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Lexique des termes d'art

Il n’est pas de science, pas d’industrie, pas de profession, qui n’aient leur langue spéciale, langue technique et forcément ignorée des profanes. De même pour les arts, qui ont également leur langue, ou tout au moins leur vocabulaire à eux, à cette différence près, cependant, que tout le monde aujourd’hui s’intéresse aux choses de l’art et en disserte volontiers : qu’il s’agisse des œuvres de l’architecture, de la peinture et de la sculpture, ou des manifestations plus familières et en quelque sorte plus intimes de l’art décoratif, il n’est personne, artistes, amateurs ou ignorants, qui ne s’empresse d’émettre un avis ou de chercher à se faire une opinion; par suite, il n’y a pas de jour où nous n’éprouvions un embarras en présence d’une expression technique dont nous devinons bien le sens, mais dont nous hésitons à préciser exactement la portée. N’est-il pas, jusque dans la langue usuelle, nombre de mots qui prennent, suivant leur emploi, une signification toute particulière, sur laquelle il importe de ne pas se méprendre ?

Présenter une définition concise du plus grand nombre possible de termes d’art, tel est le but du présent Lexique.

Bien entendu, l’auteur n’a pas la prétention que son travail puisse dispenser de recourir aux grands dictionnaires et aux ouvrages spéciaux; mais, n’omettant rien de ce qui se rapporte aux différents arts, le Lexique pourra suffire, dans la plupart des cas, aux exigences d’une bonne éducation générale : à ceux qui savent il pourra même rendre le service de venir au secours des hésitations de leur mémoire.

L’illustration, d’ailleurs, complète, chaque fois qu’il est nécessaire, les définitions écrites de près de cinq mille cinq cents mots. Plus de quatorze cents figures, ajoutant l’image même des choses aux explications du texte, suppléent ainsi à ce qu’il pourrait y avoir de trop rigoureux dans la concision même qui nous est imposée par les limites de notre cadre.

LEXIQUE

DES

Abaissé. — Terme de blason. — Se dit lorsqu’une pièce honorable de premier ordre, un chef par exemple, est surmontée d’un autre chef de métal différent.

Abaque. — (Architecture.) — Tablette qui couronne le chapiteau d’une colonne, en augmente la saillie et par suite la renforce |) pour supporter l’archi-

/ " trave ou les corps de

moulure placés au-dessus de cette colonne. On le nomme aussi Tailloir.

Dans quelques monuments d’Égypte, on trouve des chapiteaux qui se réduisent à un simple abaque. D’autres monuments, au contraire, offrent au-dessous de l’abaque un chapiteau composé de fleurs de lotus ou de calices épanouis.

Dans l’architecture grecque — et romaine — l’abaque varie de formes et de dimensions dans chacun des ordres.

Dans l’ordre dorique l’abaque est d’un profil robuste; il est au contraire très orné dans l’ordre ionique et curviligne dans l’ordre corinthien.

Dans le style gothique l’abaque est de forme bien caractéristique.

A l’époque romane, au xue et au xme siècle, l’abaque est carré et déborde les feuillages des chapiteaux.

Au milieu du xme siècle l’abaque devient parfois polygonal et très souvent les feuillages débordent la saillie du tailloir. Il existe aussi, principalement en Normandie, quelques abaques de cette époque de forme entièrement circulaire.

Au xive siècle, ils sont moins saillants et, au xve, ils deviennent encore moins importants.

A la Renaissance, les ordres antiques sont remis en honneur avec certaines modifications; mais les dimensions de l’abaque se rapprochent beaucoup de celles qui leur étaient données dans les ordres grecs et romains.

Abatis. — (Arch.) — Matériaux provenant d’une démolition et restés épars sur le sol.

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