table, pour déposer le poisson, etc.;

2o-C'était dans une sportula que les patroni donnaient à leurs clients les secours en nature ( provisions , aliments, etc.), qu'ils s'étaient mérités par leurs bons offices et leurs salutations matinales. Ce secours en nature fut plus tard remplacé par une somme d'argent, qui garda le même nom ; par suite, le mot sportula devint synonyme de libéralités. G. M.

Spama (canstîca ou batava).

Savon caustique fabriqué en Gaule avec du suif et des cendres, dont les femmes romaines se servaient pour se teindre les cheveux en blond ou en roux. G. M.

Stabnlnni. D'un manière générale, tout endroit où peuvent se loger des hommes (hangar, chaundèrc , hôtellerie, etc.) et tout endroit où gîtent des animaux (étable, bergerie, parc, bassecour, ruche, vivier, ou même repaire, etc.). Slahiilum désigne aussi le troupeau contenu dans l'étable. G. M.

Sladiiiiii. Édifice destiné aux courses à pied. Il était en tout semblable à

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un cirque (Voir Circus . uioins les carceres et la spina.

Stalagmïniu. Boucles doreille garnies de pendants dor, de pierreries ou de perles, de forme globuleuse. G. M.

Stanien. 1" Fibre, filament; fil de quenouille et, par suite, quenouille, fil des Parques; corde d'instrument de musique;

2" Chaîne du tisserand, composée des fils verticaux qui, avec les fils horizontaux de la trame , doivent former le tissu; par suite tissu, vêtement, bandelette sacrée ou bandeau qui ceint la tête, etc. G. M.

Statera. 1° Peson et, par extension, balance (fig. 300). Nous en avons parlé

Fig. 300.

en détail à l'article Libra;

2» Joug, ou support transversal d'un timon;

30 Croix ;

4» Une espèce de plat, mal connue.

Statores* Sortes de licteurs attachés à des magistrats ou à des gouverneurs.

Les statores Aitr/usti étaient des soldats destinés spécialement à la garde de l'empereur.

Statnnien. 1» Soutien, support, étais de toute nature;

2" Bases d'un édifice, couche inférieure des fondations; dans les routes c'était la maçonnerie qui supportait tout le soubassement de la route. G. M.

Stenima. Guirlandes qui encadraient ou entouraient des feuilles de parchemin, sur lesquelles étaient tracés les noms et les titres des a'ieux, et dont les Romains décoraient les portraits

des ancêtres rangés dans Yatrium. Par suite, ai'bre généalogique, titres de noblesse, haute naissance. G. M.

8tîbadiaiii. Lit scmi - circulaire.

Voir Sigma. F. V.

Stignia. Marque faite avec un fer rouge sur le front d'un esclave coupable. C'était ordinairement une lettre, F, pour les voleurs {fur). L'esclave ainsi marqué s'appelait stirpnosus. F. V.

Stilas. Instrument en fer, pointu à l'une de ses extrémités, et employé à divers usages; mais plus spécialement stylet pour écrire, fait de métal ou d'ivoire, taillé en pointe à l'extrémité servant à écrire , et arrondi ou aplati à l'autre extrémité pour permettre d'effacer les lettres déjà tracées et de polir la surface de la cire (fig. 301j.

8tinialns. 1" Aiguillon pour conduire les animaux de trait, notamment les bœufs ;

2" Fouet, martinet pour punir les esclaves ;

'.]'< Épieu, tige de fer pointue; par suite, au pluriel, stimuli signifie chaussetrapes. G. M.

Stîpendiaril. Épithète donnée à certains peuples ou à certaines cités.

Stipendinm. 1" Originairement c'était une contribution de guerre frappée sur un peuple vaincu et distincte du butin. Après la conquête cette taxe extraordinaire se changeait en un impôt régulier, qui portait également le nom de stipendium. Il était prélevé sur toutes les terres provinciales qui n'étaient ni des propriétés quiritaires ni régies par le droit pérégrin. La caractéristique du stipendium c'est qu'il est soldé en argent par opposition au vectifjal ou dîme, impôt tout à fait semblable mais payé en nature. Le sti-

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pendiuin pouvait rtre demandé sans distinction aux personnes ou aux biens, suivant IVHendue des besoins de l'État ron)ain. Celui-ci se contentait de fixer Finiportance du stipendium à payer pour une province ; il appartenait aux fonctionnaires des ditierents districts de la province de répartir les sommes à payer entre chaque canton et d'en surveiller la perception ;

2° Solde attribuée aux soldats à partir de Camille. Pendant la République les légionnaires touchaient 120 deniers par an. Elle fut élevée par César à 223 deniers et par Domitien à .300 deniers. Les prétoriens recevaient 120 deniers, les soldats des cohortes urbaines, 360 deniers.

Stipes. Souche plantée en terre, pieu; arbre de la croix. Voir Patibulum.

Stips. Contribution pécuniaire que fournissaient les citoyens, soit pour couvrir les frais de certaines funérailles ou de certains jeux, soit pour honorer les divinités de certains temples.

Stipnlatio. Forme de contrat verbal qui remplaça la sponsio (Voir ce mot). Elle présente un caractère plus profane que la sponsio, mais tout aussi formaliste. Le créancier prend le premier la parole et interroge le débiteur (cette interrogation s'appelle proprement slipiilatio) ; il lui adresse une des questions suivantes : Spondes ? Dabis '! Promitlis? Faciès '1 (la formule Spondes? étant spécialement réservée pour les contrats entre citoyens, les autres pouvant être employées aussi bien par les pérégrins que par les citoyens). Le débiteur doit répondre immédiatement, et sa réponse doit l'eproduire, .sans amendement, sans changement de terme, Tinterrogation du créancier; il dira : Spondeo, dabo, promiLlo, faciani. La réponse du débiteur est appelée sponsio ou promissio. — La s/ipulutio

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ainsi formée est protégée par la condic- Ho, action de droit strict (Voir Actio). Les formalités de la slipulalio rendent très nette la conclusion du contrat; mais elles sont Inaccessibles aux muets, aux sourds, aux absents.

Stiva. Voir Aratrum.

Sllala. Navire large et peu élevé sur l'eau.

Stola. Vêtement de femme. Ample et longue robe, ouverte dans le haut, des deux côtés, et maintenue sur les épaules par deux agrafes. Elle tombait jusqu'aux chevilles, serrée autour du corps par deux ceintures, une sous la poitrine, l'autre à la hanche. Au-dessus de cette dernière, on faisait bouffer la stola, de manière à dissimuler la ceinture, sous les plis tombants de la robe. Elle se portait sur la tunique {tiinica intima) avec ou sans manches, suivant que la tunique elle-même n'en avait pas ou en avait. Elle était toujours munie, au

bas, d'une garniture brodée ou instita (fig. 302. Pour y rendre la stola plus visible, on a assombri le vêtement de dessus de la fenune, la palla).

On appelle aussi stola la longue tunique tlottante des nmsiciens, désignée

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